LIVRE I, CHAPITRE IX
« sages dont la plume et la voix maîtrisent les na- (( tions; rendez à FËurope incrédule une religion « simple (1), mais uniforme, et surtout une morale « épurée, et vous serez proclamé le digne successeur « des apôtres (2). »
Passons sur ces vieux restes de préjugés, qui se laissent si difficilemeut arracher des têtes les plus saines où ils se sont une fois enracinés. Passons sur ce pouvoir temporel qui échappe au Souverain Pontife, comme si jamais il n'avait dû se rétablir : passons sur ce conseil de reprendre le pouvoir spirituel , comme si jamais il avait été suspendu , et sur le conseil bien plus extraordinaire de faire sur le dogme les sacrifices que les circonstances exigent ; c'est-à-dire, en d'autres termes parfaitement synonymes , de nous faire protestants afin qu'il n'y en ait plus,. Du reste, quelle sagesse ! quelle logique I quels aveux sincères et précieux I quel effort admirable sur les préjugés nationaux! En lisant ce morceau, on se rappelle la maxime :
D'un ennemi l'on peut accepter les leçons ;
si pourtant il est permis d'appeler ennemi celui qu'une conscience éclairée a si fort rapproché de nous.
(1) Combien j'aurais désiré que Testimable auteur nous eût dit, dans une note , ce qu'il entend par une religion simple! Si c'était par hasard une religion corrigée et diminuée , le Pape donnerait peu dans cette idée.
(3) De la yéeet$Hé d'un Culte public. L 1797, in-8o. (Conclusion.}
o6 DU PAPE.