LIVRE III, CHAPITRE
« hais le ndtre. J'ai beaucoup d*ainis parmi le clergé <( de France, etc. (l). »
Il est encore plus aimable dans ses Lettres de la Montagne, où il nous fait confidence « que les mite nistres ne savent plus ce qu'ils croient, ni ce qu'ils « veulent , ni ce qu'ils disent; qu'on ne sait pas même « ce qu'ils font semblant de croire, et que l'intérêt « décide seul de leur foi (â). »
Le célèbre helléniste, M. Fréd. Aug. Wolff, remarque, avec une rare sagesse, dans ses prolégomènes sur Homère, «( qu'un livre étant une fois con- (i sacré par l'usage public , la vénération nous em< « pèche d'y voir des choses absurdes ou ridicules ; « qu'on adoucit donc et qu'on embellit par des inter- « prétations convenables tout ce qui ne parait pas « supportable à la raison particulière ; que plus on met « de finesse et de science dans ces sortes d'explica- « tions , et plus on est censé servir la Religion ; que « toujours on en a usé ainsi à l'égard des livres qui « passent pour sacrés; et que si l'on s'y détermine « pour rendre le livre utile à la masse du peuple , on « ne saurait voir rien de répréhensiWe dans cette me- « sure (3). »
Ce passage est un bon commentaire de celui de Rousseau , et dévoile en plein le secret de l'enseignement protestant. On ferait un livre de ces sortes de textes; et, par une conséquence inévitable , on en ferait un autre des témoignages de froideur ou de mé-
(i) Lettres de J.-J. Rousseau, in-8o, tom. II, p. 2(M. (2) Le même, lie Lettre de la Montagne.
(5) Frid. Aug. Wolfii Prolegomena in Homenim. — Halis Saûn^ fWTO, 4795, tom. /, no 56, p. CLXUI.
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pris distribués à Tordre ecclésiastique par les différents souverains protestants.
L'un décide a qu'il a jugé à propos de faire compo- (( ser une nouvelle liturgie plus conforme à Tenseia gnement pur de la Religion , à Tédification publi- « que et à l'esprit du siècle actuel , et que plusieurs « motifs Tout déterminé à ne point soufliir que les « ecclésiastiques se mêlent aucunement de la rédao- (( lion de ces formules liturgiques (1). y>
Un autre défend à tous les ministres et prédicateurs de ses états , d'employer la formule Que le Sei-gneur vouf bénisse ^ etc., a attendu, dit le prince, que (( les ecclésiastiques ont besoin eux-méntes de la béa nédiction divine, et qu il y a de l'arrogance de la « part d'un mortel do vouloir parler au nom de la tt Providence (2). »
Quel sacerdoce et quelle opinion 1 Je l'ai étudiée, cette opinion , dans les livres, dans les conversations , dans les actes de la souveraineté , et toujours je l'ai trouvée invariablement ennemie de l'ordre ecclésiastique. Je puis même ajouter (et Dieu sait que je dis la vérité) que mille et mille fois, en cofttemplant ces ministres, illégitimes sans doute et justement frappés, mais cependant moins rebelles eux-mêmes qu'enfants de rebelles, et victimes de ces préjugés tyranniques
Que peut-être en nos cœurs Dieu seul peut efTacer,
(1) Journal de Paris, mercredi 21 décembre 4808, no 556, p 957S. — U faut Tavouer, c'est un singulier spectacle que celui de Tordre ecclésiastique déclaré incapable de se mêler des affaires ecclésiastiques.
(2) Journal de TEmpire, du 47 octobre 4809, p. 4 (sous la rubrique de Francfort, du 44 octobre.) Par la même raison , un père serait un arrogant s'il s'avisait de bénir son fils .' Quelle force de raisonne-