‹ Du pape (volume 3)Chapitre 189 sur 208 · LIVRE IV « CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE IV « CHAPITRE V

isolé. — a Je parle, dira-t-il peut-être, pour toutes « les Églises que vous nommez, et pour toutes celles « qui suivent la même foi. » — Dans ce cas , montrez vos mandats. Si vous n'en avez que de spéciaux, la même difficulté subsiste ; vous représentez bien plusieurs Eglises, mais non Œglise. Vous parlez pour des provinces; I'Ètat ne peut vous entendre. Si vous prétendez agir sur toutes en vertu d'un mandat d'unité, nommez cette unité : faites-nous connaître le point central qui la constitue 9 et dites son nom, qui doit être tel que l'oreille du genre humain le reconnaisse sans balancer. Si vous ne pouvez nommer ce point central , il ne vous reste pas même le refuge de vous appeler république chrétienne ; car il n'y a point de république qui n'ait un conseil commun 9 un sénaii des chefs quelconques qui représentent et gouvernent l'association (1). Rien de tout cela ne se trouve chez vous, et par conséquent vous ne possédez aucune espèce d'unité , de hiérarchie et d'association commune ; aucun de vous n'a le droit de prendre la parole au nom de tous. Vous croyez être un édifice, vous n'êtes que des pierres.

Nous sommes un peu loin , comme on voit, d'agiter ensemble des questions de dogme ou de discipline.

(I) Ceci est de la plus haute imporlance. Mille fois on a pu entendre demander en certains pays : Powrquoi l'Église né pourrait^elle pas être presbytérienne ou collégiale? J'accorde qu'elle puisse Tétre, quoique le contraire soit démontré ; il faut, au moins, nous la montrer telle avant de demander si elle est légitime sous cette forme. Toute république possède l'unité souveraine , comme toute autre forme de gouvernement. Que les Églises photiennes soient donc ce qu'elles voudront, pourvu cpi'elles soient quelque chose. Qu'elles nous indiquent une hiérarchie générale, un synode, un conseil, un sénat, comme elles voudront, dont elles déclarent relever toutet ; alors nous traiterons la question de savoir «t l'Église universelle peut être une république ou un collège, Jusqu'à cotte époque, elles sont nulles dam le sens universel.

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Il s'agit avant tout, de la part de nos plus anciens adversaires, de se légitimer, et de nous dire ce qu'ils sont. Tant qu'ils ne nous ont pas prouvé qu'ils sont I'Église, ils ont tort avant d'avoir parlé; et pour nous prouver qu'ils sont I'Église , il faut quMls montrent un centre d'unité visible pour tous les yeux, et portant un nom à la fois positif et exclusif, admis par toutes les oreilles et par tous les partis.

Je résiste au mouvement qui m'entraînerait dans la polémique : les principes me suffisent ; les voici :

l"" Le Souverain Pontife est la base nécessaire, unique et exclusive du christianisme. A lui appartiennent les promesses , avec lui disparaît l'unité, c'est-à-dire l'Église.

2* Toute Église qui n'est pas catholique est protestante. Le principe étant le même de tout côté, c'est-à-dire une insurrection contre l'unité souveraine, toutes les Églises dissidentes ne peuvent différer que par le nombre des dogmes rejetés.

3^ La suprématie du Pape étant le dogme capital sans lequel le christianisme ne peut subsister, toutes les Églises qui rejettent ce dogme dont elles se cachent l'importance, sont d'accord, même sans le savoir : tout le reste n'est qu'accessoire, et de là vient leur affinité, dont elles ignorent la cause.

4* Le premier symptôme de la nullité qui frappe ces Églises, c'est celui de perdre subitement et à la fois le pouvoir et le vouloir de convertir les hommes et d'avancer l'œuvre divine. Elles ne font plus de conquêtes, et même elles affectent de les dédaigner. Elles sont stériles, et rien n'est plus juste : elles ont rejeté V époux (1).

(I) Nous les avoKs même entendues le Tanler de celle slértlité.

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