Garnier, ibid., p
4. D'Alembert, Mélanges de littérature et de philosophie, Amsterdam, 1767. Calcul des probabilités, p. 285.— Ce même d'Alembert observe cependant qu'il restait des doutes sur ces évaluations, et que les tables mortuaires avaient besoin d'être dressées avec plus de soin et de précision. lOpusc. mathém., Paris, 1768, in-4, t. V, sur les Tables de mortalité, p. Î3t.) C'est ce qu'on a fait, je pense, depuis cette époque, avec beaucoup d'eiactitude.
cette distinction doit être faite, comme l’a observé le chevalier William Jones: «En examinant, dît-il, les dy- « nasties asiatiques, depuis la décadence du califat, je n’ai « trouvé que dix à douze ans pour le règne commun1 *. »
Un autre membre distingué de l’académie de Calcutta prétend que, d’après les tables mortuaires, la vie commune est de trente-deux à trente-trois ans, « et que, par « une longue succession de princes, on ne saurait ac- « corder à chaque règne, l’un dans l’autre, plus de la « moitié de cette dernière durée, soit dix-sept ans3. »
Ce dernier calcul peut être vrai, si l’on fait entrer les règnes asiatiques dans l’évaluation commune; mais, à l’égard de l’Europe, il serait certainement faux; car les règnes communs européens excèdent, môme depuis longtemps, le terme de vingt ans, et s’élèvent dans plusieurs États catholiques jusqu’à vingt-cinq ans.
Prenons un terme moyen, 30, entre les deux nombres 27 et 33 fixés pour la durée de la vie commune, et le nombre 20, évidemment trop bas, comme chacun peut s’en convaincre par soi-môme, pour le règne commun européen; je demande comment il est possible que les vies soient de 30 ans seulement, et les règnes de 22 à 25, si les princes (j’entends les princes chrétiens) n’avaient pas plus de vie commune que les autres hommes? Celte considération prouverait ce qui m’a toujours paru infiniment probable, que les familles véritablement royales sont naturelles et différent des autres, comme un arbre diffère d’un arbuste.
Rien n’arrive, rien n’existe sans raison suffisante : une famille ne peut régner que parce qu’elle a plus de vie, plus d'esprit royal , en un mot plus de ce qui rend une famille plus faite pour régner.
On croit qu’une famille est royale parce qu’elle rè-
1. Sir William Jone’s Works, in-4, t. V, p. 354. (Prêt, de sa Description
de l’Asie.)
ï. M. Bentley, dans les Hecherch. asiat. — Suppléai. aux Œuvres citées, t. Il, in-4, p. 1035.