‹ Du pape (volume 3)Chapitre 188 sur 208 · LIVRE IT, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE IT, CHAPITRE V

ligue (1) , anglicane f écossaise 9 orthodoxe » etc, , tous noms évidemment faux, et de plus accusateurs, parce qu'ils sont respectivement nouveaux, particuliers, et même ridicules pour toute oreille étrangère au parti qui se les attribue; ce qui exclut toute idée d'unité, et par conséquent de vérité.

Règle générale. Toutes les sectes ont deux noms : Tun qu'elles se donnent , et Tautre qu'on leur donne. Ainsi les Églises photiennes qui s'appellent ellesmêmes orthodoxes y sont nommées hors de chez elles schismatiques f grecques ou orientales^ mots synonymes sans qu'on s'en doute. Les premiers réformateurs s'intitulèrent non moins courageusement évangéliques, et les seconds réformés ; mais tout ce qui n'est pas eux les nomme luthériens et calvinistes. Les anglicans, comme nous l'avons vu , essaient de s'appeler apostoliques; mais toute l'Europe en rira et même une partie de l'Angleterre. Le rascolnic russe se donne le nom de vieux croyant; mais, pour tout homme qui n'est pas rascolnic, il est rascolnic ; le catholique seul ^

est appelé comme il s'appellent n'a qu'un nom pour ^^^ffù^i tous les hommes. ^€m^%v£^

Celui qui n'accorderait aucune valeur à cette observation , aurait peu médité le premier chapitre de la métaphysique première, celui des noms.

C'est une chose bien remarquable, que tout chré-

(1) L^Égltse anglicane, dont le bon sens et Torgueil répugnent également à se voir en assez mauvaise compagnie, a imaginé, depuis quelque temps , de soutenir qu'elle n'est pas protestante. Quelques membres du clergé ont défendu ouvertement celte thèse ; et comme , dans cette supposition, ils se trouvaient tans nom, ils ont dit qu'ils étaient apostoliques. C'est un peu tard, comme on voit, pour se donner un nom, et l'Europe est devenue trop impertinente pour croire à cet ennoblissement. Le parlement, au reste, laisse dire les apostoliques, et ne cesse de protester qu'il est protestant.

I tien étant obligé de confesser dans le symbole , qu'il

I croit à V Église catholique , néanmoins aucune Église

I dissidente n*a jamais osé se parer de ce titre et se

nommer catholique, quoiqu'il n'y eût rien de si aisé 1 que de dire : Cest nous qui sommes catholiques ; et que

la vérité d'ailleurs tienne évidemment à cette qualité de catholique. Mais dans cette occasion , comme dans mille autres, tous les calculs de Tambition et de la politique cédaient à Tinvincible conscience. Aucun novateur n'osa jamais usurper le nom de I'Église; soit qu'aucun d'eux n'ait réfléchi qu'il se condamnait en changeant de nom , soit que tous aient senti , quoique d'une manière obscure, l'absolue impossibilité d'une telle usurpation. Semblable à ce livre unique dont elle est la seule dépositaire et la seule interprète légitinae, l'Église catholique est revêtue d'un caractère si grand, si frappant, si 'parfaitement inimitable (1) , que personne ne songera jamais à lui disputer son nom , contre la conscience de l'univers. Si donc un homme appartenant à l'une de ces j^\^. *•« Églises dissidentes, prend la plume contre I'Égusb, '^v^X*^ iL doit être arrêté au titre même de son ouvrage. Il faut lui dire : Qui étes-Dous? comment vous appelezvous? d'où venez-vous? pour quiparlez-^ous? — Pour l' Eglise y direz^ous, — Quelle Eglise? ceUe de ConstantinopU 9 de Smyme, de Bukharest ^ de Cor fou 9 etc? Aucune Eglise ne peut être entendue contre VÈGAASE^pas plus que le représentant d'une province particulière contre une assemblée nationale présidée par le souverain. Vous êtes justement condamné avant d'être entendu : vous avez tort sans autre examen , parce que vous êtes

(i) On connaît ces expressions de Rousseau , à propos de rÉvan- I gile.

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