‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 7 sur 295 · Ilpopol Franco (tes croisés, l’armée de Godefroi). Tasso · texte numérisé non relu

Ilpopol Franco (tes croisés, l’armée de Godefroi). Tasso

2. De là vient sans doute l’antique préjugé sur l’incompatibilité de la science et de la noblesse, préjugé qui tient, comme tous les autres, à quelque chose de caché. Aucun savant du premier ordre n’a pu créer une race. Les noms même du seizième siècle, fameux dans les sciences et les lettres, ne subsistent déjà plus.

avait passé comme une espèce de fidéicommis à la couronne de France. L’Église catholique pouvait être représentée par une ellipse. Dans l'un des foyers on voyait saint Pierre, et dans l’autre Charlemagne; l’Église gallicane avec sa puissance, sa doctrine, sa dignité, sa langue, son prosélytisme, semblait quelquefois rapprocher les deux centres, et les confondre dans la plus magnifique unité.

Mais, ô faiblesse humaine! rt déplorable aveuglement! des préjugés détestables que j’aurai occasion de développer dans cet ouvrage avaient totalement perverti cet ordre admirable , cette relation sublime entre les deux puissances, A force de sophismes et de criminelles manœuvres, on était parvenu à cacher au roi très-chrétien l'une de ses plus brillantes prérogatives, celle de présider (humainement) le système religieux, et d'être le protecteur héréditaire de l’unité catholique. Constantin s’honora jadis du titre à’évéque extérieur. Celui de souverain pontife extérieur ne flattait pas l'ambition d'un successeur de Charlemagne; et cet emploi, offert par la Providence, était vacant ! Ah ! si les rois de France avaient voulu donner main-forte à la vérité, ils auraient opéré des miracles ! Mais que peut le roi, lorsque les lumières de sonpeuple sont éteintes? Il faut même le dire à la gloire immortelle de l’auguste maison, l’esprit royal qui l’anime a souvent et très-heureusement été plus savant que les académies, et plus juste que les tribunaux.

Renversée à la fin par un orage surnaturel , nous avons vu cette mission si précieuse pour l’Europe, se relever par un miracle qui en promet d’autres, et qui doit pénétrer tous les Français d'un religieux courage ; mais le comble du malheur pour eux serait de croire que la révolution est terminée , et que la colonne est replacée, parce qu’elle est relevée. Il faut croire, au contraire, que l’esprit révolutionnaire est sans comparaison plus fort et plus dangereux qu’il ne l’était il y a peu d’années. Le puissant usurpateur ne s’en servait que pour lui. Il savait le comprimer dans sa main de fer, et le réduire à nôtre qu'une espèce de monopole au profit de sa couronne. Mais depuis que la justice et la paix se sont embrassées, le génie mauvais a cessé d’avoir peur; et au lieu de s’agiter dans un foyer unique, il a produit de nouveau une ébullition générale sur une immense surface.

Je demande la permission de le répéter : la révolution fran-

çaise ne ressemble à rien de ce qu’on a vu dans les temps passés. Elle est satanique dans son essence1. Jamais elle ne sera totalement éteinte que par le principe contraire, et jamais les Français ne reprendront leur place jusqu'à ce qu’ils aient reconnu cette vérité. Le sacerdoce doit être l’objet principal de la pensée souveraine. Si j'avais sous les yeux le tableau des ordinations, je pourrais prédire de grands événements. La noblesse française trouve à cette époque l’occasion de faire à l’État un sacrifice digne d’elle. Qu'elle offre encore ses fils à l’autel comme dans les temps passés. Aujourd’hui, on ne dira pas qu’elle n’ambitionne que les trésors du sanctuaire. L’Église jadis l’enrichit et l’illustra; qu’elle lui rende aujourd’hui tout ce qu’elle peut lui donner, l’éclat de ses grands noms, qui maintiendra l'ancienne opinion, et déterminera une foule d’hommes à suivre des étendards portés par de si dignes mains : le temps fera le reste. En soutenant ainsi le sacerdoce, la noblesse française s’hequittera d’une dette immense qu'elle a contractée envers la France, et peut-être même envers l’Europe. La plus grande marque de respect et de profonde estime qu’on puisse lui donner, c’est de lui rappeler que la révolution française, qu’elle eût sans doute rachetée de tout son sang, fut cependant en grande partie son ouvrage. Tant qu’une aristocratie pure, c’est-à-dire professant jusqu’à l’exaltation les dogmes nationaux, environne le trône, il est inébranlable, quand môme la faiblesse ou l’erreur viendrait à s'y asseoir; mais si le baronnage apostasie, il n'y a plus de salut pour le trône, quand même il porterait saint Louis ou Charlemagne; ce qui est plus vrai en France qu’ailleurs. Par sa monstrueuse alliance avec le mauvais principe, pendant le dernier siècle, la noblesse française a tout perdu ; c’est à elle qu’il appartient de tout réparer. Sa destinée est sûre, pourvu qu’elle soit bien persuadée de l’alliance naturelle, essentielle, nécessaire, française, du sacerdoce et delà noblesse.

A l’époque la plug sinistre de la révolution, on dit : Ce n’est pour la noblesse qu’une éclipse méritée. Elle reprendra sa place . Elle en sera quitte pour embrasser un jour, de bonne grâce,

Des enfants qu'en son sein elle n'a point portés '.

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