CHAPITRE VIII
Témoignage janséniste, texte de Pascal, et Réflexions sur le poids de certaines autorités.
Cette suite d’autorités, dont je ne présente que la fleur, est bien propre sérns doute à produire la conviction; néanmoins il y a quelque chose peut-être de plus frappant encore, c’est le sentiment général qui résulte d’une lecture attentive de l’histoire ecclésiastique. On y
t. IV* Disc, sur l'Hisl. tccl. — Qu’importe que Fleury l'ait dit ou ne l'ail pas dit? Mais Fleury est uue idole du Panthéou français. Fn vain mille plumes démontreraient qu’il n'y a pas d’historien moins fait pour sertir d'autorité, bien des Français n’en reviendront jamais. FLauav l’à dit.
î. Voyez les Fragments relatifs à l’hist. eccl. des premières années du dixneuvième siècle. Paris, 1814, iu-8, p. 115. Je n’examiue point ici ce que l’une uu l’autre puissance peut avoir à démêler avec tel ou tel membre de cette commission. Tout homme d’honneur doit de sincères applaudissements à la noble «t catholique intrépidité qui a dicté ces réponses.
sent, s’il est permis de s’exprimer ainsi, on y sent, je ne sais quelle présence réelle du Souverain Pontife sur tous les [points du monde chrétien. Il est partout, il se mêle de tout, il regarde tout, comme de tous côtés on le regarde. Pascal a fort bien exprimé ce sentiment : Il ne faut pas, dit-il, juger de ce qu’est le Pape par quelques paroles des Pères... mais par les actions de l’Église et des Pères, et par les canons. Le Pape est le premier. Quel autre est connu de tous? Quel autre est reconnu de tous, ayant pouvoir d’influer par tout le corps, parce qu’il tient la maîtresse branche qui influe partout1 ?
Pascal a grandement raison d’ajouter : Règle importante1 1 En effet, rien n’est plus important que déjuger non par tel fait isolé ou ambigu, mais par l’ensemble des faits ; non par telle ou telle phrase échappée à tel ou tel écrivain, mais par l’ensemble et l’esprit général de ses ouvrages.
Il faut, de plus, ne jamais perdre de vue cette grande règle qu’on néglige trop en traitant ce sujet, quoiqu’elle soit de tous les temps et de tous les lieux, que le témoignage d’un homme ne saurait être reçu, quel que soit le mérite de celui qui le rend, dès que cet homme peut être seulement soupçonné d’ètre sous l’influence de quelque passion capable de le tromper. Les lois repoussent un juge ou un témoin qui leur devient suspect, par cette raison, ou même par une simple considération de parenté. Le plus grand personnage, le caractère Te plus universellement vénéré, n’est point insulté par ce soupçon légal. En disant à un homme quelconque : Vous êtes un homme, on ne lui manque point.
Lorsque Pascal défend sa secte contre le Pape, c’est comme s’il ne parlait pas; il faut l’écouter lorsqu’il rend à la suprématie du Pape le sage témoignage qu’on vient de lire.
1. Petuées de Pascal. Paris, 1803, îb-8 ; tome II, II* partie, art. XVII, u”* XCII et XCIV, p. U8.
i. Ibid., n» XCIll.