‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 245 sur 295 · Dans le dialogue De Bello sacro · texte numérisé non relu

Dans le dialogue De Bello sacro

dans la durée de" ses règnes que dans le caractère de sa dignité et les formes de son gouvernement. Toute naliou, môme chrétienne, qui n’a pas assez senti l’action constituante, demeurera de môme éternellement audessous des autres, toutes choses égales d’ailleurs; et toute nation séparée après avoir reçu l’impression du sceau universel sentira enfin qu’il lui manque quelque chose, et sera ramenée tôt ou tard par la raison ou par le malheur. Il y a pour chaque peuple une liaison mystérieuse, mais visible, entre la durée des règnes et la perfection du principe religieux. Il n’y a point de roi de par le peuple, puisque les princes chrétiens ont plus de vie commune que les autres hommes, malgré les acci-» dents particuliers attachés à leur état; et ce phénomène deviendra plus frappant encore, à mesure qu’ils protégeront davantage le culte vivifiant; car il peut y avoir plus ou moins de souveraineté, précisément comme il peut y avoir plus ou moins de noblesse'. Les fautes des

1. La noblesse n’étant qu'un prolongement de la souveraineté, haghum jovts iscuuimii, elle répète en diminutif tous les caractères de sa mère, et n'est surtout ni plus ni moins humaine qu'elle ; car c’est une erreur de croire que, à proprement parler, les souverains puissent anoblir ; ils peuvent seulement sanctionner les anoblissements naturels. La véritable noblesse est la gardienne naturelle de la religion ; elle est parente du sacerdoce et ne cesse de le protéger. Appiua Claudius s'écriait dans le sénat romain : • La religion appartient aui patriciens,

• auspici s suht pâteux. » Et Bourdaloue, quatorze siècles ptus tard, disait dans une chaire chrétienne ; ■ La sainteté, pour être emiuente, ne trouve point de

• fond qui lui soit plus propre que la grandeur. > (Serm. sur la Concep., p.l 1.) C’est la même idée revêtue de part et d’autre des couleurs du siècle. Malheur au peuple chez qui les nobles abandonnent les dogmes nationaux! La France, qui donna tous les grands exemples en bien et en mal, vieut de le prouver au monde ; car celte bacchante qnon appelle révolution française, et qui n’a fait encore que changer d'habit, est une tille née du commerce impie de la noblesse française avec le philosophisme dans le dix-huitième siècle. Les disciples de l’Alcoran disent < qu’un des signes de la fin du monde sera l’avancement des personnes

• de basse condition aux dignités éminentes. > (Pococke cité, par Sale, Obs. hist. et crit. sur le Mahom., secl. IV.) C’est une exagération orientale qu’une femme de beaucoup d’esprit a réduite à la mesure européenne. ( Lady Mary Wortlcy Montague’s Works, t. IV, p. Ï23, ÎS4.) Ce qui paraît sér, c’est que pour la noblesse comme pour la souveraineté, il y a une relation cachée entre la religion et la durée des familles. L’auteur anonyme d’un roman anglais intitulé le Forester, dont je n’ai pu lire que des extraits, a fait, sur la décadence des familles et les variations de la propriété en Angleterre, de singulières observations, que je rappelle sans avoir le droit de les juger. « Il faut bien, dit-il, qu’il y ait quelque

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