LIVRE I, CBAPITRK XII. 8i
dans ses membres y suivant l'équité et le bon gouverne^ ment de l'Eglise,
Le Pape, de son cAté, dans la quacante-^Dquième session du 22 avril 1418, approuva tout ce que le concile avait fait gongiliairement (ce qu'il répète deux fois) en matière de foi.
£t, quelques jours auparavant, par une bulle du 10 mars , il avait défendu les appels des décrets du Saint-Siège, qu'il appela le souwrain juge : voilà comment le Pd^approuwi le concile de Constance,
Jamais il n'y eut rien de si radicalement nul , et même de si évidemment ridicule , que la quatrième session du conseil de Constance, que la Providence et le Pape changèrent depuis en concile.
Que si certaines gens s'obstinent à dire : nous admettons la quatnème session , oubliant tout à fait que ce mot nous, dans TÉglise catholique, est un solécisme s'il ne se rapporte à tous , nous les laisserons dire; et, au lieu de rire seulement de la quatrième se^ion, nous rirons de la quatrième session et de ceux qui refusent d'en rire.
En vertu de l'inévitable force des choses, toute assemblée qui n'a point de frein est effrénée. Il peut y avoir du plus ou du moins; ce sera plus t6t ou plus tard; mais la loi est infaillible. Rappelons-nous les extravagances de B41e ; on y vit sept à huit personnes, tant évéques qu'abbés, se déclarer au-dessus du Pape , le déposer même, pour couronner l'œuvre, et déclarer tous les contrevenants déchus de leurs dignités , fus^ sent-ils évéques , archevêques , patriarches , cardinaueB ,
ROIS OU EAfPEREUBS.
Ces tristes exemples nous montrent ce qui arrivera toujours dans les mêmes circonstances. Jamais la paix
ne pourra régner ou se rétablir dans l'Église par Tinfluence d'une assemblée non présidée. C'est toujours au Souverain Pontife, ou seul ou accompagné, qu'il en faudra venir, et toutes les expériences parlent pour cette autorité.
On peut observer que les docteurs français qui se sont crus obligés de soutenir l'insoutenable session du concile de Constance, ne manquent jamais de se retrancher scrupuleusement dans l'assertion générale de la supériorité du concile universel sur le Pape , sans jamais expliquer ce qu'ils entendent par le concile universel; il n'en faudrait pas davantage pour montrer à quel point ils se sentent embarrassés. Fleury va parler pour tous :
a Le concile de Constance, dit-il, établit la maxime a de tout temps enseignée en France (1), que tout Pape « est soumis au jugement de tout concile universel a en ce qui concerne la foi (2). »
Pitoyable réticence, et bien indigne d'un homme tel que Fleury I 11 ne s'agit point de savoir si le concile universel est aurdessus du Pape, mais de savoir s'il peut y avoir un concile universel sans Pape, ou indépendant du Pape. Voilà la question. Allez dire à Rome que le Souverain Pontife n'a pas droit d'abroger les canons du concile de Trente , sûrement on ne vous fera pas brûler. La question dont il s'agit ici est complexe. On demande 1® quelle est l'essence d'unr concile universel, et quels sont les caractères dont la moindre altération anéantit cette essence? On demande 2* si le concile ainsi constitué est au^ssus du Pape? Traiter la deuxième
(1) Après tout ce qu'on a lu, cl surtout après la déclaration de i626, quel nom donner à celle assertion?
(2) Fleury, nouv. opusc, p. 44.