‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 81 sur 295 · LIVRE I, CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE XVI

d’avance les prétendues maximes destructives de l’unité :

« Les maximes particulières des Églises, dit-il, ne « peuvent avoir lieu que dans le cours ordinaire des « choses ; le Pape est quelquefois au-dessus de ces règles « pour la connaissance et le jugement des grandes eau- « ses concernant la foi et la religion *. »

Fleury, qu’on peut regarder comme un personnage intermédiaire entre Pithou et Bellarmin, tient absolument le même langage : Quand il s’agit , dit-il, de faire observer les canons et de maintenir les règles , la puissance des Papes est souveraine, et s’élève an-dessus de tout1 2.

Qu’on vienne maintenant nous citer les maximes d’une Église particulière, à propos d’une décision souveraine rendue en matière de foi ! C’est se moquer du sens commun.

Ce qu’il y a de plaisant, c’est que, tandis que les évêques s’arrogeraient le droit d’examiner librement une décision de Rome, les magistrats, de leur côté, soutiendraient la nécessité préalable de l’enregistrement : Ouïs les gens du roi; de sorte que le Souverain Pontife serait jugé non-seulement par ses inférieurs, dont il a le droit de casser les décisions, mais encore par l’autorité laïque, dont il dépendrait détenir la foi des fidèles en suspens tant qu’elle le jugerait convenable.

Je terminerai cette partie de mes observations3 par une nouvelle citation d’un théologien français ; le trait est d’une sagesse qui doit frapper tous les yeux :

« Ce n’est, dit-il, qu’une contradiction apparente de

1 . Pierre Pithou, XI4Vl* art. de sa rédaction. Cet écrivain était protestant, et ne se convertit qu’nprcs la Saint-Barthelcmy.

2 » Fleury, Discours sur les libertés de l’Eglise gallicane , Nouv. Opusc., p. 34.

3. S’il m’arrive quelquefois de ne pas entrer dans tous les details que pourfait exiger une critique sévère et minutieuse, tout lecteur équitable sentira, sans doute, que n'écrivant poiut sur l’infaillibilité exclusivement, mais sur le pape eu H»ueral, j’ai dû gsrJar m cbaquo objet particulier une certaine tusiure, otm’an fimir h ce« pointa lumineux qui entraînant tout esprit droit,

« dire que le Pape est au-dessus des canons, ou qu’il y « est assujetti ; qu’il est le maître des canons, ou qu’il « ne l’est pas. Ceux qui le mettent au-dessus des ca- « nons, l’en font maître, prétendent seulement quï/ en « 'peut dispenser , et ceux qui nient qu’il soit au-dessus « des canons ou qu’il en soit le maître, veulent seule- « ment dire quV/ n’en peut dispenser que pour l'utilité et « dans les nécessités de l’Église'. »

Je ne sais ce que le bon sens pourrait ajouter ou ôter à celte doctrine, également contraire au despotisme et à l’anarchie.

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