AVIS DES EDITEURS
L'ouvrage que nous publions devoit paroitre vers la fin de i8i 7. Des obstacles qu'il n'a pas ëté possible de surmonter et qu'il est inutile de rappeler aujourd'hui, nous ont forces d'en retarder l'impression jusqu'à ce moment,
La gravité des circonstances dans lesquelles se trouvent l'Eglise et l'Etat , le besoin chaque |our plus vivement senti de connoitre les véritables causes de cet ébranlement général qui fait chanceler l'autorité des gouvernemens , l'ui^ente nécessité de revenir aux principe^ conservateurs de Tordre , ne nous permettent pas de douter que la classe des lecteurs auxquels s'adresse plus particulièrement cet écrit, ne le lise avec toute l'attention que réclame la haute importance de son objet.
Depuis que l'impiété , sous le nom de phi-^ losophie , a déclaré la guerre au S(^tre et à la tiare, les hommes les plus distingués par
la profondeur de leurs vues et par Télendue de leur savoir ont rivalisé d'efforts pour combattre les doctrines perverses , et sauver les peuples en les rappelant à la religion comme au premier lien de toute société. Ils poursuivent encore cette noble tâche avec jutant de courage que de talent. Mais au milieu de cet admirable concert de la science et de la véritable philanthrope , il ne nous parpît pas qu'il soit encore venu à l'esprit d'aucun écrivain de rechercher jusque dans ses dernières ramifications l'influence exercée par le Souverain Pontife sur la formation et le maintien de l'ordre social , comme aussi de mettre dans tout son jour Fimportance de ce mémç pouvoir pour rétablir la civilisation sur ses véritables bases , aujourd'hui qu'un génie malfaisant les a brisées ou déplacées. Personne encore , à ce qu'il nous semble , n'avoit considéré le Pape comme représentant à lui seul le christianisme tout entier. Nul écrivain ne s'étoit placé à la hauteur nécessaire pour {étudier lyiistoire dans cet esprit, et n'avoit eu la pensée de suivre de l'œil l'autorité pon-