LIVRE III, CHAPITRE III 31i
le mariage, celui de vivre crimiDetiement. La foule des raisonneurs qui ont traité cette grande question du célibat ecclésiastique, part toujours de ce grand sophisme, que le mariage est un état de pureté, tandis qu'il n'est pur que pour les purs. Combien y a-t-il de mariages irréprochables devant Dieu? Infiniment peu. L'homme irréprochable aux yeux du monde peut être infAme à Tautel. Si la faiblesse ou la perversité humaine établit une tolérance de convention à l'égard de certains abus, cette tolérance, qui est elleniéme un abus, n'est jamais faite pour le prêtre, parce que la conscience universelle ne cesse de la comparer au type sacerdotal qu'elle contemple en elle-même; de sorte qu'elle ne pardonne rien à la copie, pour peu qu'elle s'éloigne du modèle.
Il y a dans le christianisme des choses si hautes , si sublimes; il y a entre le prêtre et ses ouailles des relations si saintes, si délicates, qu'elles ne peuvent appartenir qu'à des hommes absolument supérieurs aux autres. La confession seule exige le célibat. Jamais les femmes, qu'il faut particulièrement considérer sur ce point, n'accorderont une confiance entière au prêtre marié ; mais il n'est pas aisé d'écrire sur ce sujet.
Les Églises si malheureusement séparées du centre n'ont pas manqué de conscience, mais de force, en permettant le mariage des prêtres. Elles s'accusent elles-mêmes, en exceptant les évêques et en refusant de consacrer les prêtres avant qu'ils soient mariés.
Elles conviennent ainsi de la règle, que nul prêtre ne peut se^ marier ; mais elles admettent que, par tolérance et faute de sujets, un laïque marié peutêtœ
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ordonné. Par un sophisme qui ne choque plus l'habitude, au lieu d'ordonner un candidat, ^fuoi^ue mariée elles le mainent pour l'ordonner, de manière qu'en violant la règle antique, elles la confessent expressément.
Pour connaître les suites de cette fatale discipline , il faut avoir été appelé à les examiner de près. L'abjection du sacerdoce dans les contrées qu'elle régit , ne peut être comprise par celui qui n'en a pas été témoin. DeTott, dans ses mémoires, n'a rien dit de trop sur ce point. Qui pourrait croire que dans un pays où l'on vous soutient gravement l'excellence du mariage des prêtres, l'épithète de fils de prêtre est une injure formelle? Des détails sur cet article piqueraient la curiosité , et seraient même utiles sous un certain rapport; mais il en coûte d'amuser la malice et d'affliger un ordre malheureux, qui renferme, quoique tout soit contre lui , des hommes très-estimables, autant qu'il est possible d'en juger à la distance où l'inexorable opinion les tient de toute société distinguée.
Cherchant toujours, autant que je le puis, mes armes dans les camps ennemis , je ne passerai point sous silence le témoignage frappant du même prélat russe que j'ai cité plus haut. On verra ce qu'il pensait de la discipline de son Église sur le point du célibat. Son livre , déjà recommandé par le nom de son auteur, étant sorti des presses mêmes du saint sy^ nodef ce témoignage a tout le poids qu'il est possible d'en attendre.
Après avoir repoussé , dans le premier chapitre de ses Prolégomènes, une attaque indécente de Mosheim contre le célibat ecclésiastique, l'archevêque de Twer continue en ces termes :