L1VR£ III, CHAPITRE III
A-t-on Jamais entendu rien d'aussi extraordinaire? Où donc et comment les Romains de ce siècle avaientils rencontré l'idée de l'intégrité du mariage , et celle de l'alliance naturelle de la chasteté et de l'autel? Où avaient-ils pris qu'une vierge, fille d'un homme divorcé , quoique née en légitime mariage et personnellement irréprochable, était cependant altérée pour l'autel? Il faut que ces idées tiennent à un principe naturel à l'homme, aussi ancien que l'homme, et pour ainsi dire partie de l'homme.
Dignité du Sacerdoce.
Ainsi donc, l'univers entier n'a cessé de rendre témoignage à ces grandes vérités : 1^ mérite éminent de la chasteté ; 2" alliance naturelle de la continence avec toutes les fonctions religieuses, mais surtout avec les fonctions sacerdotales.
Le christianisme, en imposant aux prêtres la loi du célibat, n'a donc fait que s'emparer d'une idée naturelle; il l'a dégagée de toute erreur, il lui a donné une sanction divine, et l'a convertie en loi de haute discipline. Mais contre cette loi divine , la nature humaine était trop forte , et ne pouvait être vaincue que par la toute-puissance inflexible des Souverains Pontifes. Dans les siècles barbares surtout, il ne fallait pas moins que la main de saint Grégoire Vil pour sauver le sacerdoce. Sans cet homme extraordinaire, tout était perdu humainement. On se plaint de l'immense pouvoir qu'il exerça de son temps; autant
jut in eodem conjugio manebat. Nam Agrippa diaidio domum im • MfMUBBAT. (Tacit. AnD. S, 86.)
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vaudrait-il se plaindre de Dieu qui lui donna la force sans laquelle il ne pouvait agir. Le puissant Demiurgt obtint tout ce qu'il était possible d'une matière rebelle; et ses successeurs ont tenu la main au grand œuvre avec une telle persévérance , qu'ils ont enfln assis le sacerdoce sur des bases inébranlables.
Je suis fort éloigné de rien exagérer , et de vouloir présenter la loi du célibat comme un dc^me proprement dit; mais Je dis qu'elle appartient à la plus haute discipline, qu'elle est d'une importance sans égale , et que nous ne saurions trop remercier le Souverain Pontife à qui nous en devons le maintien.
Le prêtre qui appartient à une femme et à des enfants, n'appartient plus à son troupeau, ou ne lui appartient pas assez. Il manque constamment d'un pouvoir essentiel , celui de faire l'aumône, quelquefois même sans trop penser à ses propres forces. En songeant à ses enfants, le prêtre marié n'ose passe livrer aux mouvements de son cœur; sa bourse se resserre devant l'indigence, qui n'attend jamais de lui que de froides exhortations. Déplus, la dignité du prêtre serait mortellement blessée par certains ridicules. La femme d'un magistrat supérieur, qui ou* blierait ses devoirs d*une manière visible, ferait plus de tort à son mari que celle de tout autre homme. Pourquoi? parce que les hautes magistratures possèdent une sorte de dignité sainte et vénérable qui les fait ressembler à un sacerdoce. Qu'en sera4-il donc du sacerdoce réel?
Non-seulement les vices de la femme réfléchissent une grande défaveur sur le caractère du prêtre marié , mais celui-ci à son tour n'échappe point au danger commun à tous les hommes qui se trouvent dans