‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 259 sur 295 · LIVRE IV, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE IV

/l est calviniste, il est luthérien, il est anglican, il est méthodiste, il est baptiste, etc., il faut aussi qu’une dénomination particulière distingue les Églises qui ont protesté dans le douzième siècle , et certes on ne trouvera pas de nom plus juste que celui qui se tire de l’auteur même du schisme. Il est de toute justice que ce funeste personnage donne son nom aux Églises qu’il a égarées. Elles sont donc photiennes, comme celle de Genève est calviniste , comme celle de Wittemborg est luthérienne. Je sais que ces dénominations particulières leur déplaisent1, parce que la conscience leur dit que toute religion qui porte le nom d’un homme ou d’un peuple est nécessairement fausse. Or, que chaque Église séparée se donne chez elle les plus beaux noms possibles, c’est le privilège de l’orgueil national ou particulier : qui pourrait le lui disputer ?

. , . Orbis me sibilat, at mihi plaudo Ipsa domi

Mais toutes ces délicatesses de l’orgueil en souffrance nous sont étrangères, et ne doivent point être respectées par nous : c’est un devoir, au contraire, de tous les écrivains catholiques de ne jamais donner dans leurs écrits, aux Églises séparées par Photius, d’autre nom que celui de photiennes ; non par un esprit de haine et de ressentiment ( Dieu nous préserve de pareilles bassesses I), mais, au contraire, par un esprit de justice, d’aiuour, de bienveillance universelle ; alin que ces Églises, continuellement l'appelées à leur origine, y lisent constamment leur nullité.

i. Quant au terme de calviniste, je sais qu'il en est parmi eux qui s'offensent quand on les appelle de ce nom. (Perpétuité de la foi, XI, 2.) Les évangéliques, que To/land appelle luthériens, quoique plusieurs d’entre eux rejettent cette dénomination. (Leibnitz OEurres, t. V, p, 142.) On nomme préférablement évangéliques, en Allemagne, ceux que plusieurs appellent luthériens sut- A propos. (Le même, Nouv. Essais sur l’entendement humain, p. 461.) Lisez

T«BS k PROPOS.

Le devoir dont je parle est surtout impérieusement prescrit aux écrivains français,

Quos pênes arbitrium est et jus et norma loquendi,

l’éminente prérogative de nommer les choses en Europe leur étant visiblement confiée comme représentants de la nation dont ils sont les organes. Qu’ils se gardent bien de donner aux Églises photiennes les noms d' Église grecque ou orientale : il n’y a rien de si faux que ces dénominations. Elles étaient justes avant la scission, parce qu’alors elles ne signifiaient que les différences géographiques de plusieurs Églises réunies dans l’unité d’une même puissance suprême; mais depuis que ces dénominations ont exprimé une existence indépendante , elles ne sont pas tolérables et ne doivent plus être employées.

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