LIVRE I, CUÀPITRE XlII
Pierre et ses successeurs sont assis ; et qu'Us doivent, en conséquence de cette doctrine , agir tous dans l'esprit de Vunité catholique, en sorte que chaque évéquene dise rien, ne fasse rien, ne pense rien que l'Eglise universelle ne puisse avouer (1) ; que la puissance donnée à plusieurs porte sa restriction dans son partage ; au lieu quela puissance donnée à un seul , et sur tous , et sans exception, emporte la plénitude (2); quela chaire éternelle ne connaît point d'hérésie (3) ; que la foi romaine est toujours la foi de l'È-glise; que l'Eglise romaine est toujours vierge; et que toutes les hérésies ont reçu d'elle ou le premier coup , ou le coup mortel (4) ; que la marque la plus évidente de l'assistance qaele Saint-Esprit donne àcette mère des Eglises, c'est de la rendre si juste et si modérée, que jamais elle n'ait mis les excès parmi les dogmes (5).
Remercions Bossuet de ce qu'il a dit, et tenons-lui compte, surtout, de ce qu'il a empêché, mais sans oublier que , tandis que nous ne parlerons pas plus clair qu'il ne s'est permis de le faire dans ce discours , l'unité qu'il a si éloquemment recommandée et célébrée se perd dans le vague, et ne fixe plus la croyance.
Leibnitz , le plus grand des protestants , et peutêtre le plus grand des hommes dans Tordre des sciences, objectait à ce même Bossuet, en 1690, qu'on n'avait pu convenir encore dans l'Eglise romaine du vrai sujet ou siège radical de VinfaillibUité ; les uns la plaçani dans le Pape, les autres dans le eoncUe quoique sans le Pape, etc. (6).
(I) Sermon sur Tunité de TÉglise, p. 16.
(3) Ibid. p. U.
(5) Ibid. p. 9.
(4) Ibid. p. 10.
(5) Ibid. p. 32.
(6) Voyez 8a correspondance avec Bossiiei,
Tel est le résultat du système fatal adopté par quelques théologiens au sujet des conciles , et foodé principalement sur un fait unique , mal entendu et mal expliqué, précisément parce qu'il est unique. Ils ex*posent le dogme capital de l'infaillibilité en cachant le foyer où il faut la chercher.