CHAPITRE X
Témoignages de l'Eglise russe, et, par elle, témoignages de l'Eglise grecque dissidente.
On ne lira pas enfin sans un extrême intérêt les témoignages lumineux, et d'autant plus précieux qu'ils sont peu connus, que l'Église russe nous fournit contre elle-même sur l'importante question de la suprématie du Pape. Ses livres-rituels présentent à cet égard .des confessions si claires , si expresses, si puissantes, qu'on a peine à comprendre comment la conscience qui consent à les prononcer refuse de s'y rendre (1). Si ces livres ecclésiastiques n'ont point encore été cités, il ne faut pas s'en étonner. Embarrassants par le format et le poids, écrits en slave, langue, quoique très-riche et très-belle, aussi étrangère que le sanscrit à nos yeux et à nos oreilles , imprimés en caractères repoussants, enfouis ^ans les églises, et feuilletés seulement par des hommes profondément inconnus au monde, il est tout simple que, jusqu'à ce moment, on n'ait pas fouillé cette mine; il est temps d'y descendre.
L'Église russe consent donc à chanter l'hymne sui* vante ; « O saint Pierre , prince des apôtres ! primat (( apostolique! pierre inamovible de la foi, en récom- « pense de la confession , éternel fondement de VEglise , « pasteur du troupeau parlant (2) ; porteur des clefs du
H) J'ai bU que, depuis quelque temps, on rencontre dans le commerce , tant à Moscou qu'à Saint-Pétersbourg, quelques exemplaires de ces livres, mutilés dans les endroits trop frappants ; mais nulle part ces textes décisifs ne sont plus lisibles que dans les exemplaires d'où ils ont été arrachés.
(2) Pastuir slotbsnago stada ( loquentis grcgis ), c'est-à-dire les