‹ Du pape (volume 3)Chapitre 51 sur 208 · LITRE 1, CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

LITRE 1, CHAPITRE XIII

contenter d'autres. Lorsqu'il dit, par exemple : Dont la chaire de saint Pierre réside la plénitude de la jmw- $ance apostolique , mais Vexerdce doit en être réglé par les canons » de psur que y s'élevant au^ssus de touty elle ne détruise dle^méme ses propres décrets : ainsi le mystère EST ENTENDU (1) ; j'en demande bien pardon encore à l'ombre fameuse de ce grand homme, mais pour moi le yoile s'épaissit, et, loin d'entendre le mystère, ie le comprends moins qu'auparavant. Nous ne demandons point une décision de morale; nous savons déjà depuis quelque temps quun souverain ne saurait mieux faire que de bien gouverner. Ce mystère n*est pas un grand mystère ; il s'agit de savoir si le Souverain Pontife, étant une puissance suprême (2), est, par là même, législateur dans toute la force du terme; si, dans la conscience de l'illustre Bossuet, cette puissance était capable de s'élever au-dessus de tout; si le Pape n'a le droit, dans aucun cas, d'abroger ou de modifier un de ses décrets ; s'il y a une puissance dans l'Église qui ait droit de juger si le Pape a bien jugéf et quelle est cette puissance; enfin, si une Église particulière peut avoir, à son égard, d'autre droit que celui de la représentation.

Il est vrai que , vingt pages plus bas , Bossuet cite, sans la désapprouver, cette parole de Charlemagne , ^we, quand même l'Eglise romaine imposerait un joug à peine supportable 9 U le faudrait souffrir plutôt que de rompre la communion avec elle (3). Mais Bossuet avait

(1) Un peu plus bas , U s* écrie : La comprenez-vous maintenant cette immortelle beauté de TÊglise catholiqine ? —Non, monseigneur, point du tout, à moins qne vous ne daigniez ajouter quelques mots.

(2) Les puissances suprêmes ( en parlant du Pape ) veulent être instruites. (Sermon sur l*unité, llle point.)

(3) Ile point.

tant d'égards pour les princes, qu'on ne saurait rien conclure de l'espèce d'approbation tacite qu'il donne à ce passage.

Ce qui demeure incontestable, c'est que si les évéques réunis sans le Pape peuvent s'appeler V Église , et s'attribuer une autre puissance que celle de certiOer la personne du Pape dans les moments infiniment rares où elle pourrait être douteuse , il n'y a plus d'unité , et l'Église visible disparaît.

Au reste, malgré les artifices infinis d'une savante et catholique condescendance , remercions Bossuet d'avoir dit, dans ce fameux discours, que la puissance du Pape est une puissance suprême [i); que VÈglise est fondée sur son autorité (2j ; que dans la chaire de saint Pierre réside la plénitude de la puissance apostolique (3) ; que lorsque le Pape est attaqué , Vépiscopat tout entier (c'est-à-dire l'Église) est en péril (4) ; quil y a TOUJOURS quelque chose de paternel dans le Saint- Siège (5) ; qu'il peut, tout , quoique tout ne soit pas convenable (6) ; quCf dès Vorigine du christianisme , les Papes ont TOUJOURS fait profession , en faisant observer les lois, de les observer les premiers (7) ; quils entretiennent l'unité dans tout le corps, tantôt par d'inflexibles décrets, et tantôt par de sages tempéraments (8) ; que les évêques n'ont tous ensemble qu'une méms chaire , par le rapport essentiel qu'ils ont tous avec la chaire unique oii saint

(1) Sermon sur Tunilé de TÈgUse, Œuvres Ue Bossuet, lom. VII , p. «.

(2) Ibid. p. 51.

(3) Ibid. p. 14.

(4) Ibid. p. 25.

(5) Ibid. p. 41.

(6) Ibid. p. 51.

(7) Ibid. p. 52.

(8) Ibid. p. 29.

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