‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 5 sur 295 · Mntth., XXIII · texte numérisé non relu

Mntth., XXIII

2. fiootir panis... sanguiliem «tir. (Ps. CIV, tfl. Isaïe, III, I.)

3. Considëratiun sur la France, iu-8n, Bâle, Genève, Paris, 1795, 1796. Lyon, 1830,

la langue et par des espérances d’un ordre supérieur, qui vivent toujours, pourquoi ne consentirait-elle pas

A me prêter encore une oreille attentive,

aujourd'hui qu'elle a fait un si grand pas vers le bonheur, et qu’elle a recouvré au moins assez de calme pour s’examiner ellemême et se juger sagement ?

11 est vrai que les circonstances ont bien changé depuis l’année 1796. Alors chacun était libre d’attaquer les brigands à ses périls et risques : aujourd’hui que toutes les puissances sont à leur place, l’erreur ayant divers points de contact avec la politique, il pourrait arriver à l'écrivain qui ne veillerait pas continuellement sur lui-même, le malheur qui arriva à Diomède sous les murs de Troie, celui de blesser une divinité en poursuivant un ennemi.

Heureusement il n’y a rien de si évident pour la conscience que la conscience même. Si je ne me sentais pénétré d’une bienveillance universelle, absolument dégagée de tout esprit contentieux et de toute colère polémique, môme à l'égard des hommes dont les systèmes me choquent le plus. Dieu m’est témoin que je jetterais la plume; et j’ose espérer que la probité qui m’aura lu ne doutera pas de mes intentions. Mais ce sentiment n’exclut ni la profession solennelle de ma croyance, ni l’accent clair et élevé de la foi, ni le cri d’alarme en face de l’ennemi connu ou masqué , ni cet honnête prosélytisme enfin qui procède de la persuasion.

Après une déclaration dont la sincérité sera, je l’espère, parfaitement justifiée par tout mon ouvrage , quand môme je me trouverais en opposition directe avec d’autres croyances, je serais parfaitement tranquille. Je sais ce que l’on doit aux nations et à ceux qui les gouvernent; mais je ne crois point déroger à ce sentiment en leur disant la vérité avec les égards convenables. Les premières lignes de mon ouvrage le font connaître : celui qui pourrait craindre d’en être choqué est instamment prié de ne pas le lire. Il m’est prouvé, et je voudrais de tout mon cœur le prouver aux autres, que sans le Souverain Pontife, il n’y a point de véritable christianisme, et que nul honnête homme chrétien, séparé de lui, ne signera sur son honneur (s'il a quelque science) une profession de foi clairement circonscrite.

Toutes les nations qui se sont soustraites à l'autorité du Père commun ont sans doute, prises en masse, le droit ( les savants ne l’ont pas) de crier au paradoxe ; mais nulle n'a celui de crier à l’insulte. Tout écrivain qui se tient dans le cercle de la sévère logique ne manque à personne. Il n’y a qu’une seule vengeance honorable à tirer de lui : c’est de raisonner contre lui, mieux que lui.

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