‹ Du pape (volume 3)Chapitre 24 sur 208 · LIVRE I, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE VI

« rite donnée à tous les évéques en la personne de saint « Pierre , comme vicaires de saint Pierre , et ils Tont (c dit lors même qu'ils agissaient par leur autorité « ordinaire et subordonnée; parce que tout a été « mis premièrement dans saint Pierre, et que la cor- « respondance est telle dans tout le corps de TÉglise, « que ce que fait chaque évêque , selon la règle et « dans Tesprit de Tunité catholique , toute TÉglise, « tout répiscopat et le chef de Tépiscopat, le fait <( avec lui. »

On ose à peine citer aujourd'hui les textes qui, d'âge en âge , établissent la suprématie romaine de la manière la plus incontestable, depuis le berceau du christianisme jusqu'à nos jours. Ces textes sont si connus, qu'ils appartiennent à tout le monde, et qu'on a l'air, en les citant, de se parer d'une vaine érudition. Cependant, comment refuser, dans un ouvrage tel que celui-ci , un coup d'œil rapide à ces monu- ' ments précieux de la plus pure tradition?

Bien avant la fin des persécutions , et avant que l'Église, parfaitement libre dans ses communications, pût attester sans gène sa croyance par un nombre suffisant d'actes extérieurs et palpables, Irénée, qui avait conversé avec les disciples des apôtres, en appelait déjà à la chaire de saint Pierre comme à la règle de la foi, et confessait cette principauté régissante (h y«/*ovi«) devenue si célèbre dans l'Église.

Tertullien , dès la fin du deuxième siècle , s'écrie déjà : <( Voici un édit , et même un édit péremptoire, « parti du Souverain Pontife , de l'évêque des évê- « OUES(l). »

(I) TerUill. Do Pudicitiâ, cap. I, audio edielum et quddem peremptorium : Pontifex scilicet maximus, episcopus cpiscoporum dicit, eUs.

Ce même Tertullien, si près de la tradition apostolique, et, avant sa chute, si soigneux de la recueillir, disait : « Le Seigneur a donné les clefs à Pierre, et par « LuiàrÉglise(l). »

Optât de Milève répète : « Saint Pierre a reçu seul « les clefs du royaume des cieux , pour les cammuni" c( quer aux autres pasteurs (2) . »

Saint Cyprien , après avoir rapporté les paroles immortelles : « Vous êtes Pierre, etc., » ajoute : «C'est <( de là que découlent l'ordination des évêques et la « forme de rËglise (3). »

Saint Augustin, instruisant son peuple, et avec lui toute l'Église, ne s'exprime pas moins clairement: c( Le Seigneur, dit-il , nous a confié ses brebis, parce « Qu'il les a confiées à Pierre (4). »

Saint Ephrem, en Syrie, dit à un simple évéque : « Vous occupez la place de Pierre (5); » parce qu'il regardait le Saint-Siège comme la source de l'épiscopat.

Saint Gaudence de Bresse, partant de la même idée, appelle saint Ambroise le successeur de Pierre (6).

( Terlull. Oper. Paris, 4808, in-fo edil. Pamelll, p. 999.) Le ton Irrité et même un peu sarcastique ajoute sans doute au poids du témoignage.

(1) Mémento clams Dominum Petro, et per eum Eceletiœ reliquitte. Idem, Scorpiac, cap. X, Oper. ejusd. ibid.

(2) Bono unilalis B. Petrus et prœferri apottolit omnibus me-

ruit, el clavet regni cœlorum communicandat cœterit solus aceepit. Lib. VII, contra Parmenianum, no 3. Oper. S. Opt. p. 404.

(3) Inde,., episcoporum ordinalio et Eeelesiarum ratio decurrit. Cyp. epist. XXXUI, éd. Paris XXVIl. Pamel. Oper. 8. Cyp. p. 246.

(4) Commendavil nobis Dominut ovet «t/a«, quia Pelro eommenda- 9it, Serm. CCXCVI, no 44, Oper. tom. V, col. 4202.

(6) Batiliut locum Pétri obtinent, etc, S. Ephrem. Oper. p. 725. (6) Tanquam Pétri successor, etc. Gaud. Drix. Tract, bab. in die suât ordin. MaRna bibliolh. PP. tom. Il, col. no, in-fol. edit. Paris.

LIVIIE I. CHAPITRE VI. 35

Pienre de Blois écrit à un évèque ; a Père, rappe- (( lez-YOUS que vous êtes le vicaire du bienheureua; c( Pierre (1). »

£t tous les évoques d'un concile de Paris déclarent n'être que les vicaires du prince des apôtres (2).

Saint Grégoire de Nysse confesse la même doctrine à la lace de TOrient : a Jésus-Christ, dit-il , a donné a PAR PIERRE, aux évêques, les clefs du royaume cé- « leste (3). »

Et quand on a entendu sur ce point TAfrique, la Syrie, TAsie-Mineure et la France, on entend avec plus de plaisir un saint Écossais déclarer, dans le sixième siècle, que les mauvais évêques usurpent le siège de saint Pierre (ï).

Tant on était persuadé de toutes parts que Tépiscopat entier était, pour ainsi dire, concentré dans le siège de saint Pierre dont il émanait!

Cette foi était celle du Saint-Siège même. Innocent 1" écrivait aux évêques d'Afrique : « Vous n'i- (( gnorez pas ce qui est dû au siège apostolique, (I d'où découle Vépiscopat et toute son autorité.,. Quand « on agite des questions sur la foi , je pense que nos « frères et co-évêques ne doiventen référer qu'àPierre, a c'est-à-dire à V auteur de leur nom et de leur di-^ (( gnité (5). »

(1) Recolite, pater, qubi beati Pétri vicarius estis. Episl. CXLYIII, Op. Pelri Blesensis, p. 233.

(2) Dominut B. Petro cujut vices indigni gerimuty ait : Quodcum^ que ligaveris, etc. Concil. Paris. VI, tom. VII, Goncil. C0I..I66I.

(3) Per Pelrum episcopis dédit Christus claves ccelestium bonorum. Op. 8. Greg. Nyss. Edit. Paris, in-fol. tom. III, p. SU.

(4) Scdcm Pétri apostoli immundis pedibus... usurpantes... Judam quodiammodo in Petbi Cathedra... statuunt. Gilds sapientis presb. in Ecoles, ordlnem acris correptio. Biblioth. PP. Lugd. in-fol. tom. VIII , p. 745.

(5) Snentes quid apottolieœ iedi, qunm omnes hoc loco positi ipsum

Et dans sa lettre à Victor de Rouen , il dit : « Je « commencerai avec le secours de TapAtre saint a Pierre, par qui V apostolat et lépiscopat ont corn- « menée en Jésus-Christ (1). »

Saint Léon, fidèle dépositaire des mêmes maximes, déclare que tous les dons de Jésus-Christ ne sont parvenus aux évéques que par Pierre (2)... afin que de lui comme du chef les dons divins se répandissent dans tout le corps (3) .

Je me plais à réunir d'abord les textes qui établissent la foi antique sur le grand axiome si pénible pour les novateurs.

Reprenant ensuite Tordre des témoignages les plus marquants qui se présentent à moi sur la question générale, j'entends d'abord saint Cyprien déclarer, au milieu du troisième siècle , qu'il n'y avait des hérésies et des schismes dans TÉglise que parce que tous les yeux n'étaient pas tournés sur le prêtre de Dieu , sur ce Pontire qui juge dans FÉglise a la plage de Jésus- Christ (4).

tequi detideremut apoitolum , debeatWt à quo ipte epiieopaiut et iota aueloritat kujus nominit emersit, Epist. XXIX.

Ion. 1, ad conc. Garlb. no 4, inter Epist. rom. Pont. edit. D. Gons- Unt. col. 588.

(4) Per quem (Petrum) et apoitolatui et epiteopatut in Chritto eepit ejn>rdium. Ibid. col. 747.

(3) Nwnquam mit per ipsum ( Petrum ) dédit quidquid, aliii non negaoit. 8. Léo. Scrm. IV, in ann. assumpt. Oper. edit. Ballerini, tom. II , col. 46.

(5) Ut ab ipio ( Petro ) quati quodam eapite dona tua velit in eorput omne nuxnare. S. Léo. Epist. X ad episc. proy. Yienn. cap. I , col. 655.

Je dois ces précieuses citations au savant auteur de ta Tradition de l'Êglite tur l'institution det évéques, qui les a rassemblées avec beaucoup de goût. (Introduction, p. xxxiij. j

(4) Nequf aliandc hœreses obort« sunt , aut nata lunt sctiismata ,

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