DE LA VIE
En voilà plus que je n'aurais osé en dire d'après mes propres observations; car il m'en coûte beaucoup d'écrire, même en récriminant, une seule ligne désobligeante; mais je crois qu€ c'est un devoir de montrer l'opinion dans tout son jour. J'honore sincèrement les ministres du saint Évangile , qui portent certainement un très-beau titre. Je sais même qu'un prêtre n'est rien s'il n'est pas mmistre du saint Évangile ; mais celui-ci à son tour n'est rien s'il n'est pas prêtre. Qu'il écoute donc sans aigreur la vérité qui lui est dite non pas seulement sans aigreur, mais avec amour : Tout corps enseignant , dés quU ne^plus permis de croire à sa bonne foi , tombe nécessairement dans Vopinion même de son propre parti; et le dédain, la défiance, l'éloignement, augmentent en raison directe. Si l'ecclésiastique protestant est plus considéré et moins étranger à la société que le clergé des Églises seulement schismatiques , c'est qu'il est motn^ prêtre: la dégradation étant toujours proportionnelle à ïintensité du caractère sacerdotal.
Il ne s'agit donc pas de se louer vainement soimême, ou de se préférer encore plus vainement à d'autres; il faut entendre la vérité et lui rendre hommage.
Rousseau n'écrivait-il pas à une dame française : « J'aime naturellement votre clergé autant que je
(1) Sur le vrai earaetèrt du prêtre éwmgélique , par le professeur Marheinexej à Ueidelberg , imprimé dans le musée patriotique des AUcmandsi à Hambourg. Je n'ai pu lire qu'une traduction française de CCI ouvrage, en janvier 481S ; mais elle m'a été donnée pour trèsfidèle par un iiomme que je dois croire très- fidèle