LIVRE I, CHAPITRE X
« glise est-elle représentée par une pèche? Saint Pierre « s’y montre le premier, et les autres disciples ne pê~ « chent qu’après lui. Veut-on comparer la doctrine qui « nous est prêchée (pour nous retirer des grandes eaux ) « au filet d’un pécheur; c’est saint Pierre qui le jette; « c’est saint Pierre qui le retire : les autres disciples ne « sont que ses aides ; c’est saint Pierre qui présente les « poissons à Notre-Seigneur. Voulez-vous que l’Église soit « représentée par une ambassade ? saint Pierre est à la « tête. Aimez-vous mieux que ce soit un royaume ; saint « Pierre en porte les clefs. Voulez-vous enfin vous la « représenter sous l’image d’un bercail d’agneaux et de « brebis? saint Pierre est le berger et 1 e pasteur général « sous Jésus-Christ
Je n’ai pu me refuser le plaisir de faire parler un instant ce grand et aimable saint, parce qu’il me fournit une de ces observations générales si précieuses dans les ouvrages où les détails ne sont pas permis. Examinez l’un après l’autre les grands docteurs de l’Église catholique : à mesure que le principe de sainteté a dominé chez eux, vous les trouverez toujours plus fervents envers le Saint-Siège, plus pénétrés de ses droits, plus attentifs à les défendre. C’est que le Saint-Siège n’a encore contre lui que l’orgueil, qui est immolé par la sainteté.
En contemplant de sang-froid cette masse entraînante de témoignages, dont les différentes couleurs produisent dans un foyer commun le blanc de l’évidence, on ne saurait être surpris d’entendre un théologien français des plus distingués, nous confesser franchement qu’il est accablé par le poids des témoignages que Bellarmin et d’autres ont rassemblés pour établir l’infaillibilité de l’Eglise romaine, mais qu’il n’est pas aisé de les accorder avec la déclaration de 1682, dont il ne lui est pas permis de s’écarter ’.