Ciccr., Orat. pro Flacco, XXVIII
républiques indépendantes et ennemies. Ce mot de secte étant représenté dans la langue grecque par celui d’hérésie, les Grecs transportèrent ce nom dans la religion. Ils direfit l’hérésie des ariens, comme ils avaient dit jadis l 'hérésie des stoïciens; c’est ainsi qu’ils corrompirent ce mot, innocent de sa nature. Ils furent hérétiques, c’està-dire divisionnaires dans la religion, comme ils l’avaient été dans la politique et dans la philosophie. Il serait superflu de rappeler à quel point ils fatiguèrent l’Église dans les premiers siècles. Possédés du démon de l’orgueil et de celui de la dispute, ils ne laissent pas respirer le bon sens; chaque jour voit naître de nouvelles subtilités : ils mêlent à tous nos dogmes je ne sais quelle métaphysique téméraire qui étouffe la simplicité évangélique. Voulant être à la fois philosophes et chrétiens, ils ne sont ni l’un ni l’autre : ils mêlent à l’Évangile le spiritualisme des platoniciens et les rêves de l’Orient. Armés d’une dialectique insensée, ils veulent diviser l’indivisible, pénétrer l’impénétrable; ils ne savent pas supposer le vague divin de certaines expressions qu’une docte humilité prend comme elles sont, et qu’elle évite même de circonscrire, de peur de faire naître l’idée du dedans et du dehors. Au lieu de croire on dispute, âu lieu de prier on argumente; les grandes routes se Couvrent d’évêques qui courent au concile ; les relais de l'empire y suffisent à peine, la Grèce entière est une espèce de Péloponèse théologique où des atomes se battent pour dés atomes. L’histoire ecclésiastique devient, grâce à ces inconcevables sophistes, un livre dangereux. A la vue de tant de folie, de ridicule et de fureur, la foi Chancelle, le lecteur s’écrie plein de dégoût et d’indignation : Pelie moti sant pedes mei !
Pour comble de malheur, Constantin transfère l’empire à Byzance. Il y trouve la langue, admirable sans doute et la plus belle peut-être que les hommes aient jamais parlée, mais par malheur extrêmement favorable aux sophistes ; aime pénétrante qui n’aurait dû ja-