RÉSUMÉ ET CONCLUSION DE CE LIVRE
Papes, infiniment exagérées ou mal représentées, et qui ont tourné en général au profit des hommes, ne sont d’ailleurs que l’alliage humain, inséparable de toute mixtion temporelle; et quand on a tout bien examiné et pesé dans les balances de la plus froide et de la plus impartiale philosophie, il reste démontré que les Papes furent les instituteurs, les tuteurs , les sauveurs , et les véritables génies constituants de l’Europe.
Au reste, comme tout gouvernement imaginable a ses défauts, je ne nie point que le régime sacerdotal n’ait les siens dans l’ordre politique; mais je propose sur ce point au bon sens européen deux réflexions qui m’ont toujours paru du plus grand poids.
La première est que ce gouvernement ne doit point être jugé en lui-même, mais dans son rapport avec le monde catholique. S’il est nécessaire, comme il l’est évidemment, pour maintenir l’ensemble et l’unité, pour faire, s’il est permis de s’exprimer ainsi, circuler le même sang dans les dernières veines d’un corps immense, toutes les imperfections qui résulteraient de cette espèce de théocratie romaine dans l’ordre politique ne doivent plus être considérées que comme l’humidité, par exemple, produite par une machine à vapeur dans le bâtiment qui la renferme.
La seconde réflexion, c’est que le gouvernement des Papes est une monarchie semblable à toutes les autres, si on ne la considère simplement que comme gouverne-
« chose de radicalement et d'alarmiquement mauvais dans uu système qui, en •i un siècle, a plus détruit la succession héréditaire et les noms connus , que * toutes les dévastations produites par les guerres civiles d'York et de Lancastre « et du règne de Charles Ier ne l’avaient fait peut-être dans les trois siècles « précédents pris ensemble, de. *(Anti- Jacobin Rev. and Magazine, nov. 1803, n1* LV1U, p. t \9.) Si les anciennes races anglaises avaient réellement péri depuis uu siècle environ en nombre alarmiquement considérable (ce que je n’ose point affirmer sur un témoignage unique), ce ne serait que t’effet accéléré, et par conséquent plus visible, d’un jugement dont l'exécution aurait néanmoins commencé d'abord après la faute. Pourquoi la noblesse ne serait-elle pas moins conservée après avoir renoncé à la religion conservatrice? Pourquoi serait-elle traitée mieux que ses maîtres dont les règnes uni été abrégés ?
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ment d' un seul. Or, quels maux ne résultent pas de la monarchie la mieux constituée? Tous les livres de morale regorgent de sarcasmes contre la cour et les courtisans. On ne tarit pas sur la duplicité, sur la perfidie, sur la corruption des gens de la cour, et Voltaire ne pensait sûrement pas aux Papes, lorsqu’il s’écriait avec tant de décence :
0 sagesse du ciel! je le crois très-profonde;
Mais à quels plats tyrans as-tu livré le monde '?
Cependant, lorsqu’on a épuisé tous les genres de critique, et qu’on a jeté, comme il est juste, dans l’autre bassin de la balance tous les avantages de la monarchie, quel est enfin le dernier résultat? C'est le meilleur, le plus durable des gouvernements, et le plus naturel à l’homme. Jugeons de môme la cour romaine. C’est une monarchie, la seule forme de gouvernement possible pour régir l’Église catholique ; et, quelle que soit la supériorité de cette monarchie sur les autres % il est impossible que les passions humaines ne s’agitent pas autour d’un foyer quelconque de puissance, et n’y laissent pas de preuves de leur action, qui n’empôchent point le gouvernement du Pape d’étre la plus douce, la plus pacifique et la plus morale de toutes les monarchies, comme les maux bien plus grands, enfantés par la mo-