LIVRE I, CHAPITRE II
beaucoup que rËcriturc sainte fournisse, en faveur de l'autorité des conciles, aucun passage comparable à celui qui établit Tautorité et les prérogatives du Souverain Pontife. Il n'y a rien de si clair, rien de si magnifique que les promesses contenues dans ce dernier texte; mais si Ton me dit, par exemple : Toute$ les fois que deux ou trois personnes sont assemblées en mon nom, je serai au milieu d'elles; je demanderai ce que ces paroles signifient, et Ton sera fort empêché pour m^y faire voir autre chose que ce que j*y vois, e'est-à-dire une promesse faite aux hommes, que Dieu daignera fréter une oreille plus particulièrement miséricordieuse à toute assemblée d'hommes réunis pour le prier .
D'autres textes prêteraient à d'autres difficultés; mais je ne prétends pas jeter le moindre doute sur y infaillibilité d*un concile général ; je dis seulement que ce haut privilège, il ne le tient que de son chef, à qui les promesses ont été faites. Nous savons bien que les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre l'Eglise ; mais pourquoi? A cause de Pierre, sur qui elle est fondée. Otez ce fondement, comment serait-^lle infaillible, puisqu'elle n'existe plus? Il faut être, si je ne me trompe , pour être quelque chose.
Ne l'oublions jamais : aucune promesse n'a été faite à l'Église séparée de son chef, et la raison seule le devinerait, puisque l'Église, comme tout autre corps moral, ne pouvant exister sans unité, les promesses ne peuvent avoir été faites qu'à l'unité , qui disparaît inévitablement avec le Souverain Pontife.