LIVRE lY, CHAPITRE XI
masque grec? et, pour tout dire» n'est-ce pas la Grèce qui eut jadis Thorrible honneur de nier Dieu la première, et de prêter une voix téméraire à Tathéisme, qui n'avait point encore osé prendre la parole à la face des hommes (1).
Ëlien remarque avec raison que toutes les nations nommées barbares par les Grecs reconnurent une divinité suprême, et qu'il n'y eut jamais d'athées parmi elles (2).
Je ne demande qu'à me tromper; mais aucun œil humain ne saurait apercevoir la tin du servage de la Grèce; et, s'il venait à cesser, qui sait ce qui arriverait?
Plus d'une fois dans nos temps modernes, elle a réglé ses espérances et ses projets politiques sur l'affinité des cultes ; mais , toujours destinée à se tromper, elle a pu apprendre à ses dépens qu'elle ne tient plus k rien. Combien lui faudra-t-il encore de siècles pour comprendre qu*on n'a point de frères quand on n'a pas une mère commune?
Une erreur fatale de la Grèce, et qui malheureusement n'a pas l'air de finir si tôt , c'est de s'appuyer sur d'anciens souvenirs, pour s'attribuer je ne sais quelle existence imaginaire qui la trompe sans cesse. Il lui arrive même de parler de rivalité à notre égard. Jadis peut-être cette rivalité avait une base et un sens; mais que signifie aujourd'hui une rivalité où l'on trouve d'un côté tout, et de Tautre rien? Ëst-4^ la
(4) PiiiMCTM Graiut homo mortalei toUere eontrà Eii oemtoi auiui, etc. (Lucrei. liv. 1,67, 68.)
(2) jEiian. Hitt. Var. lib. //, cap. JJX/.— Thomassin, Manière d'étudier cl d'enseigner l'histoire, tom. I, liv. II, eh. V. pag. 581. Paris, 4693, in-8o.
gloire des armes ou celle des sciences , que la Grèce voudrait nous disputer? Elle se nomme elle-même V Orient, tandis que pour le véritable Orient, elle n'est qu'un point de TOccident, et que pour nous, elle est à peine visible. Je sais qu'elle a écrit Tlliade, qu'elle a bâti le Pécile, qu'elle a sculpté l'Apollon du Belvédère, qu'elle a gagné la bataille de Platée ; mais toutcela est bien ancien, et, franchement, un sommeil de vingt-cinq siècles ressemble beaucoup à la mort. Puissent les plus tristes augures n'être que des apparences trompeuses I Désirons ardemment que cette nation ingénieuse recouvre son indépendance et s'en montre digne; désirons que le soleil se lève enfin pour elle, et que les anciennes ténèbres se dissipent I II n'appartient point à un particulier de donner des avis à une nation , mais le simple vœu est toujours permis. Puisse la Grèce proprement dite, cette véritable Grèce si bien circonscrite par Cicéron (1), se détachera jamais decette fatale Byzance Jadissimplecolonie grecque, et dont la suprématie imaginaire repose tout entière sur des titres qui n'existent plus! On nous parle de Phocion, dePériclès, d'Ëpaminondas, deSocrate, de Platon, d'Agésilas , etc. , etc. Eh bien ! traitons directement avec leurs descendants sans nous embarrasser des municipes. Il n'y a de notre côté ni haine, ni aigreur: nous n'avons point oublié, comme les Grecs, la paix de Lyon et celle de Florence. Embrassonsnous de nouveau et pour ne nousséparer jamais. Il n'y a plus entre nous qu'un mur magique élevé par l'orgueil , et qui ne tiendra pas un instant devant la bonne foi et l'envie de se réunir. Que si l'anathème dure
(<) Sup. chap. VIII, p. 403.
toujours , tâchons au moins qu'aucun reproche ne puisse tomber sur nous. Un prélat de TÉglise grecque s*est plaint amèrement, j*en ai la certitude, que les arances faites d*un certain côté avaient été reçues avec une hauteur décourageante. Une telle dérogation aux maximes connues de douceur et d'habileté, quelque légère qu'on la veuille supposer, paraît bien peu vraisemblable. Quoi qu'il en soit , il faut désirer de toutes nos forces que de nouvelles négociations aient un succès plus heureux, et que l'amour ouvre de bonne grâce ses immenses bras qui étreignent les nations comme les individus.
T. Après l'horrible tempête qui vient de tourmentei* l'Église, que ses enfants lui donnent au moins le spectacle consolant de la concorde; qu'ils cessent, il en est temps, de l'aflfliger par leurs discussions insensées. C'est à nous d'abord, heureux enfants de l'unité, qu'il appartient de professer hautement des principes dont l'expérience la plus terrible vient de nous faire sentir l'importance. De tous les points du globe (heureusement il n'en est aucun où il ne se trouve des chrétiens légitimes), qu'une seule voix formée de toutes nos voix réunies répète, avec un religieux transport, le cri de ce grand homme que j*ai combattu sur quelques points importants avec tant de répugnance et de respect : O sainte Eglise romaine » mère des Eglises et de tous les fidèles ! Eglise choisie de Dieu pour unir ses enfants dans la même foi et dans la même charité! nous tiendrons toujours à ton unité par le fond de nos
entrailles (1). Nous avons trop méconnu notre bonheur : égarés par les doctrines impies dont l^Europe a retenti dans le dernier siècle; égarés peut-être encore davantage par des exagérations insoutenables et par un esprit d*indépendance allumé dans le sein même de notre Église, nous avons presque brisé des liens dont nous ne pourrions , sans nous rendre absolument inexcusables, méconnaître aujourd'hui Finestimable prix. Des souverainetés catholiques même, qu'il soit permis de le dire sans sortir des bornes du profond respect qui leur est dû, des souverainetés catholiques ont paru quelquefois apostasier ; car c'est une apostasie que de méconnaître les fondements du christianisme, de les ébranler même en déclarant hautement la guerre au chef de cette Religion , en l'accablant de dégoûts, d'amertumes, de chicanes honteuses, que des puissances protestantes se seraient peut-être interdites. Parmi ces princes , il en est qui seront inscrits un jour au rang des grands persécuteurs; ils n'ont pas fait couler le sang, il est vrai; mais la postérité demandera si les Dioclétien, les Galère et les Dèce Orent plus de mal au christianisme.
Il est temps d'abjurer des systèmes si coupables ; il est temps de revenir au Père commun, de nous jeter franchement dans ses bras, et de faire tomber enfin ce mur d'airain que l'impiété. Terreur, le préjugé et la malveillance avaieM élevé entre nous et lui.
II. Mais dans ce moment solennel où tout annonce que l'Europe touche à une révolution mémorable, dont celle que nous avons vue ne fut que le terrible
(î) Bossuei, sermon sur l'unité.
CONCLfSION. 421
et indispensable préliminaire , c'est aux protestants que doivent s'adresser avant tout nos fraternelles remontrances et nos ferventes supplications. Qu'attendent-ils encore , et que cherchent-ils ? Ils ont parcouru le cercle entier de l'erreur. A force d'attaquer, de ronger, pour ainsi dire, la foi, ils ont détruit le christianisme chez eux, et grâce aux efforts de leur terrible science, qui n'a cessé de |)roe^*rcr, la moitié de TEurope se trouve enfin sans religion. L'ère des passions a passé ; nous pouvons nous parler sans nous haïr, même sans nous échauffer; profitons de cette époque favorable; que les princes surtout s'aperçoivent que le pouvoir leur échappe, et que la monarchie européenne n'a pu être constituée et ne peut être conservée que par la Religion une et unique; et que si cet alliée leur manque, il faut qu'ils tombent. III. Tout ce qu'on a dit pour effVayer les puissances protestantes, sur l'influence d'un pouvoir étranger, est une chimère, un épouvantail élevé dans le XYI^ siècle, et qui ne signifie plus rien dans le nôtre. Que les Anglais surtout réfléchissent profondément sur ce point ; car le grand mouvement doit partir de chez eux : s'ils ne se hâtent pas de saisir la palme immortelle qui leur est offerte, un autre peuple la leur ravira. Les Anglais, dans leurs préjugés contre nous, ne se trompent que sur le temps; leur déraison n'est qu'un anachronisme. Ils lisent dans quelque livre catholique qu'on^ne doit point obéir à un prince hérétique. Tout de suite ils s'effraient et crient au papisme ; mais tout ce feu s'éteindrait bientôt s'ils daignaient lire la date du livre, qui remonte infaillible-^ ment à la déplorable époque des guerres de religion et des changements de souverainetés. Les Anglais
eux-mêmes n'ont-ils pas déclaré en plein parlement que, si un roi d* Angleterre embrassait la Religion ca-tholique^ il serait par le fait même frivé de la couronne (1)? Us pensent donc que le crime de vouloir changer la religion du pays, ou d'en faire seulement naître le soupçon légitime, justifie la révolte de la part des sujets, ou plutôt les autorise à détrôner le souverain sans devenir rebelles. Or, je serais curieux d'apprendre pourquoi et comment Elisabeth et Henri VIII avaient sur leurs sujets catholiques plus de droitsque Georges III n'en aurait aujourd'hui »ur ses sujets protestants; et pourquoi les catholiques d'alors, forts de leurs privilèges naturels et d'une possession de seize siècles, n'étaient pas autorisés à regarder leurs tyrans comme déchus , par le fait même , de tout droit à la couronne? Pour moi, je ne dirai point qu'une nation en pareil cas a droit de résister à ses mattres, de les juger et de les déposer; car il m'en coûterait infiniment de prononcer cette décision, dans toute supposition imaginable; mais on m'accordera sans doute que si quelque chose peut justifier la résistance, c'est un attentat sur la religion nationale. Pendant longtemps le titre ^eja<ioUte annonça un ennemi déclaré de la maison régnante. Celleci se défendait et levait la hache sur tout partisan de la famille dépossédée; c'est Tordre politique. Mais à quel moment précis lejaeobite commença-tril d'être réellement coupable ? C'est une question terrible qu'il faut laisser au jugement de Dieu. Maintenant qu'il s'est expliqué par le temps, le catholique se pré* sente au souverain de l'Angleterre, et lui dit : « Vous
(i) Parliamentary debaUs, vol. IV. London, 1805, in-8o, p. fi77-
« voyez nos principes : notre fidélité n'a ni bornes, « ni exceptions , ni conditions. Dieu nous a enseigné « que la souveraineté est son ouvrage : il nous a prestt crit de résister, au péril de notre vie, à la violence « qui voudrait la renverser; et si cette violence tt est heureuse, nulle part il ne nous a révélé à quelle (( époque le succès peut la rendre légitime. Se trop « presser peut être un crime ; mourir pour ses ance ciens maîtres n*en est jamais un. Tant qu'il y eut « desStuarts au monde, nous combattions pour eux, « et sous la hache de vos bourreaux , notre dernier c( soupir fut pour ces princes malheureux : mainte- « nant ils n'existent plus; Dieu a parlé, vous êtes « souverains légitimes, nous ne savons pas depuis a quand, mais vous Têtes. Agréez cette même fidélité a religieuse, obstinée , inébranlable,*^ que nous ju- <c rames jadis à cette race infortunée qui précéda la « vôtre. Si jamais la rébellion vient à rugir autour « de vous, aucune crainte, aucune séduction ne « pourra nous détacher de votre cause. Ëussiez-vous « même à notre égard les torts les plus inexcusables, « nous la défendrons jusqu'à notre dernier soupir. « On nous trouvera autour de vos drapeaux, sur <« tous les champs de bataille où Ton combattra pour « vous; et si pour attester notre foi, il faut encore a monter sur les échafauds, vous nous y avez accou- « tumés ; nous les arroserons de notre sang, sans nous « rappeler celui de nos pères, que vous fîtes couler « pour ce même crime de fidélité. »
IV. Tout semble démontrer que les Anglais sont destinés à donner le branle au grand mouvement religieux qui se prépare et qui sera une époque sacrée dans les fastes du genre humain. Pour arriver les pre-
4â4 DU PAPS.
miers à la lumière parmi tous ceux qui Tont abjurée, ils ont deux avantages inappréciables et dont ils se doutent peu : c'est que , par la plus heureuse des contradictions, leur système religieux se trouye à la fois, et le plus évidemment faux, et le plus évidemment près de la vérité.
Pour savoir que la religion anglicane est fausse, il n'est besoin ni de recherches, ni d'argumentation. Elle est jugée par intuition ; elle est fausse comme le soleil est lumineux : il suffit de regarder. La hiérarchie anglicane est isolée dans le christianisme ; elle est donc nulle. Il n'y a rien de sensé à répliquer à cette simple observation. Son épiscopat est également rejeté par l'Éghse catholique et par la protestante : mais s'il n'est ni catholique, ni protestant,qu'est-il donc? Rien. C'est un établissement civil et local, diamétralement opposé à l'universalité, signe exclusif de la vérité. Ou cette religion est fausse, ou Dieu s'est incarné pour les Anglais : entre ces deux propositions, il n'y a point de milieu. — Souvent leurs théologiens en appellent à l'établissement, sans s'apercevoir que ce mot seul annulle leur religion, puisqu'il suppose la nouveauté et l'action humaine, deux grands anathèmes également visibles, décisifs et ineffaçables. D'autres théologiens de cette école et des prélats même, voulant échapper à ces anathèmes dont ils ont l'involontaire conviction, ont pris l'étrange parti de soutenir qu'ils n'étaient pas protestants ; sur quoi il faut leur dire encore : Quêtes-vous donc? — Apostoliques, disent-ils (Ij. Mais ce serait pour nous faire rire sans doute , si l'on pouvait rire de choses aussi sérieuses et d'hommes aussi estimables.
(I) Sup. liv. IV. chap. V, p. 885.
V. L^Église anglicane est d'ailleurs la seule association du monde qui se soit déclarée nulle et ridicule dans Tacte même qui là constitue. Elle a proclamé solennellement dans cet acte XXXIX articles, ni plus, ni moins, absolument nécessaires au salut, et qu'il faut jurer pour appartenir à cette Église. Mais Tun de ces articles (le XXY*] déclare solennellement que Dieu, en constituant son Église, n*a point laissé Yinfaillibilité sur la terre ; que toutes les Églises se sont trompées , à commencer par celle de Rome ; qu'elles se sont trompées grossièrement, même sur le dogme, même sur la morale ; en sorte qu'aucune d'elles ne possède le droit de prescrire la croyance, et que l'Écriture sainte est l'unique règle du chrétien. L'Eglise anglicane déclare donc à ses enfants qu'elle a bien le droit de leur commander , mais qu'ils ont droit de ne pas lui obéir. Dans le même moment, avec la même plume , avec la même encre , sur le même papier, elle déclare . le dogme et déclare qu'elle n'a pas le droit de le déclarer. J'espère que dans l'interminable catalogue des folies humaines, celle-là tiendra toujours une des premières places.
VI. Après cette déclaration solennelle de l'Église anglicane, qui s'annuUe elle-même, il manquait un témoignage de l'autorité civile qui ratifiât ce jugement ; et ce témoignage , je le trouve dans les débat» parlementaires de l'année 1805, au sujet de l'émancipation des catholiques. Dans une de ces séances bruyantes qui ne doivent servir qu'à préparer les esprits pour une époque plus reculée et plus heureuse, le procureur-général de S. M. le roi de la Grande-Bretagne laissa échapper une phrase qui n'a pas été remarquée, ce me semble, mais qui n'en est
pas moins une des choses les plus curieuses qui aient été prononcées en Europe depuis un siècle, peutêtre.
Souvenez-^ouêf disait à la Chambre des Communes ce magistrat important, revêtu du ministère public ; souvenez-vous que c'est absolument la même chose pour l'Angleterre y de révoquer les lois portées contre les catholiques 9 OU d'avoir sur-le-champ un parlement catholique et une religion catholique 9 au lieu de rétablissement actuel (1).
Le commentaire de cette inappréciable naïveté se présente de lui«même. C'est comme si le procureurgénéral avait dit en propres termes : Notre religion^ comme vous le savez , n'est qu'un établissement purement civil, qui ne repose que sur la loi du pays et sur l'intérêt de chaque individu» Pourquoi sommes-nous anglicans? Certes , ce n'est pas la persuasion qui nous détermine ; c'est la crainte de perdre des biens, des honneurs et des privilèges. Le mot de foi n'ayant donc point de sens dans notre langue, et la conscience anglaise étant catholique, nous lui obéirons du moment où Une devra plus rien nous en coûter. En un clin d'œU, nous serons totts catholiques (2).
(I; / thivk thaï no alternative can exitt belUfeen keeping the establiihment we hâve and putting a Roman eatholie establishment m its place. ParliamenUry débiles, etc. vol. IV. London, 4 SOS, p. 94S. (Disc, du procureur-général.)
(2) J'oserais croire cependanl que le savant magistrat 8*exagéraU le malheur futur. Tout te monde, disait-il, sera catholique. Eh bien, dès que tout le monde serait d*aecord, où serait le mal?
Trois jours auparavant ( séance du 10 mai, ibid. p. 764), un pair disait, en parlant sur la même question :« Jacques II ne demandait <( pour les catholiques que régalité de privilèges; mais cette égalité « aurait amené la chute du protestantisme. » Et poubquoi? C'est toujours le même aveu. L'erreur, si elle n'est soutenue par des proscriptions, ne étendra jamais contre la vérité.
vil. Mais si dans tout ce qu*ii renferme de faux , il n*y a rien de si évidemment faux que le système anglican, en revanche, par combien de côtés ne se recommande-t-il pas à nous comme le plus voisin de la vérité! Retenus par les mains de trois souverains terribles qui goûtaient peu les exagérations populaires , et retenus aussi, c'est un devoir de Tobserver, par un bon sens supérieur, les Anglais purent, dans le seizième siècle, résister jusqu^à un point remarquable au torrent qui entraînait les autres nations, et conserver plusieurs éléments catholiques. De là cette physionomie ambiguë qui distingue FÉglise anglicane, et que tant d'écrivains ont fait observer. c( Elle n'est « pas sans doute Tépouse légitime; mais c'est la « maîtresse d'un roi; et quoique fille évidente de « Calvin, elle n'a point la mine effrontée de ses « sœurs. Levant la léte d'un air majestueux, elle a prononce assez distinctement les noms de Père*, a de Conciles y de Chefs de V Église; sa main porte la a crosse avec aisance ; elle parle sérieusement de sa « noblesse; et, sous le masque d'une mitre isolée et a rebelle, elle a su conserver on ne sait quel reste de a grâce antique, vénérable débris d'une dignité qui a n'est plus (1). »
(1) At the mittrest of a manarch't bedy
Her front ereet mlh majetty the bore^
The eroner wietded and Ihe mitre wore :
Shetc'd affectation of an aneient Une
And Fatherg, couneilt, churchet and ehurehe'i head.
Were on her rev'rend Phylacteriet read.
(Oryden's original poems. in-13, lom. \,,The hind and the Panther. Pan. <.)— Je lis dans le Magasin européen, lom. XVIII, août 4790, p. H5, un morceau remarquable du docteur Burney sur le même sujet.
Quelques dissidents modernes sont moins polis et plus tranchants :
4!i8 DU PAPR.
Nobles Anglais ! vous fûtes jadis les premiers ennemis de Funité; c^est à vous aujourd'hui qu*est dévolu Thonneur de la ramener en Europe. L'erreur n*y lève la tête que parce que nos deux langues sont ennemies : si elles viennent à s'allier sur le premier des objets, rien ne leur résistera. Il ne sagit que de saisir Theureuse occasion que la politique vous présente dans ce moment. Un seul acte de justice, et le temps se chargera du reste.
YIIl. Après trois siècles d'irritation et de dispute, que nous reprochez-vous encore et de quoi vous plaignez-vous ? Dites-vous toujours que nous avons innové; que nous avons inventé des dogmes et changé nos opinions humaines en symboles? Mais si vous ne voulez pas en croire nos docteurs , qui protestent et qui prouvent qu'ils n'enseignent que la foi des Apôtres, croyez-en au moins vos athées : ils vous diront que les pouvoirs exercés par l'Eglise romaine sont en grande partie antérieurs à presque tous les établissements politiques de l'Europe (1).
Croyez-en vos déistes : ils vous diront qu'un homme instruit ne saurait résisttr au poids de l'évidence histo-
<( L'Église de Rome, disent-ils, est une prostituée ; celle d'Ecosse, une « entretenue, et celle d'Angleterre, une femme de moyenne vertu , « entre l'une et l'autre. »
They (the dissenters) ecUUd Ihe chwreh of Rome a itrumpet ; ihe kirk of Scolland a kep('fniitr$ti, and Iks chtireh of England an equivocal lady of eaty tirtue, bettceen the one and the other. (Journal du parlement d'Angleterre, chambre des Communes, jrudia mars 4790, discours du célèbre Burke.)
(1) Many of the powert indeed oitumed by the church of Rome were very aneient and tcere prior lo almott every political goeem" ment egtablished in Europe. (Hume's Uist. of England. Ucnri VUI, ch. XXIX, ann. 15-2t.)
Hume, comme on voit, tâche de modifier légèrement sa proposition, mais ce n'est qu'une pure chicane qu'il fait à sa conscience.
CONCLUSION. 4âD
riquequi élaUit que dans toute la période des quatre premiers siècles de V Eglise ^ les points principaux des doctrines papistes étaient déjà admis en théorie et en pratique (1).
Croyez-en vos apostats : ils vous diront qu'ils avaient cédé d'abord à cet argument qui leur parut invincible : quU faut qu'il y ait quelque part un juge infaillible , et que V Eglise de Rome est la seule société chrétienne qui prétende et puisse prétendre à ce caractère (2).
Croyez-en enfin vos propres docteurs , vos propres évéques anglicans : ils vous diront dans leurs moments heureux de conscience ou de distraction , que les germes du papisme furent semés dès le temps des Apôtres (3).
Tâchez de vous recueillir; tâchez d'être maîtres de vous-mêmes et de vos préjugés, assez pour pouvoir contempler dans le calme de votre conscience de quel étrange système vous avez le malheur d'être encore les principaux défenseurs. Faut-il donc tant d'arguments contre le protestantisme? Non, il suffit de tracer exactement son portrait et de le lui montrer sans colère.
(4) Gibbon, Vénioire, tom. I, chap. 1 de la traduct. franc.
(2) Oetle décision est de Gbillingworlb, et Gibbon, qui la rapporte , ajoute que le premier ne devait cet argument qu'à lui-même. (Gibbon, au livre cité, ch. Yl.) Dans cette supposition, il faut croire que ni Chillingworth ni Gibbon n'avaient beaucoup lu nos docteurs.
(3) The teeds of Popery were soton even in the aposlles timet. [Bishnp Newton'i distertationt on the profedei. London^ in-fio, lom. U1^ <;*. ï, p. 448.)
L'honnête homme! Encore un léger effort de franchise, et nous l'aurions entendu convenir, non indirectement comme il le fait ici, mais en propres termes, que de* germet du papisme furent teméé par JéiuS'Chritt.
i5G DU PAPE.
ÏX. « En vertu d'un anathème terrible, inexpli- « cable sans doute , mais cependant bien moins inex- « plicable qu'incontestable , le genre humain avait « perdu tous ses droits. Plongé dans de moîtelles té- « nèbres, il ignorait tout puisqu'il ignorait Dieu , et « f>uisqu*il rignorait il ne pouvait le prier; en sorte « qu'il était spirituellement mort sans pouvoir de- « mander la vie. Parvenu par une dégradation rapide « au dernier degré de Tabrutissement , il outrageait « la nature par ses mœurs, par ses lois et par ses reli- « gions même. Il consacrait tous les vices; il se rou- « lait dans la fange, et son abrutissement était tel, (( que Thistoire naïve de ces temps forme un tableau n dangereux que tous les hommes ne doivent pas (( contempler. Dieu cependant, après avoir dissimulé « quarante siècles , se souvint de sa créature. Au mo- « ment marqué et de tout temps annoncé, il ne dé- <x daigna pas le sein d'une vierge ; il se revêtit de a notre malheureuse nature et parut sur la terre : « nous le vtmes, nous le touchâmes , il nous parla ; ik il vécut, il enseigna, il souffrit, il mourut pour « nous. Sorti de son tombeau, suivant sa promesse, (( il reparut encore parmi nous, pour assurer solen- (c nellement à son Église une assistance aussi durable c( que le monde. Mais , hélas ! cet effort de Tamour (c tout-puissant n'eut pas à beaucoup près tout le tt succès qu'il annonçait. Par défaut de science ou de ik force, ou par distraction, peut-être. Dieu manqua « son coup et ne put tenir sa parole. Moins avisé « qu'un chimiste qui entreprendrait d'enfermer Té- « ther dans la toile ou le papier, il ne confia qu'à des « hommes cette vérité qu'il avait apportée sur la \( terre: elle s'échappa donc, comme on aurait bien
a pu le prévoir, par tous les pores humains : bientôt « cette Religion sainte, révélée à Thomme par THoin- (c me-Dieu , ne fut plus qu'une infâme idolâtrie , qui «c durerait encore si le christianisme, après seize « siècles , n'eût été brusquement ramené à sa pu-** a reté originelle par deux misérables, »
Voilà le protestantisme. Et que dira-t-on de lui et de vous qui le défendez, lorsqu'il n'existera plus? Aidez-nous plutôt à le faire disparaître. Pour rétablir une religion et une morale en Europe; pour donner à la vérité les forces qu'exigent les conquêtes qu'elle médite; pour raffermir surtout le trône des souverains, et calmer doucement cette fermentation gêné'* raie des esprits qui nous menace des plus grands mal* heurs, un préliminaire indispensable est d'effacer du dictionnaire européen ce mot fatal, protestantisme.
X. Il est impossible que des considérations aussi importantes ne se fassent pas jour enfin dans les cabinets protestants, et n'y demeurent en réserve pour en descendre ensuite comme une eau bienfaisante qui arrosera les vallées. Tout invite les protestants à revenir à nous. Leur science, qui n'est maintenant qu'un épouvantable corrosif, perdra sa puissance délétère en s'alliant à notre soumission, qui ne refusera point à son tour de s'éclairer par leur science. Ce grand changement doit commencer par les princes, et demeurer parfaitement étranger au ministère dit émmgélique. Plusieurs signes manifestes excluent ce mi* nistère du grand ceuvre. Adhérer à l'erreur est toujours un grand mal; mais l'enseigner par état, et renseigner contre le cri de sa conscience, c'est l'excès du malheur, et l'aveuglement absolu en est la suite
véritable. Un graiïd exemple de ce genre vient de nous être présenté dans la oapitale du protestantisme, où le corps des pasteurs a renoncé publiquement au christianisme en se déclarant arien, tandis que le bon sens laïque lui reproche son apostasie.
XI. Au milieu de la fermentation générale des esprits, les Français, et parmi eux Tordre sacerdotal en particulier, doivent s'examiner soigneusement, et ne pas laisser échapper cette grande occasion de s'employer efficacement et en première ligne à la reconstruction du saint édifice. Ils ont sans doute de grands préjugés à vaincre ; mais pour y parvenir , ils ont aussi de grands moyens, et, ce qui est très-heureux, de puissants ennemis de moins. Les parlements n'existent plus, ou n'existent pas. Réunis en corps, ils auraient opposé une résistance peut-être invincible, et c'en était fait de TÉglise gallicane. Aujourd'hui Tesprit parlementaire ne peut s'expliquer et agir que par des efforts individuels, qui ne sauraient avoir un grand effet. On peut donc espérer que rien n'empêchera le sacerdoce de se rapprocher sincèrement du Saint-Siège , dont les circonstances l'avaient éloigné plus qu'il ne croyait peutrétre. Il n'y a pas d'autre moyen de rétablir la Religion sur ses antiques bases. Les ennemis de cette Religioil- , qui ne l'ignorent pas, tâchent de leur côté d'établir Topinion contraire , savoir : que c'est le Pape qui s'oppose à la réunion dès chrétiens. Un évoque grec a déclaré naguère qu'il ne voyait plus entre les deux Elises d'autre mur de séparation que la suprématie du Pape (1) ; et cette
(4) Ce prélat est M. Élie Méniate, ^véque de Zarissa. Son Urre intitulé La Pierre d'achoppement a été traduit en allemand par M. Jacob Kpinpcr. Vienne, in-8o, 1787. On lit à la page 93 : Ich halte âen
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assertion toute simple de la part de son auteur, je l'ai entendu citer en pays catholique , pour établir encore la nécessité de restreindre davantage la suprême puissance spirituelle. Pontifes et lévites français, gardez-vous du piège qu'on vous tend : pour abolir le protestantisme sous toutes les formes, on vous propose de vous faire protestants. C'est au contraire en rétablissant la suprématie pontificale , que vous replacerez l'Église gallicane sur ses véritables bases, et que vous lui rendrez son ancien éclat. Reprenez votre place, l'Église universelle a besoin de vous pour célébrer dignement l'époque fameuse, et que la postérité n'envisagera jamais sans une profonde admiration, l'époque, dis^je, où le Souverain Pontife s'est ▼u reporter sur son trAne par des événements dont les causes sortent visiblement du cercle étroit des moyens humains.
XIL Nulle institution humaine n'a duré dix-huit siècles. €e prodige, qui serait frappant partout, l'est plus particulièrement au sein de la mobile Europe. Le repos est le supplice de l'Européen , et ce caractère contraste merveilleusement avec l'immobilité orientale. Il faut qu'il agisse, il faut qu'il entreprenne , il faut qu'il innove et qu'il change tout ce qu'il peut atteindre. La politique surtout n'a cessé d'exercer le génie innovateur des enfants audacieux de Japhet. Dans l'inquiète défiance qui les tient sans cesse en garde contre la souveraineté, il y a beaucoup d'orgueil sans doute , mais il y a aussi une juste conscience de leur dignité : Dieu seul connaît les quantités respectives de ces deux éléments. Il suffit
streii Uber die ober-gevall des Pabsles fiir den hanpi-pwnekt ; den% diètes isl die sehied-maner welche die zttey hirchen trennt.
454 DU PAPK.
ici de faire observer le caractère qui est un fait incontestable, et de se demander quelle force cachée a donc pu maintenir le trône pontifical , au milieu de tant de ruines et contre toutes les règles de la probabilité. A peine le christianisme s'est établi dans le monde, et déjà d'Impitoyables tyrans lui déclarent une guerre féroce. Us baignant la nouvelle religion dans le sang de ses enfants. Les hérétique9 l'attaquent de leur côté dans tous ses dogmes successivement. A leur tête éclate Arius , qui épouvante le monde et k fait douUr 9 il est chrétien, Julien, avec sa puissance, son astuce, sa science et ses philosophes complices, porte au christianisme des coups mortels pour tout ce qui eût été mortel. Bientôt le Nord verse ses peuples barbares sur Tempire romain ; ils viennent venger les martyrs, et Ton pourrait croire qu'ils vien^ nent étouffer la Religion pour laquelle ees victimes moururent; mais c'est le contraire qui arrive. Euxmêmes sont apprivoisés par oe culte divin qui préside à leUr civilisation, et, se mêlant è toutes leurs institutions, enfante la grande famille européenne et sa monarchie, dont l'univers n^avait nulle idée. Les ténèbres de l'ignorance suivent cependant l'Invasion des Barbares; mais le flambeau de la foi étincelle d'une manière plu» visible sur ce fond ob«jur, et la science même concentrée dans l'Église , ne casse de produire des hommes éminents pour leur siècle. La noble simplicité de ces temps illustrés par de hauts caractères, valait bieu mieux que la demi-science de leurs successeurs immédiats. Ce fut de leur temps que naquit ce funeste schisme qui réduisit l'Église à chercher son chef visible pendant quarante ans. Ce fléau des contemporains est un trésor pour nous dans
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l'histoire. Il sert à prouver que le trône de saint IMerre est inébranlable. Quel établissement humain résisterait à cette épreuve, qui cependant n était rien , comparée à celle qu'allait subir TÉglise ?
XIII. Luther parait f Calvin le suit. Dans un accès de frénésie dont le genre humain n'avait pas vu d'exemple , et dont la suite immédiate fut un carnage de trente ans, ces deux hommes de néant, avec Torgueil des sectaires, Tacrimonie plébéienne, et le fanatisme des cabarets (i), publièrent la réforme de rÈgliêe^ et en effet ils la réformèrent, mais sans sa* voir ce qu'ils disaient, ni ce qu'ils faisaient. Lorsque des hommes sans mission osent entreprendre de réforfner l'Église . ils déforment leur parti, et ne réforment réellement que la véritable Église, qui est obligée de se défendre et de veiller sur elle*même. C'est précisément ce qui est arrivé; car il n'y a de véritable réformé que 1 immense chapitre de la réforme qu'on lit dans le concile de Trente; tandis que la prétendue réforme est demeurée hors de l'Église, sans règle, sans autorité, et bientôt sans foi , telle que nous la voyons aujourd'hui. Mais par quelles effroyables convulsions n'est-elle pas arrivée à cette nullité dont nous sommes les témoins? Qui peut se rappeler sans frémir le fanatisme du seizième siècle , et les scènes épouvantables qu'il donna au monde? Quelle fureur surtout contre le Saint-Siège! Nous rougissons encore pour la nature humaine, en lisant dans les écrits du
(I) Dans les cabarets, on citait à l'envi det anecdotes plaisanleê sur l'avarice det prêtres; on y tournait en ridicule les clefs, la puissance des Papes, etc. (Lelire de Luther au Pape, dalée du jour de la Trinité, 1518, citée par M. Roscoc. Bist. de Léon X, tn-8o, tom. lll. Appendix, no U9, p. 152.) On peut s'en fier à Luther sur les premiérci chaires de la réforme.
temps les sacrilèges injures vomies par ces grossiers novateurs contre la hiérarchie romaine. Aucun ennemi de la foi ne s*est jamais trompé : tous frappent vainement, puisqu'ils se battent contre Dieu; mais tous savent où il faut frapper. Ce qu'il y a d'extrêmement remarquable, c'est qu*à mesure que les siècles s'écoulent, les attaques sur l'édifice catholique deviennent toujours plus fortes ; en sorte qu'en disant toujours a il n'y a rien au delà » on se trompe tou-jours. Après les tragédies épouvantables du seizième siècle , on eût dit sans doute que la tiare avait subi sa plus grande épreuve; cependant celle-ci n'avait fait qu'en préparer une autre. Le seizième et le dixseptième siècle pourraient être nommés les prémis^ ses du dix-huitième, qui ne fut en effet que la conclusion des deux précédents. L'esprit humain n'aurait pu subitement s'élever au degré d'audace dont nous avons été les témoins. Il fallait, pour déclarer la guerre au ciel , mettre encore Ossa sur Pélion. Le philosophisme ne pouvait s'élever que sur la vaste base de la réforme.
XIV. Toute attaque sur le catholicisme portant nécessairement sur le christianisme même, ceux que notre siècle a nommés philosophes ne firent que saisir les armes que leur avait préparées le protestantisme, et ils les tournèrent contre l'Église en se moquant de leur allié, qui ne valait pas la peine d'une attaque, ou qui peut-être l'attendait. Qu'on se rappelle tous les livres impies écrits pendant le dix-huitième siècle. Tous sont dirigés contre Rome, comme s'il n'y avait pas de véritables chrétiens hors de l'enceinte romaine; ce qui est très-vrai si l'on veut s'exprimer rigoureusement. On ne l'aura jamais assez répété , il
n'y a rien de si infaillible que rinstinct de Timpiété. Voyez ce qu^elle hait, ce qui la met en colère , et ce qu'elle attaque toujours, partout et avec fureur; c'est la vérité. Pans la séance infernale de la Convention nationale (qui frappera la postérité bien plus qu'elle n'a frappé nos légers contemporains) où Ton célébra » s'il est permis de s'exprimer ainsi , l'abnégation du culte, Robespierre, après son immortel discours, se flt-il apporter les livres, les habits, les coupes du culte protestant pour les profaner? Appela-t-il à la barre, chercha-t-il à séduire ou à effrayer quelque ministre de ce culte pour en obtenir un serment d*apostasie? Se servit-il au moins pour cette horrible scène des scélérats de cet ordre, comme il avait employé ceux de Tordre catholique? Il n'y pensa seulement pas. Rien ne le gênait, rien ne l'irritait, rien ne lui faisait ombrage de ce cAté; aucun ennemi de Rome ne pouvant être odieux à un autre, quelles que soient leurs différences sous d'autres rapports. C'est par ce principe que s'explique l'afOnité , différemment inexplicable, des Églises protestantes avec les Églises photiennes, nestoriennes, etc., plus anciennement séparées. Partout où elles se rencontrent , elles s'embrassent et se complimentent avec une tendresse qui surprend au premier coup d'œil , puisque leurs dogmes capitaux sont dt-> rectement contraires; mais bientôt on a deviné leur secret. Tous les ennemis de Rome sont amis, et comme il ne peut y avoir de foi proprement dite hors de l'Église catholique , passé cet accès de chaleur fiévreuse qui accompagne la naissance de toutes les sectes, on cesse de se brouiller pour des dogmes auxquels on ne tient plus qu'extérieurement, et qu§
chacun voit s'échapper Tun après Tautre du symbole national, à mesure qu'il platt à ce juge capricieux (|u'on appelle raison particulière , de les citer à son tribunal pour les déclarer nuls.
XV. Un (bnatique anglais , au commencement du dernier siècle, fit écrire, sur le fronton d'un temple (|ui ornait ses jardins, ces deux vers de Corneille :
Je rends grâces aui dieux de n'être plus Romain , Pour conserver encor quelque chose d*huniain.
Et nous avons entendu un fou du dernier siècle s'écrier dans un livre tout à fait digne de lui : 0 Rome! QUE JE TE HAIS (1) ! Il parlait pour tous les ennemis du christianisme , mais surtout pour tous ceux de son siècle; car jamais la haine de Rome ne fut plus universelle et plus marquée que dans ce siècle où les grands conjurés eurent Tart de s'élever jusqu'à l'oreille de la souveraineté orthodoxe, et d'y faire couler des poisons qu'elle a chèrement payés. La persécution du dix -huitième siècle surpasse infiniment toutes les autres , parce qu'elle y a beaucoup ajouté, et ne ressemble aux persécutions anciennes que par les torrents de sang qu'elle a versés en finissant. Mais combien ses commencements furent plus dangereux ! L'arche sainte fut soumise de nos jours à deux attaques inconnues jusqu'alors : elle essuya à la fois les coups de la science et ceux du ridicule. La chronologie , l'histoire naturelle , l'astronomie , la physique ,
(1) Mercier, dans l'ouvrage intitulé Lan 2340 , ouvrage qui, sous un point de me, mérite d'être lu, parée quMl contient tout ce que ces misérables désiraient , et tout ce qui devait en effet arriver ; ils se trompaient ieitiement en prenant une phase passagère du mal pour un état durable qui devait les débarrasser pour toujours de leur plus grande ennemie.
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furent pour ainsi dire ameutées contre la Religion. Une honteuse coalition réunit contre elle tous les talents, toutes les connaissances, toutes les forces de Tesprit humain. L'impiété monta sur le théâtre. Elle y fit voir les Pontifes, les prêtres , les vierges saintes sous leurs costumes distinctifs, et les fit parler comme elle pensait. Les femmes , qui peuvent tout pour le mal comme pour le bien , lui prêtèrent leur influence ; et tandis que les talents et les passions se réunissaient pour faire en sa faveur le plus grand effort imaginable, une puissance d'un nouvel ordre s'armait contre la foi antique : c'était le ridicule. Un homme unique à qui Tenfer avait remis ses pouvoirs se présenta dans cette nouvelle arène, et combla les vœux de l'impiété. Jamais l'arme de la plaisanterie n'avait été maniée d'une manière aussi redoutable , et jamais on ne l'employa contre la vérité avec autant d'effronterie et de succès. Jusqu'à lui, le blasphème, circonscrit par le dégoût, ne tuait que le blasphémateur; dans la bouche du plus coupable des hommes il devint contagieux en devenant charmant. Encore aujourd'hui, l'homme sage qui paj*cQurt les écrits de ce bouffon sacrilège , pleure souvent d'avoir ri. Une vie d'un siècle lui fut donnée afin que l'Église sortît victorieuse des trois épreuves auxquelles nulle institution fausse ne résistera jamais, le syllogisme , l'échafaud et l'épigramme.
XVL Les coups désespérés portés dans les dernières années du dernier siècle , contre le sacerdoce catholique et contre le chef suprême de la Religion , avaient ranimé les espérances des ennemis de la chaire éternelle. On sait qu'une maladie du protestantisme , aussi ancienne que lui , fut la manie de prédire la
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chute de la puissance pontificale. Les erreurs, les bévues les plus énormes, le ridicule le plus solennel* rien n'a pu le corriger ; toujours il est retenu à la charge : mais jamais ses prophètes n'ont été plus hardis à prédire la chute du Saint-Siège ,. que iocs-* qu'ils ont cru voir qu'elle était arrivée.
Les docteurs anglais se sont distingués dans ce* genre de délire par des livres fort utiles, précisément parce qu'ils sont la honte de l'esprit humain , et qu'ils doivent nécessairement faire rentrer en euxmêmes tous les esprits qu'un ministère coupable n'a pas condamnés à un av^iglement final. A l'aspect du Souverain Pontife chassé ,^ exilé, emprisonné, outragé, privé de ses états, par une^ puissance prépon^ dérante et presque surnaturelle devant qui la terre se tuisait, il n'était pas malaisé à ces prophètes de prédire que c'en était fait de la suprématie spirituelle et de la souveraineté temporelle du Pape. Plongés dans les plus profondes ténèbres , et justement condamnés au double châtiment de voir dans les saintes écritures ce qui n'y est pas, et de n'y pas voir ce qu elles contiennent de plus clair, ils entreprirent de nous prouver par ces mêmes écritures, que cette suprématie à qui il a été divinement et littéralement prédit qu'elle durerait autant que le monde, était sur le point de disparaître pour toujours. Ils trouvaient l'heure et la minute dans l'Apocalypse; car ce livre est fatal pour les docteurs protestants, et sans «xcepter même le grand Newton ; ils ne s'en occupent guère sans perdre l'esprit. Nous n'avons, contre les sophismesles plus grossiers, d autres armes que le raisonnement; mais Dieu, lorsque sa sagesse Texige, les réfute par des miracles. Pendant que les faux prophètes par-
laient avec le plus d'assurance, et qu'une foule, comme eux ivre d'erreur, leur prétait l'oreille, un prodige visible de la Toute-Puissance , manifesté par rinexplicable accord des pouvoirs les plus discordants, reportait le Pontife au Vatican; et sa main, qui ne s'étend que pour bénir, appelait déjà la miséricorde et les lumières célestes sur les auteurs de ces livres insensés.
XVII. Qu'attendent donc nos frères si malheureusement séparés , pour marcher au Capitole en nous donnant la main? Et qu'entendent-ils par miracle^ s'ils ne veulent pas reconnaître le plus grand , le plus manifeste, le plus incontestable de tous dans la conservation , et de nos jours surtout, dans la résurrection , qu'on me permette ce mot, dans la résurrection du trône pontifical , opérée contre toutes les lois de la probabilité humaine? Pendant quelques siècles, on put croire dans le monde que l'unité politique favorisait l'unité religieuse; mais depuis longtemps, c'est la supposition contraire qui a lieu. Des débris de l'empire romain se sont formés une foule d'empires, tous de mœurs, de langages, de préjugés différents. De nouvelles terres découvertes ont multiphé sans mesure cette foule de peuples indépendants les uns à l'égard des autres. Quelle main , si elle n'est divine, pourrait les retenir sous le même sceptre spirituel? C'est cependant ce qui est arrivé , et c'est ce qui est mis sous nos yeux. L'édifice catholique , composé de pièces politiquement disparates et même ennemies , attaqué de plus par tout ce que le pouvoir humain, aidé par le temps , peut inventer de plus méchant, de plus profond et de plus formidable, au moment même où il paraissait s'écrouler pour toujours , se
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raffermit sur ses bases plus assurées que jamais , et le Souverain Pontife des chrétiens , échappé à ia plus impitoyable persécution, consolé par de nouveaux amis, par des conversions illustres, par les plus douces espérances, relève sa tète auguste au milieu de l'Europe étonnée. Ses vertus sans doute étaient dignes de ce triomphe; mais dans ce moment ne contemplons que le siège. Mille et mille fois ses ennemis nous ont reproché les faiblesses , les vices mêmes de ceux qui Font occupé. Ils ne faisaient pas attention que toute souveraineté doit être considérée comme un seul individu ayant possédé toutes les bonnes et les mauvaises qualités qui ont appartenu à la dynastie entière , et que la succession des Papes , ainsi envisagée sous le rapport du mérite général , l'emporte sur toutes les autres, sans difficulté et sans compaliaison. Ils ne faisaient pas attention, de plus, qu'en insistant avec plus de complaisance sur certaines taches, ils argumentaient puissamment en faveur de rindéfectibilité de l'Église. Car si, par exemple, il avait plu à Dieu d'en confier le gouvernement à une intelligence d'un ordre supérieur, nous devrions admirer un tel ordre de choses bien moins que celui dont nous sommes témoins : en^fTet, aucun homnne instruit ne doute qu'il n'y ait dans l'univers d'autres intelligences que l'homme , et très-supérieures à l'homme. Ainsi l'existence d'un chef de l'Église supérieur à l'homme ne nous apprendrait rien sur ce point. Que si Dieu avait rendu de plus cette intelligence visible à des êtres de notre nature en l'unissant à un corps , cette merveille n'aurait rien de supérieur à celle que présente l'union de notre âme et de noire corps, qui est le plus vulgaire de tous les faits.
et qui n'en demeure pas moins une énigme insoluble à jamais. Or , il est clair que dans l'hypothèse de celte intelligence supérieure, la conservation de TËglise n'aurait plus rien d'extraordinaire. Le miracle que nous voyons surpasse donc infiniment celui que j'ai supposé. Dieu nous a promis de fonder sur une suite d'hommes semblables à nous une Église éternelle et indéfectible. Il l'a fait, puisqu'il Ta dit; et ce prodige, qui devient chaque jour plus éblouissant, est déjà incontestable pour nous qui sommes placés à dix-huit siècles de la promesse. Jamais le caractère moral des Papes n'eut d'influence sur la foi. Libère et Honorius, l'un et l'autre d'une éminente piété , ont eu cependant besoin d'apologie sur le dogme; le builaire d'Alexandre VI est irréprochable. Encore une fois , qu'attendons-nous donc pour reconnaître ce prodige, €t nous réunir tous à ce centre d'unité hors duquel il n'y a plus de christianisme? L'expérience a convaincu les peuples séparés; il ne leur manque plus rien pour reconnaître la vérité; mais nous sommes bien plus coupables qu'eux , nous qui, nés et élevés dans cette sainte unité, osons cependant la blesser et l'attrister par des systèmes déplorables, vains enfants de l'orgueil , qui ne serait plus l'orgueil s'il savait obéir.
XYIIL « O sainte Église romaine I » s'écriait jadis le grand évèque de Meayx , devant des hommes qui l'entendirent sans l'écouter; « ô sainte Église de « Rome! si je t*oublie, puissé^je m'oublier moice même I que ma langue se sèche et demeure immo- « bile dans ma bouche I »
<c 0 sainte Église romaine I » s'écriait à son tour Fénelon , dans ce mémorable mandement où il se recommandait au respect de tous les siècles, en sous-
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crivant humblement à la condamnation de son livre : « 6 sainte Église de Romel si je t'oublie, puissé-je « m'oublier moi-même ! que ma langue se sèche et a demeure immobile dans ma bouche ! »
Les mêmes expressions tirées de TËcriture sainte se présentaient à ces deux génies supérieurs , pour exprimer leur foi et leur soumission à la grande Église. C*est à nous, heureux enfants de cette Église, mère de toutes les autres, qu'il appartient aujourd'hui de répéter les paroles de ces deux hommes fameux, et de professer hautement une croyance que les plus grands malheurs ont dû nous rendre encore plus chère.
Qui pourrait aujourd'hui n*étre pas ravi du ^ctacle superbe que la Providence donne aux hommes, et de tout ce qu'elle promet encore à l'œil d'un véri- .table observateur?
O sainte Ëglise de Romel tant que la parole me sera conservée , je l'emploierai pour te célébrer. Je te salue , mère immortelle de la science et de la sainteté I SALVE, siAGNA PARENsI C'est toi qui répandis la lumière jusqu'aux extrémités de la terre , partout où les aveugles souverainetés n'arrêtèrent pas ton influence, et souvent même en dépit d'elles. C'est toi qui fis cesser les sacrifices humains, les coutumes barbares ou infâmes, les préjugés funestes, la nuit de l'ignorance; et partout où tes envoyés ne purent pénétrer, il manque quelque chose à la civilisation. Les grands hommes t'appartiennent. Magna yi&um! Tes doctrines purifient la science de ce venin d'orgueil et d'indépendance qui la rend toujours dangereuse et souvent funeste. Les Pontifies seront bientôt universellement proclamés agents suprêmes de la ci-
vilisation , créateurs de la monarchie et de l'unité européennes , conservateurs de la science et des arts , fondateurs, protecteurs-nés de la liberté civile, destructeurs de resclavage, ennemis du despotisme, infatigables soutiens de la souveraineté, bienfaiteurs du genre humain. Si quelquefois ils ont prouvé qu'ils étaient des hommes : si quid illis humanitus AGGIDERIT, ces moments furent courts : Un vaisseau qui fend les eaux laisse moins de traces de son passage , et nul trône de Tunivers ne porta jamais autant de sagesse, de science et de vertu. Au milieu de tous les bouleversements imaginables. Dieu a constamment veillé sur toi, 6 ville éternelle! Tout ce qui pouvait t'anéantir s'est réuni contre toi , et tu es debout; et comme tu fus jadis le centre de Terreur , tu es depuis dix-huit siècles le centre de la vérité. La puissance romaine avait fait de toi la citadelle du paganisme qui semblait invincible dans la capitale du monde connu. Toutes les erreurs de l'univers convergeaient vers toi , et le premier de tes empereurs, les rassemblant en un seul point resplendissant, les consacra toutes dans le Panthéon. Le temple de tous LES DIEUX s'éleva dans tes murs, et seul de tous ces grands monuments , 11 subsiste dans toute son intégrité. Toute la puissance des empereurs chrétiens , tout 1q zèle, tout l'enthousiasme, et si Ton veut même, tout le ressentiment des chrétiens, se déchaînèrent contre les temples. Théodose ayant donné le signal, tous ces magnifiques édifices disparurent. En vain les sublimes beautés de l'architecture semblaient demander gr&ce pour ces étonnantes constructions ; en vain leur solidité lassait les bras des destructeurs; pour détruire les temples d'Apamée et d'Alexandrie ,
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il fallut appeler les moyens que la guerre employait dans les sièges. Mais rien ne put résister à la proscription générale. Le Panthéon seul fut préservé. Un grand ennemi de la foi, en rapportant ces faits, déclare quU ignore par quel concours de ctrconstanets heureuses le Panthéon fut conservé jusqu'au moment où , dans les premières années du septième siècle , un Souverain Pontife le consacra a tous les saints (1). Ah I sans doute U Vignorait; mais nous, comment pourrions- nous Tignorer? La capitale du paganisme était destinée à devenir celle du christianisme; et le temple qui, dans cette capitale, concentrait toutes les forces de ridolAtrie, devait réunir toutes les lumières de la foi. Tous les saints à la place de TOUS les dieux I quel sujet intarissable de profondes méditations philosophiques et religieuses! C*est dans le Panthéon que le paganisme est rectifié et ramené au système primitif dont il n*était qu'une corruption visible. Le nom de Dieu, sans doute, est exclusif et incommunicable ; cependant il y a plusieurs DIEUX dans le ciel et sur la terre (2). Il y a des intelligences , des natures meUleures^ des hommes divinisés. Les ÏHeux du christianisme sont les saints. Autour de JHSX5 se rassemblent tous les Dieux , pour le servir à la place et dans Tordre qui leur sont assignés.
O spectacle merveilleux, digne de celui qui nous Ta préparé, et fait seulement pour ceux qui savent le contempler!
PiEiRB, avec ses clefs expressives, éclipse celles
(«) Gibbon, Histoire de la décadence, etc. tom. VII, chap. XXVIII, note 54, in-8o, p. 368.
(î) Saint Paul aux Corinlh. f, Viil, 5, 6. - Aux Thessalon. Il, 11,4.
du vieux Janùs (1). Il est le premier partout, et tous let saints n'entrent qu'à sa suite. Le Dieu de /'îmquité(^), PLUTU8, cède la place au plus grand des Thaumaturges , à Thumble François , dont l'ascendant inouY créa la pauvreté volontaire, pour faire équilibre aux crimes de la richesse. Le miraculeux Xavibr chasse devant lui le fabuleux conquérant de rinde. Pour se faire suivre par des millions d'hommes, il n'appela point à son aide l'ivresse et la licence; il ne s'entoura point de bacchantes impures : il ne montra qu'une croix; il ne prêcha que la vertu, la pénitence , le martyre des sens. Jean de Dieu , Jean DE Matha, Vincent de Paul (que toute langue, que tout âge les bénissent I) reçoivent l'encens qui fumait en l'honneur de Thomicide Mars, de la vindicative Junon. La Vierge immaculée , la plus excellente de toutes les créatures dans l'ordre de la grâce et de la sainteté (3] , discernée entre tous les saints, comme le soleil entre tous les astres (k) ; la pre-miére de la nature humaine , qui prononça le nom de SALUT (5) ; ceUe qui connut dans ce monde la félicité des anges, et les ravissements du ciel sur la route du tombeau (6) ; celle dont l'Eternel bénit les entrailles en soufflant son esprit en elle , et lui donnant un Fils qui
(I) Prœsideo foribui cœleilû Janitor aulœ.
Et elavem osUndens, hœcy ttU, arma gero. (Ovid. Fasl. 1.425, *59, 254.)
(3) Mammona iniquitalis. (Luc, XVl, 9.)
(8) Gratid plena, Dominut tecum. (Luc, I, 28.)
(4) Saint François de Sales. ( Traité d« l'amour de Dieu, Ili, 8.)
(5) Le même. Lellres, liv. VIII, ep. WU.— Et exultavil spiritus meut in Dbo sâlutaiii meo.
(6) Die iDonne der Engel erUbt, die EntzUckung der Him-
met aufdem wegt %wn fpraèe. (Klopstoekt der Mettiat, XII.]
est le miracle de l'univers (1) ; celle à qui il fut donné d'enfanter son Créateur (2); qui ne voit que Dieu audessus d'elle (3) , et que tous les siècles proclameront heureuse [k) ; la divine Maeie monte sur Tautel de VÉNUS PANDÉMiQUE. Je vois le Christ entrer dans le Panthéon , suivi de ses évangélistes , de ses apôtres, de ses docteurs , de ses martyrs , de ses confesseurs, comme un roi triomphateur entre , suivi des GRANDS de son empire , dans la capitale de son ennemi vaincu et détruit. A son aspect , tous ces dieuxhommes disparaissent devant 1*Homme-Dieu. Il sanctifie le Panthéon par sa présence, et Tinonde de sa majesté. C'en est fait : toutes les vertus ont pris la place de tous les vices. L'erreur aux cent tètes a fui devant l'indivisible Vérité : Dieu règne dans le Panthéon, comme il règne dans le ciel, au milieu de