‹ Du pape (volume 3)Chapitre 23 sur 208 · LITRE I, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LITRE I, CHAPITRE VI

tout qui ne dispute jamais, que la suprématie monarchique du Souverain Pontife. Elle n'a point été sans doute, dans son origine, ce qu'elle fut quelques siècles après ; mais c'est en cela précisément qu'elle se montre divine : car tout ce qui existe légitimement et pour des siècles, existe d'abord en germe et se développe succesivement (1).

Bossuet a très-heureusement exprimé ce germe d'unité , et tous les privilèges de la chaire de saint Pierre, déjà visibles dans la personne de son premier possesseur :

« Pierre, dit-il , paraît le premier en toutes mac( nières : le premier à confesser la foi ; le premier « dans l'obligation d'exercer l'amour ; le premier de « tous les apôtres qui vit le Sauveur ressuscité des « morts , comme il en avait été le premier témoin « devant tout le peuple; le premier quand il fallut « remplir le nombre des apôtres; le premier qui c< confirma la foi par un miracle; le premier à con- « vertir les Juifs; le premier à recevoir les Gentils; « le premier partout. Mais je ne puis tout dire; tout « concourt à établir sa primauté ; oui , tout , jusqu'à

« ses fautes La puissance donnée à plusieurs

« porte sa restriction dans son partage, au lieu que a la puissance donnée à un seul , et sur totM et sans « exception, emporte la plénitude.... Tous reçoivent « la même puissance , mais non au même degré, ni « avec la même étendue. Jésus-Christ commence par « le premier, et dans ce premier il développe le

Pont, auctor. lib. I, cap. XV, art. 111, p. 100; et lib. Il , cap. XX, p. 481. Rom«p, 4772, in-4o.

(4) C'est ce que je crois avoir suffisamment établi dans mon Etsai sur le principe générateur des institulions humaines.

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« tout..., afin que nous apprenions.... que l'autorité a ecclésiastique, premièrement établie en la pre- « sonne d'un seul , ne s'est répandue qu'à condition « d'être toujours ramenée au principe de son unité , « et que tous ceux qui auront à l'exercer se doivent « tenir inséparablement unis à la même chaire (1). » Puis il continue avec sa voix de tonnerre : « C'est cette chaire tant célébrée par les Pères , où « ils ont exalté comme à l'envi la principauté de la « chaire apostolique , la principauté principale , la « source de V unité , et dans la place de Pierre, Véminent a degré de la chaire sacerdolale; V Eglise-mère ^ qui a tient en sa main la conduite de toutes les autres égli- « ses; le chef de Vépiscopat, d'oii part le rayon du a gouvernement; la chaire principale, la chaire unique^ a en laquelle seule tous gardent Vunité. Vous entendez « dans ces mots saint Optât, saint Augustin, saint a Cyprien, saint Irénée, saint Prosper, saint Avite , a saint Théodoret, le concile de Chalcédoine et les « autres; l'Afrique, les Gaules, la Grèce, l'Asie, c( l'Orient et l'Occident unis ensemble.... Puisque a c'était le conseil de Dieu de perqiettre qu'il s'éle- « vât des schismes et des hérésies, il n'y avait point « de constitution, ni plus ferme pour se soutenir, ni tt plus forte pour les abattre. Par cette constitution , « tout est fort dans l'Église , parce que tout y est « divin et que tout y est uni ; et comme chaque para tie est divine, le lien aussi est divin, et l'assemblage a est tel que chaque partie agit avec la force du « tout... C'est pourquoi nos prédécesseurs ont dit.... a qu'ils agissaient au nom de saint Pierre ^ par Vauto-

(1} Sermon sur Tuiiité, Ire partie.

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