I.IVRE I, CHAPITRE XI
venu du Sermon sur l’unité .’ Ce mot d 'Eglise séparée de son chef n’a point de sens. C’est le parlement d’Angleterre moins le roi.
Ce qu’on lit d’abord après sur le saint concile de Pise et sur le saint concile de Constance explique trop clairement ce qui précède. C’est un grand malheur que tant de théologiens français se soient attachés à ce concile de Constance, pour embrouiller les idées les plus claires. Les jurisconsultes romains ont fort bien dit : Les lois ne s’embarrassent que de ce qui arrive souvent, et non de ce qui arrive une fois. Un événement unique dans l’histoire de l’Eglise rendit son chef douteux pendant quarante ans. On dut faire ce qu’on n’avait jamais fait et ce que peut-être on ne fera jamais. L’empereur assembla les évéques au nombre de deux cents environ. C’était un conseil, et non un concile. L’assemblée chercha à se donner l’autorité qui lui manquait, en levant toute incertitude sur la personne du Pape : elle statua sur la foi. Et pourquoyias? Un concile de province peut statuer sur le dogme ; et si le Saint-Siège l’approuve, la décision est inébranlable. C’est ce qui est arrivé aux décisions du concile de Constance sur la foi. On a beaucoup répété que le Pape les avait approuvées. Et pourquoi pas encore , si elles étaient justes? Les Pères de Constance, quoiqu’ils ne formassent point du tout un concile, n’en étaient pas moins une assemblée infiniment respectable par le nombre et la qualité des personnes ; mais dans tout ce qu’ils purent faire sans l’intervention du Pape, et même sans qu’il existât un pape incontestablement reconnu, un curé de campagne ou son sacristain même était théologiquement aussi infaillible qu’eux : ce qui n’empêchait point Martin V d’approuver, comme il le fit, tout ce qu’ils avaient fait conciliairement ; et par là, le concile de Constance devint œcuménique, comme l’étaient devenus anciennement le second et le cinquième concile général, par l’adhésion des Papes qui n’y avaient assisté ni par eux ni par leurs légats.
nu PAPE.
Il faut donc que les personnes qui ne sont pas assez versées dans ces sortes de matières prennent bien garde à ce qu’elles lisent, lorsqu’on leur fait lire que les Papes ont approuvé les décisions du concile de Constance. Sans doute ils ont approuvé les décisions portées dans cette assemblée contre les erreurs de Wiclef et de Jean IIuss ; mais que le corps épiscopal séparé du Pape, et même en opposition avec le Pape, puisse faire des lois qui obligent le Saint-Siège, et prononcer sur le dogme d’une manière divinement infaillible, cette proposition est un prodige , pour parler la langue de Bossuet, moins contraire peut-être à la saine théologie qu’à la saine logique.