‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 277 sur 295 · LIVRE IV, CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE IX

mais être maniée que par la sagesse, et qui, par une déplorable fatalité, se trouva presque toujours sous la main des insensés.

Byzance ferait croire au système des climats, ou à quelques exhalaisons particulières à certaines terres, qui influent d’une manière invariable sur le caractère des habitants. La souveraineté romaine, en s’asseyant sur ce trône, saisie tout à coup par je ne sais quelle influence magique, perdit la raison pour ne plus la recouvrer. Qu’on feuillette l’histoire universelle, on ne trouvera pas une dynastie plus misérable. Ou faibles ou furieux, ou l’un et l’autre k lk fois, ces insupportables princes tournèrent surtout leur démence du côté de la théologie, dont leur despotisme s’empara pour la bouleverser. Les résultats sont connus. On dirait que la langue française a voulu faire justice de cet empire en le nommant Bas . Il périt comme il avait vécu, en disputant. Mahomet brisait les portes de la capitale pendant que les sophistes argumentaient sur la gloire du mont Tiiabor.

Cependant, la langue grecque étant celle de l’empire, on s’accoutume k dire l’ Eglise grecque , comme on disait l 'Empire grec , quoique l’Église de Constantinople fût grecque précisément comme un Italien naturalisé à Boston serait Anglais; mais la puissance des mots n’a cessé d’exercer un très-grand empire dans le monde. Ne diton pas encore Y Eglise grecque de Russie, en dépit de la langue et de la suprématie civile? 11 n’y a rien que l’habitude ne fasse dire.

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