‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 251 sur 295 · LIVRE IV, CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE

cle, et la chose est portée au point que le prélat que je viens de citer en appelle très-sérieusement à Bingham, pour établir que l'Eglise russe n'enseigne que la pure foi des Apôtres1 2 3.

C’est un spectacle bien extraordinaire et bien peu connu dans le reste de l’Europe, que celui d’un évêque russe qui, pour établir la parfaite orthodoxie de son Église, en appelle au témoignage d’un docteur protestant.

Et lui-même, après avoir blâmé pour la forme ce penchant au calvinisme , ne laisse pas d’appeler Calvin un grand homme 1 ; expression étrange dans la bouche d’un évêque parlant d’un hérésiarque, et qui ne lui est jamais échappée, dans tout son livre, à l’égard d’un docteur catholique.

Ailleurs, il nous dit que, pendant quinze siècles , la doctrine de Calvin, fut presque inconnue dans l'Eglise *. Cette modification paraîtra encore curieuse; mais dans le reste du livre il se gêne encore moins; il attaque ouvertement la doctrine des sacrements, et se montre tout à fait calviniste.

L’ouvrage, comme je l’ai déjà observé, étant sorti des presses même du synode, avec son approbation expresse, nul doute qu’il ne représente la doctrine générale du clergé, sauf les exceptions que j’honore.

Je pourrais citer d’autres témoignages non moins décisifs ; mais il faut se borner. Je n’affirme pas seulement que l’Église dont il s’agit est protestante, j’affirme de plus qu’elle l’est nécessairement, et que Dieu ne serait pas Dieu si elle ne l’était pas. Le lien de l’unité étant une

1. Methodius, Liber historiens, etc., sect. I, p. ÏO#, note ï.

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