‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 8 sur 295 · I . Ctmsidératwns sur la France, chap · texte numérisé non relu

I . Ctmsidératwns sur la France, chap

ï. Ibid.

Ce qui fut dit il y a vingt ans se vérifie aujourd’hui. Si la noblesse française est soumise à un recrutement, il dépend d’elle d’en ôter tout ce qu’il pourrait avoir d’aftligeant pour les races antiques. Quand elle saura pourquoi il était devenu nécessaire, il ne pourra plus lui déplaire ni lui nuire; mais ceci ne doit être dit qu’en passant et sans aucun détail approfondi.

Je rentre dans mon sujet principal , en observant que la rage antireligieuse du dernier siècle contre toutes les Vérités et toutes les institutions chrétiennes, s'était tournée surtout contre le Saint-Siège. Les conjurés savaient assez, et le savaient malheureusement bien mieux que la foule des hommes bien intention nés, que le christianisme repose entièrement sur le Souverain Pontife. C’est donc de ce côté qu’ils tournèrent tous leurs efforts. ^ S’ils avaient proposé aux cabinets catholiques des mesures directement antichrétiennes, la crainte ou la pudeur, au défaut de motifs plus nobles, aurait suffi pour les repousser; ils tendirent donc à tous les princes le piège le plus subtil.

Hélas! ils ont des rois égaré les plus sages!

Ils leur présentèrent le Saint-Siège comme l'ennemi naturel de tous les trônes ; ils l’environnèrent de caiomuies , de défiances de toute espèce; ils tâchèrent de le brouiller avec la raison d’État; ils n’oublièrent rien pour attacher l’idée de la dignité à celle de l'indépendance. A force d’usurpations, de violences, de chicanes, d’empiétements de tous les genres, ils rendirent la politique romaine ombrageuse et lente; et ils l'accusèrent ensuite des défauts qu’elle tenait d’eux. Enfin, ils ont réussi à un point qui fait trembler. Le mal est tel, que le spectacle de certains pays catholiques a pu quelquefois scandaliser des yeux étrangers à la vérité, et les détourner d’elle. Cependant, sans le Souverain Pontife, tout l’édifice du christianisme est miné, et n’attend plus, pour crouler entièrement, que le développement de certaines circonstances qui seront mises dans tout leur jour.

En attendant, les faits parlent. A-t-on jamais vu des protestants s’amuser à écrire des livres contre les Églises grecque, nestorienne, syriaque, etc., qui professent des dogmes que le protestantisme déleste? Ils s’en gardent bien. Ils protègent, au contraire, ces Églises; ils leur adressent des compliments, et se

montrent prêts à s'unir à elles, tenant constamment pour véritable allié tout ennemi du Saint-Siège '.

L’incrédule, de son côté, rit de tous les dissidents et se sert de tous, parfaitement sùr que tous, plus ou moins, et chacun à sa manière , avancent sou grand œuvre , c’est-à-dire la destruction du christianisme.

Le protestantisme, le philosophisme et mille autres sectes plus ou moins perverses ou extravagantes, ayant prodigieusement diminué les vérités parmi les hommes *, le genre humain ne peut demeurer dans l’état où il se trouve. Il s’agite, il est eu travail, il a honte de lui-même, et cherche, avec je ne sais quel mouvement convulsif, à remonter contre le torrent des erreurs, après s’y être abandonné avec l’aveuglement systématique de l’orgueil. A cette époque mémorable il m’a paru utile d’exposer dans toute sa plénitude une théorie également vaste et importante, et de la débarrasser de tous les nuages dont on s’obstine à l’envelopper depuis si longtemps. Sans présumer trop de mes efforts, 'j’espère cependant qu’ils ne seront pas absolument vains. Un bon livre n’est pas celui qui persuade tout le monde, autrement il n’y aurait point de bon livre ; c’est celui qui satisfait complètement une certaine classe de lecteurs à qui l’ouvrage s’adresse particulièrement, et qui du reste ne laisse douter personne ni de la bonne foi parfaite de l’auteur, ni de l’infatigable travail qu’il s’est imposé pour se rendre maître de son sujet, et lui trouver même, s’il était possible, quelques faces nouvelles. Je me flatte naïvement que, sous ce point de vue, tout lecteur .équitable jugera que je suis en règle. Je crois qu’il n’a jamais été plus nécessaire d’environner de tous les rayons de l’évidence une vérité du premier ordre, et je crois de plus que la vérité a besoin de la France. J’espère donc que la France me lira encore une fois avec bonté; et je m’estimerais heureux surtout si ses grands personnages de tous les ordres, en réfléchissant sur ce que j’attends d'eux, venaient à se faire une conscience de me réfuter.'

1. Voyez les Recherches asiatiques de M. Ctaudius Buchanan, docteur en théologie anglaise, où il propose à l'Église anglicane de s’allier, dans l'Inde, à la syriaque, parce qu'elle rejette la suprématie du Pape ; in-8°, Londres, 1812, p. 283 à 287.

2. X)i minute sont reritates a jiliis hominum. (Ps. XI, v. 2.)

Mai, 1817.

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