LIVRE I, CHAPITRE IV
ne doit point s'attendre à en voir un autre, jusqu’à ce que l’extinction du savoir et l’empire de l'ignorance préparent de nouveau le genre humain à ces grandes impostures *.
Si l’on ôte de ce morceau l’insulte et le ton de scurrilité 1 qui n’abandonne jamais l’erreur3, il reste quelque chose de vrai : plus le monde sera éclairé, moins on pensera à un concile général. Il y en a eu vingt et un dans toute la durée du christianisme, ce qui assignerait à peq près un concile œcuménique à chaque époque de quatre-vingt-six ans; mais l’on voit que, depuis deux siècles et demi, la religion s’en est fort bien passée, et je ne crois pas que personne y pense, malgré les besoins extraordinaires de l’Église auxquels le Pape pourvoira beaucoup mieux qu’un concile général, pourvu que l’on sache se servir de sa puissance.
Le monde est devenu trop grand poqrl.es conciles généraux qui ne semblent faits que pour la jeunesse du christianisme.
1. Il is the onhj general council ( of Trente ), which bas been held in an âge truhj leamed and inquisitive... No o ne expeçt to see [another general eouveil, till the decay of leaming and the progress of ignorance shall again fit mankind for these gréai impostures. (Hurne's Elisabeth, 1653, eb. xxus , note K.)