‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 290 sur 295 · Gibbon, Mémoire, t. 1, ch, i delà trad. franç · texte numérisé non relu

Gibbon, Mémoire, t. 1, ch, i delà trad. franç

3. Cette décision est de Chillingworth, ut Gibbon, qui la rapporte, ajoute que Je premier ne devait cet argument qu'à lui-me'me. (Gibbon, au livre cité, ch. vi.) Dans cette supposition, il faut croire que ni ChiUiugwortb ni Gibbon n’avaient beaucoup lu nos docteurs.

4. The seeds of Popery i rere soirn even in the apostles limes. (Bishnp Newton'» dissertation» on the prof scies. London, in-8, t. III, ch. ». p. 148.) L’honnéte homme ! Encore un léger effort de franchise, et nous l’aurions entendu convenir, non indirectement, comme il le fait ici, mais en propres termes, ■que Us germes du papisme furent semés par Jésus-Christ.

DU PAl'E.

« sans doute, mais cependant bien moins inexplicable « qu’incontestable, le genre humain avait perdu tous « ses droits. Plongé dans de mortelles ténèbres, il igno- « rait tout, puisqu’il ignorait Dieu; et puisqu’il l’igno- « rait il ne pouvait le prier ; en sorte qu’il était spirituel- « lement mort sans pouvoir demander la vie. Parvenu « par une dégradation rapide au dernier degré de l’a- « brutissement, il outrageait la nature par ses mœurs, « par ses lois et par ses religions même. Il consacrait « tous les vices; il se roulait dans la fange, et son abruo tissement était tel, que l’histoire naïve de ces temps « forme un tableau dangereux que tous les hommes ne « doivent pas contempler. Dieu, cependant, après avoir « dissimulé quarante siècles , se souvint de sa créature. « Au moment marqué et de tout temps annoncé, il ne « dédaigna pas le sein d’une vierge; il se revêtit de notre « malheureuse nature et parut sur la terre : nous le vîa mes, nous le touchâmes, il nous parla; il vécut, il en- « seigna, il souffrit, il mourut pour nous. Sorti de son « tombeau, suivant sa promesse, il reparut encore parmi « nous pour assurer solennellement à son Église une « assistance aussi durable que le monde. Mais, hélas ! « cet effort de l’amour tout-puissant n’eut pas à beauci coup près tout le succès qu’il annonçait. Par défaut « de science ou de force, ou par distraction peut-être, « Dieu manqua son coup et ne put tenir sa parole. « Moins avisé qu’un chimiste qui entreprendrait d’en- « fermer l’éther dans la toile ou le papier, il ne conlia « qu’à des hommes cette vérité qu’il avait apportée sur « la terre : elle s’échappa donc, comme on aurait bien « pu le prévoir, par tous les pores humains : bientôt « cette religion sainte, révélée à l’homme parl’Homme- « Dieu, ne fut plus qu’une infâme idolâtrie, qui durerait « encore si le christianisme, après seize siècles, n’eût « été brusquement ramené à sa pureté originelle par « deux misérables. »

Voilà le protestantisme. Et que dira-t-on de lui et de

CONCLUSION

vous qui le défendez, lorsqu’il n’existera plus? Aideznous plutôt à le faire disparaître. Pour rétablir une religion et une morale en Europe; pour donner à la vérité les forces qu’exigent les conquêtes qu’elle médite; pour raffermir surtout le trône des souverains, et calmer doucement cette fermentation générale des esprits qui nous menace des plus grands malheurs, un préliminaire indispensable est d’effacer du dictionnaire européen ce mot fatal, protestantisme.

X. Il est impossible que des considérations aussi importantes ne se fassent pas jour enfin dans les cabinets protestants, et n’y demeurent en réserve pour en descendre ensuite comme une eau bienfaisante qui arrosera les vallées. Tout invite les protestants à revenir à nous. Leur science, qui n’est maintenant qu’un épouvantable corrosif, perdra sa puissance délétère en s’alliant à notre soumission, qui ne refusera point à son tour de s’éclairer par leur science. Ce grand changement doit commencer par les princes, et demeurer parfaitement étranger au ministère dit évangélique. Plusieurs signes manifestes excluent ce ministère du grand œuvre. Adhérer à l’erreur est toujours un grand mal; mais l’enseigner par état, et l’enseigner contre le cri de sa conscience, c’est l’excès du malheur, et l’aveuglement absolu en est la suite véritable. Un grand exemple de ce genre vient de nous être présenté dans la capitale du protestantisme, où le corps des pasteurs a renoncé publiquement au christianisme en se déclarant arien, tandis que le bon sens laïque lui reproche son apostasie.

XI. Au milieu de la fermentation générale des esprits, les Français, et parmi eux l’ordre sacerdotal en particulier, doivent s’examiner soigneusement, et ne pas laisser échapper cette grande occasion de s’employer efficacement et en première ligne à la reconstruction du saint édifice. Us ont sans doute de grands préjugés à vaincre; mais, pour y parvenir, ils ont aussi de grands moyens, et, ce qui est très-heureux, de puissants enne-

DU l’APE»

mis de moins. Les parlements n’existent plus, ou n’existent pas. Réunis en corps, ils auraient opposé une résistance peut-être inviucible, et c’en était lait de l’Église gallicane. Aujourd’hui l’esprit parlementaire ne peut s’expliquer et agir que par des efforts individuels qui ne sauraient avoir un grand effet. On peut donc espérer que rien n’empéchera le sacerdoce de se rapprocher sincèrement du Saint-Siège, dont les circonstances l’avaient éloigné plus qu’il ne croyait peut-être. U n’y a pas d’autres moyens de rétablir la religion sur ses antiques bases. Les ennemis de cette religion, qui ne l’ignoraient pas, tâchent de leur côté d’établir l’opinion contraire, savoir : que c'est le Pape qui s'oppose à la réunion des chrétiens. Un évêque grec a déclaré naguère qu’t/ ne voyait plus entre les deux E y lises d'autre mur de séparation que la suprématie du pope1; et cette assertion toute simple de la part de son auteur, je l’ai entendu citer en pays catholique, pour établir encore la nécessité de restreindre davantage la suprême puissance spirituelle. Pontifes et lévites français, gardez-vous du piège qu’on vous tend; pour abolir lé protestantisme sous toutes les formes, on vous propose de vous faire protestants. C’est au contraire en rétablissant la suprématie pontificale que vous replacerez l’Église gallicane sur ses véritables bases, et que vous lui rendrez son ancien éclat. Reprenez votre place : l’Église universelle a besoin de vous pour célébrer dignement l’époque fameuse, et que la postérité n’envisagera jamais sans une profonde admiration ; l’époque, dis-je, où le Souverain pontife s’est vu reporter sur son trône par des événements dont les causes sortent visiblement du cercle étroit des moyens humains.

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