LIVRE I, CHAPITRE VIII
Qu’un petit nombre d’évêques choisis, animés, effrayés par l’autorité, se permettent de prononcer sur les bornes delà souveraineté qui a droit de les juger euxmêmes, c’est un malheur, et rien de plus ; on ne sait pas même ce qu’ils sont.
Mais lorsque des personnages du même ordre, légitimement assemblés, prononcent avec calme et liberté la décision qu’on vient de lire sur les droits et l’autorité du Saint-Siège ', alors on entend véritablement le corps fameux dont ils se disent les représentants ; c’est lui véritablement ; et lorsque, quelques années après, d’autres évêques fulminent contre ce qu’ils appellent si justement les SERVITUDES DE L’ÉGLISE GALLICANE, c’cst encore lui ; c’est cet illustre corps qu’on entend, et auquel ou doit croire *.
Lorsque saint Cyprien dit, en parlant de certains brouillons de son temps : Ils osent s’adresser à la chaire de Saint- Pierre, à cette Église suprême ou la dignité sacerdotale a pris son origine...; ils ignorent que les Romains sont des hommes auprès de qui l'erreur na point d'accès % c’est véritablement saint Cyprien qu’on entend; c’est un témoin irréprochable de la foi de son siècle.
Mais lorsque les adversaires de la monarchie pontificale nous citent, usque ad nausearn, les vivacités de ce même saint Cyprien contre le pape Étienne, ils nous peignent la pauvre humanité au lieu de nous peindre la sainte tradition. C’est précisément l’histoire de Bossuet. Qui jamais connut mieux que lui les droits de l’Église romaine, et qui jamais en parla avec plus de vérité et d’éloquence? Et cependant ce même Bossuet, emporté par uue passion qu’il ne voyait pas au fond de son cœur, ne tremblera pas d’écrire au Pape, avec la plume de