CHAPITRE VL
Suprématie du Souverain Pontife reconnue dans tous les temps. Témoignages catholiques des Églises d’Occident et d'Orient.
Rien dans toute l’histoire ecclésiastique n’est aussi invinciblement démontré, pour la conscience surtout qui ne dispute jamais, que la suprématie monarchique du Souverain Pontife. Elle n’a point été sans doute, dans son origine, ce qu’elle fut quelques siècles après; mais c’est en cela précisément qu’elle se montre divine; car tout ce qui existe légitimement et pour des siècles existe d’abord en ’germe et se développe successivement
Bossuet a très-heureusement exprimé ce germe d’unité, et tous les privilèges de la chaire de Saint-Pierre, déjà visibles dans la personne de son premier possesseur :
« Pierre, dit-il, paraît le premier en toute manière : « le premier à confesser la foi; le premier dans l’obli- « gation d’exercer l’amour; le premier de tous les apô- « très qui vit le Sauveur ressuscité des morts, comme « il en avait été le premier témoin devant tout le peuple ; « le premier quand il fallut remplir le nombre d’apô- « très; le premier qui confirma la foi par un miracle; le « premier à convertir les Juifs; le premier à recevoir les « Gentils; le premier partout. Mais je ne puis tout dire; « tout concourt à établir sa primauté; oui, tout, jusqu’à « ses fautes... La puissance donnée à plusieurs porte sa « restriction dans son partage,, au lieu que la puissance « donnée à un seul, et sur tous et sans exception , em-
I . C’est ce que je crois avoir suffisamment établi dans mon Essai su r lt principe régénérateur des institutions humaines.
« porte la plénitude... Tous reçoivent la môme puis- « sance, mais non au môme degré ni avec la môme « étendue. Jésus-Christ commence par le premier, et « dans ce premier, il développe le tout..., afin que nous « apprenions... que l’autorité ecclésiastique, première- « ment établie en la personne d’un seul, ne s’est répan- « due qu’à condition d’ôtre toujours ramenée au prin- « cipe de son unité, et que tous ceux qui auront à « l’exercer se doivent tenir inséparablement unis à la « môme chaire »
Puis il continue avec sa voix de tonnerre :
ci C’est cette chaire tant célébrée par les Pères, où ils « ont exalté comme à l’envi la principauté de la chaire « apostolique , la principauté principale , la source de l'u- « ni té, et dans la place de PietTe, l'éminent degré de la « chaire sacerdotale ; l'Église mère , qui tient en sa main « la conduite de toutes les autres églises ; le chef de l'épisci copat, d’où part le rayon du gouvernement; la chaire « principale, la chaire unique, en laquelle seule tous gar- « dent l’unité. Vous entendez dans ces mots saint Optât,
« saint Augustin, saint Cyprien, saint Irénée, saint « Prosper, saint Avit, saint Théodoret, le concile de « Chalcédoine et les autres; l’Afrique, les Gaules, la « Grèce, l’Asie, l’Orient et l’Occident unis ensemble...
« Puisque c’était le conseil de Dieu de permettre qu’il « s’élevât des schismes et des hérésies, il n’y avait point « de constitution, ni plus ferme pour se soutenir, ni plus ci forte pour les abattre. Par cette constitution, tout « est fort dans l’Église, parce que tout y est divin et « que tout y est uni; et comme chaque partie est di- « vine, le lien aussi est divin, et l’assemblage est tel « que chaque partie agit avec la force du tout... C’est « pourquoi nos prédécesseurs ont dit.,, qu'i/s agissaient ci au nom de saint Pierre, par l'autorité donnée à tous les ci évêques en la personne de saint Pieire , comme vicaires
|. Sermon sur l’unité , lr* partie,