LIVR£ III, CHAPITRB III
nonce d*un discours prononcé à Facquit de la fondation. Je ne crois point du tout à la bonne foi de Warburton; mais quand elle serait possible de la part d'un seul homme, le moyen d'imaginer de même comme possible une série d'extravagants ayant tous perdu Tcsprit dans le même sens, et délirant de bonne foi? Le bon sens se refuse absolument à cette supposition; en sorte que, sans le moindre douté, plusieurs et peut-être tous auraient parlé pour de Fargent contre leur conscience. Qu'on imagine maintenant un put y un Foœf un Burke^ un Grey, un Granville, ou d'autres têtes de cette force, assistant à l'un de ces sermons. Non-seulement le prédicateur sera perdu dans leur esprit, mais la défaveur rejaillira même sur l'ordre entier des prédicateurs.
Je traite ici un cas particulier; mais il y a bien d'autres causes générales qui blessent le caractère de Tecclésiastique dissident, et le ravalent dans l'opinion. Il est impossible que des hommes dont on se défie constamment jouissent d'une grande considération; jamais on ne les regardera, dans leur parti même, que comme des avocats payés pour soutenir une certaine cause. On ne leur disputera ni le talent , ni la science, ni l'exactitude dans leurs fonctions; quant à la bonne foi , c'est autre chose.
« La doctrine d'une Église réformée, a dit Gibbon, « n'a rien de commun avec les lumières et la croyance u de ceux qui en font partie, et c'est avec un soute rire ou un soupir que le clergé moderne souscrit « aux formes de l'orthodoxie et aux symboles étaa blis... Les prédictions des catholiques se trouvent ac- « complies. Les Arminiens, les Ariens , les Bociniens, a dont il ne faut pas calculer le nombre d'après leurs
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« congrégations respectives, ont brisé et rejeté l'en* c( chatnement des mystères. »
Gibbon exprime ici Topinion universelle des protestants éclairés sur leur clergé. Je m'en suis assuré par mille et mille expériences. Il n'y a donc plus de milieu pour le ministre réformé. S'il prêche le dogme, on croit qu'il ment: s'il n'ose pas le prêcher, on croit qu'il n'est rien.
Le caractère sacré étant absolument effacé sur le front de ses ministres, les souverains n'ont plus vu dans eux que des officiers civils qui devaient marcher avec le reste du troupeau, sous la houlette commune. On ne lira pas sans intérêt les plaintes touchantes exhalées par un membre même de cet ordre malheureux , sur la manière dont l'autorité temporelle se sert de leur ministère. Après avoir déclamé, comme un homme vulgaire, contre la hiérarchie catholique, il plane tout à coup au-dessus de tous les préjugés, et il prononce ces paroles solennelles :
n Le protestantisme n'a pas moins avili la dignité « sacerdotale (1). Pour ne pas avoir l'air d'aspirer à « la hiérarchie catholique, les prêtres protestants « se sont défaits bien vite de toute apparence reli- « gieuse, et se sont tous mis très-humblement aux
a pieds de l'autorité temporelle Parce que la vo-
(( cation des prêtres protestants n'était nullement de « gouverner l'état, il n'aurait pas fallu en conclure (c que c'était à Tétatà gouverner l'Église (2) Les
(i) Ainsi ce caraclérc estat»7t des deux côlés! Il faudrait bien cependant prendre un parti ; car si le sacerdoce est avili par la hiérarchie et par la suppression de la .hiérarchie, il est clair que Dieu n*a pas su Taire un sacerdoce, ce qui me paraît un peu fort.
(-2) Nulle part TÉtat ne gouverne l*É6lisb; mais toujours et partout il gouvernera justement ceux qui , s*étant mis hors de VÊglite^ osent