‹ Du pape (volume 4)Chapitre 12 sur 52 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

t)É l'infaillibilité.

C^UE n'a -t- on pas dit sur Finfaillibilitë considérée sous le point de vue théologique ! n seroit difficile d'ajouter de nouveaux argutnens à ceux que les défenseurs de cette haute prérogative ont accumulés pour Tappuyer sur des autorités inébranlables , et pour la débarrasser des fantômes dont les ennemis du christianisme et de l'unité , se sont plus à l'environner 9 dans l'espoir de la rendre odieuse au xnoins, s'il n'y avoit pas moyen de faire mieux. Mais je ne sais si l'on a assez remarqué, sui:

cette grande question comme sur tant d'autres , que les vérités théologiques ne sont que des vérités générales, manifestées et divinisées dans le cercle religieux , de manière que Ton ne sauroit en attaquer une sans attaquer une loi du monde.

Lmfaûlihïlité dans Tordre spirituel , et la souveraineté dans Tordre tetnporel, sont deux mots parfaitement synonymes. Uun et Tautre expriment cette haute puissance qui les domine toutes , dont toutes les autres dérivent ; qui gouverne et n'est pas gouvernée, qui juge et n'est pas jugée.

Quand nous disons que \ Eglise est infaH- Itble^ nous ne demandons pour elle, il est bien essentiel de Tobserver , aucun privilège particulier \ nous demandons seulement qu'elle jouisse du droit conunun à toutes les souverainetés possibles , qui toutes agissent nécessairement conune infaillibles; car tout gouvernement est absolu ; et du moment où Ton peut lui résister sous prétexte d'erreur ou d'injustice , il n'existe plus.

La souveraineté a des formes différentes »

sans doute. Elle ne parle pas à Constantinople comme à Londres ; mais quand elle a parlé de part et d'autre à sa manière , le bUl est sans appel conune lefetfcu

H en est de même de l'Eglise : d^une ma« nière ou d*mie autre , il faut qu'elle soit gouvernée , comme toute autre association quelconque; autrement il n'y auroit plus d'agrégation 9 plus d^ensemble , plus d'unité* Ce gouvernement est donc de sa nature infaillible, c'est-à-dire absolu^ autrement il ne gouver»

nera plus.

Dans Tordre judiciaire , qui n'est qu'une pièce du gouvernement, ne voit-on pas qu'il faut absolument en venir à une puissance qui juge et n'est pas jugée; précisément parce q;u'eUe prononce au nom de la puissance suprême , dont elle est censée n'être que l'organe et la voix. Qu'on s'y prenne comme on voudra ; qu^on donne à ce haut pouvoir judiciaire le nom qu^on voudra; toujours il faudra qu'il y en ait un auquel on ne puisse dire : Fous avez erré. Bien entendu que celui qui est condamné, est toujours mécontent de l'arrêt, et ne doute jamais de l'iniquité du tribunal; mais le politique désintéressé, qui voit les choses d'en^hâut, se rit de ces vaines plaintes. Il sait qu'il est un point où il faut s'arrêter ; il sait que les longueurs interminables, les appels sans fin et l'incertitude des propriétés , sont , s'il est permis de s'exprimer ainsi , plus injustes cpie l'injustice.

n ne s'agit donc que de savoir où est la souveraineté dans l'Eglise; car dès qu'elle sera reconnue*^ il ne sera plus permis d'appeler de ses décisions*

Or , s'il y a quelque chose d'évident pour la raison autant que pour la foi , c'est que l'Eglise universelle est une monarchie* L'idée seule de Yunii^ersalité suppose cette forme de gouvernement, dont l'absolue nécessité repose sur la double raison du nombre des sujets et de l'étendue géographique de l'empire.

Aussi , tous les écrivains catholiques et dignes de ce nom , conviennent unanimement^ que le régime de l'Eglise est monarchique , mais suffisamment tempéré d'aristocratie , pour qu'il soit le meilleur et le plus parfait des gouvememens (i).

Bellarmin l'entend ainsi , et il convient avec une candeur parfaite , que le gouvernement monarchique tempéré vaut mieux que la monarchie pure (2).

On peut remarquer à travers tous les siècles chrétiens, que cette forme monarchique n'a

( I ) Ctrtnm est monarchicum illuâ regimen esse aristocratià aliquâ temperatum. ( Du val, De sup. poteat. Papae , part. 1 , quaest. a- )

(a) Bellarmin y De Summo Pontif. cap. III*

(5) jamais été contestée ou déprimée, que parles factieux qu'elle gênoit.

Dans le XV1.« siècle, Us révoltés attribuèrent la souveraineté à Y Eglise ^ c'est-àdire au peuple. Le XVIIL® ne fit que transporter ces maximes dans la politique ; c'est le même système, la même théorie, jusque dans ses dernières conséquences. Quelle différence y a-t-il entre V Eglise de Dieu , uniquement conduite par sa parole ^ et la grande république une et indivisible , uniquement gouvernée par les lois et par les députés du peuple souverain F Aucime. Cestla même folie, ayant seulement changé d'époque et de nom.

Qu'est-ce qu'une république, dès qu'elle excède certaines dimensions ? C'est un pays plus ou moins vaste , commandé^ par un certain nombre d'hommes, qui se nomment la république. Mais toujours le gouvernement est UN ; car il n'y a pas et même il ne peut y avoir de république disséminée. ,

Ainsi , dans le temps de la république romaine, la souveraineté républicaine étoit d^ns le forum ; et les pays soumis , c'estr-à-dire les deux tiers à peu près du monde connu étoient une monarchie , dont le forum étoit l'absolu et l'impitoyable souverain.

Que si vous ôtez cet état dominateiw, il

ne reste plus de lien ni de gouvernement commun , et toute unité disparoit*

C'est donc bien mal-»à-propos que les Eglises presbytériennes ont prétendu , à force de parler, nous faire accepter, comme une sup^ position possible , la forme républicaine , qui lie leur appartient nullement, excepté dans le sens divisé et particulier ; c^est-à-dire que chaque pays a son Eglise, qui est républicaine ; mais il n'y a poiqt et il ne peut y avoir di Eglise chrétienne républicaine; en sorte que la forme presbytérienne efface l'article du symbole , que les ministres de cette croyance sont cependant obligés de prononcer, au moins tous le« dim^ches : Je crois à l'EgUse^ une , sainte , universelle et apostolique. Car dès qu'il n'y ^ plus de centre , ni de gouvernement comniun, il ne peut y avoir d'unité, ni par conséquent à' Eglise universelle ( ou catholique), puisqu'il n'y a pas d'église particulière qui ait seulement, dans cette supposition y le moyen constitutionnel de savoir si çUe est en communauté de foi avec les autres.

Soutenir qu'une foule d'Eglises indépend^tes forment une Eglise une et universelle y c'est soutenir, en d'autres termes, que tous les gouvememens politiques de l'Europe , ne fprment qu'un seul gouvernement un et uni-^

(7) perseh Ces deux idées sont identiques; il n'y a pas moyen de chicaner.

Si quelqu'un s'avisoit de proposer un royaume de France sans roi de France , un empire de Russie sans empereur de Russie^ etc. on croiroit justement qu'il a perdu Fesprit; ce seroit cependant rigoureusement la même idée que celle dune Eglise universelle sans chef*

U seroit superflu de parler de Faristocratie ; car n'y ayant jamais eu dans l'Eglise de corps qui ait eu la prétention de la régir sous aucune forme élective ou héréditaire , il s'eiv suit que son gouvernement est nécessairement monarchique, toute autre forme se trouvant rigoureusement exclue.

La forme monarchique une fois établie .^ l'infaillibilité n'est plus qu'une conséquence nécessaire delà suprématie^ ou plutôt, c'est la même chose absolument sous deux noms différens. Mais quoique cette identité soit évidente , jamais on n'a vu ou voulu voir que toute la question dépend de cette vérité ; et cette vérité dépendant à son tour de la nature même àes choses, elle n'a nullement besoin de s'appuyer sur la théologie, de manière qu'en parlant de l'unité comme nécessaire , l'erreur ne pourroitêtre opposée au Souverain Pontife, quand même elle seroit possible , comme elle

ne peut être opposée aux souverains temporels qui n'ont jamais prétendu à l'infaillibilité. Cest en effet absolument la même chose dans la pratique, de n'être pas sujet à Terreur, ou de ne pouvoir en êti'e accusé. Ainsi, quand même on demeureroit d'accord qu'aucune promesse divine n'eût été faite au Pape , il ne seroit pas moins infaiUible, ou censé tel, comme dernier* tribunal : car tout jugement dont on ne peut appeler est et doit être tenu pour juste dans toute association humaine, sous toutes les formes de gouvernement imaginables ; et tout véritable honune d'état mi'entendra bien , lorsque je dirai qu'il ne s'a^t pas seulement de savoir si le Souverain Pontife est y mais s'il doà être infaillible.

Celui qui auroit le droit de dire au Pape qu'il s'est trompé, auroit, par la même raison, le droit de lui désobéir ; ce qui anéantiroit la suprématie (ou l'infaillibilité); et cette idée fondamentale est si frappante , que l'un des plus savans protestans qui aient écrit dans notre siècle (1)9 a fait une dissertation pour établir que Y appel (ki Pape au futur concile

(i) Laur. Mosheimii dissert, de appeL ad conciU uni^. Ecclesiœ unitatem spectabilem tollentibus* (Dans l'ouvrage du docteur Muscbetti, tom. II, p. ^58. }

(9) détruit Yunitê idsïble. Rien n'est plus vrai ; car d'un gouvernement habituel, indispensable, sous peine de la dissolution du corps, il ne peut y avoir appel à un pouvoir intermittent.

Yoilà donc d'un côté Mosheùn , qui nous démontre par des raisons invincibles, que l'appel au futur concile détruit Yunùé çisiblc de V Eglise , c'est-à-dire le catholicisme d'abord , et bientôt après le christianisme même; et de l'autre, Fleury , qui nous dit, en faisant rénumération des libertés de son Eglise : Nous croyons qi^il est permis d appeler du Pape au futur concile, NONOBSTANT LES BULLES

DE Pie II ET DE Jules II , qui l'ont

DÉFENDU (l).

Cest un étrange spectacle, il faut l'avouer, que celui de ces docteurs gallicans , conduits par des exagérations nationales à l'hiuniliation de se voir enfin réfutés par des théologiens protestans : je voudrois bien au moins que ce spectacle n'eût été donné qu'une fois.

Les novateurs que Mosheim avoit en vue , ont soutenu « que le Pape avoit seulement le » droit de présider les conciles , et que le gou-

( i ) Fleury , sur les lîberlës de l'église gallicane, Nouv. opusc. Paris, 1807 , in- 12, p. 3o%

» vemement de l'Eglise est aristocratique » • Mais y dit Fleury , cette opinion est condamnée à Borne et en France.

Cette opinion a donc tout ce qu'il faut pour être co ndamnée ; mais si le gouvernement de l'Eglise n'est pas aristocratique , il est donc monarchique, et s'il est monarchique , comme il Test certainement et invinciblement, quelle autorité recevra Tappel de ses décisions ?

Essayez de diviser le monde chrétien en patriarcats , comme le veulent les Eglises schismatiques d'Orient ; chaque patriarche , dans cette supposition, aura les privilèges que nous attribuons ici au Pape , et l'on ne pourra de ^méme appeler de leurs décisions ; car il faut toujours qu'il y ait un point où l'on «^arrête. La souveraineté sera divisée, mais toujours on la retrouvera; il faudra seulement changer le symbole et dire : Je crois aux Eglises divisées et indépendantes .

C'est à cette idée monstrueuse qu'on se verra amené par force ; mais bientôt elle se trouvera perfectionnée encore par les princes temporels qui , s'inquiétant fort peu de cette vaine division patriarcale, établiront l'indépendance de leur Eglise particulière, et se débarrasseront même du patriarche , comme il est arrivé en Russie. De manière qu'au lieu

d'une seule infaillibilité qu'on rejette comme un privilège trop sublime , nous en aurons autant qu'il plaira à la politique d'en former par la division des états. La souveraineté religieuse , tombée d'abord du Pape aux pa« triarches , tombera ensuite de ceux-ci aux synodes ; et tout finira par la suprématie an-^ glaise et le protestantisme pur ; état inévitable, et qui ne peut être que plus ou moins retardé ou avoué partout oh le Pape ne règne pas.

Admettez une fois l'appel de ses décrets » il n'y a plus de gouvernement , plus d'unité , plus d'Eglise visible.

C'est pour n'avoir pas saisi des principes aussi évideos, que des théologiens du premier ordre y tels que Bossuet et Fleury , par exemple, ont manqué l'idée de l'infaillibilité, de manière à permettre au bon sens laïque de sourire en les lisant.

Le premier nous dit sérieusement que la doctrine de rinfaillibiliùé n'a commencé qu'au concile de Florence (i) ; et Fleury encore plus précis nomme le dominicain Cajetan , comme l'auteur de cette doctrine, sous le pontificat de Jules IL

On ne comprend pas comment des honmies ,

(i) Hist. de Bossuet Pièc. jaslific. da VI.« Uv. p, 39a.

d'ailleurs si distingués» ont pu confondre deux idées aussi différentes que celles de croire et de soutenir un dogme*

L'Eglise catholique n'est point argumentatrice de sa nature ; elle croit sans disputer , car la foi est une croyance par amour ^ et Tamour n'argumente point.

Le catholique sait qu'il ne peut se tromper ; il sait de plus que s'il pouvoit se tromper, il n'y aurcât plus de vérité révélée , ni d'assurance pour l'homme sur la terre , puisque toute société dù^inement instituée suppose VinfaUUbilité ^ comme l'a dit excellemment l'illustre Mallebranche,

La foi catholique n'a donc pas besoin, et c'est ici son caractère principal qui n'est pas assez remarqué; elle n'a pas besoin, dis-je, de se replier sur elle-même , de s'interroger sur sa croyance et de se demander pourquoi elle croit; elle n'a point cette inquiétude dissertatrice qui agite les sectes. C'est le doute qui enfante les livres : pourquoi écriroit-elle donc , elle qui ne doute jamais ?

Mais si l'on vient à contester quelque dogme , elle sort de son état naturel, étranger à toute idée contentieuse ; elle cherche les fondemens du dogme mis en problème; elle interroge l'antiquité; elle crée des mots surtout, dont

sa bonne foi n'avoit nul besoin, mais qui sont devenus nécessaires pour caractériser le dogme, et mettre entre les. novateurs et nous une barrière étemelle*

J'en demande bien pardon à Tombre illustre de Bossuet ; mais lorsqu'il nous dit que la doc*trine de XinfailUbiUté a commencé au XrV*« siècle , il semble se rapprocher de c^s mêmes hommes qu'il a tant et si bien combattus.

Les protestans ne disoient-ils pas aussi que la doctrine de la transsubstantiation n'étoit pas plus ancienne que le nom ? Et les ariens n'argumentoient-ik pas de même contre la consuhstantialité ? Bossuet , qu^il me soit permis de le dire , sans manquer de respect à un aussi grand homme , s'est évidenunent trompé sur ce point important. Il faut bien se garder de prendre un mot pour une chose , et le commencement d'une erreur pour le commencement d'un dogme. La vérité est précisément le contraire de ce qu'enseigne Fleury.

Car ce fut vers l'époque qu'il assigne, que l'on commença, non pas à croire y mais à disputer sur XinfaûUbiUté ( i). Les contestations élevées

(i) Le premier appel au futur concile est celui qui fut émis par Taddie au nom de Frédéric II, en i24S« On dit qu'il y a du doute sur cet appel , parce qu'il

SUT la suprëmatie du Pape, forcèrent d'examiner la question de plus près , et les défenseurs de la vérité appelèrent cette suprématie infaillibilité^ pour la distinguer de toute autre souveraineté ; mais il n'y a rien de nouveau dans l'Eglise, et jamais elle ne croira cpie ce qu'elle a toujours cru. Bossuet veut-il nous prouver la nouveauté de cette doctrine ? qu'il nous assigne une époque de l'Eglise, où les décisions dogmatiques du St. Siège n'étoient pas des lois : qu'il efface tous les écrits où il

fut fait au Pape et au concile plus ginirah On veut que le premier appel incontestable soit celui de Duplessis, émis le i3 juin i3o3 ; mais celui-ci est semblable i Tautre, et montre un embarras excessif. Il est fait au concile et au Saint Siige apostolique fCt à celui et à ceux à qui et auxquels il peut et doit être le mieux porte de droit. ( Nat Alex, in sec. XIU et XIV, art 5 , §11.) Dans les quatre-vingts ans qui suivent, on trouve huit appels dont les formules sont: Au St, Siige , au sacré collège ^ au Pape futur ^ au Pape mieux informé , •au concile^ au tribunal de Dieu ^àla très^ainte Trinité^ à JésuS'Christ enfin, (Voy. le doct Marchetti , crité de Fleuiy , dans l'append. pages 287 et 260. } Ces inepties valent la peine d'être rappelées ; elles prouvent d'abord la nouveauté de ces appels , et ensuite l'embarras des appelans qui ne pouvoient confesser plus clairement l'absence de tout tribunal supérieur au Pape, qu'en portant sagement Tappei à la très-sainte Trinité.

a prouvé le contraire avec unn logique accablante , une érudition immense^ une éloquence sans égale ; qu'il nous indique surtout le tribunal qui examinoit ces déci^dons et qui les réformoit.

Au reste , s'il nous accorde , s'il nous prouve , s'il nous démontre que les déarets dogmatiques des Souverains Pontifes ont toujours fait loi dans F Eglise^ laissons-le dire que la doctrine de rinJaiUibilité est nouvelle : qu'est-ce que cela nous fait ?

les ëvêques étant moralement, physiquement et géographiquement impossible, pourquoi chaque province catholique ne députeroit- ^ elle pas aux états-généraux de la monarchie ? Les communes n'y ayant jamais été appelées , et l'aristocratie étant de nos jours et trop nombreuse et trop disséminée pour pouvoir y comparoître réellement, même à beaucoup près , que pourroit-on imaginer de mieux qu'une représentation épiscopale ? Ce ne seroit au fond qu'une forme déjà reçue et seulement agrandie; car dans tous les conciles on a toujours reçu les pleins pouvoirs des absens. De quelque manière que ces saintes assem* blées soient convoquées et constituées , il s'en faut de beaucoup que l'Ecriture sainte fournisse en faveur de l'autorité àes conciles , aucun passage comparable à celui qui établit l'autorité et les prérogatives du Souverain Pontife. Il n'y a rien de si clair , rien de si magnifique que les promesses contenues dans ce dernier texte ; mais si l'on me dit , par exemple : Toutes les fois que deux ou trois personnes sont assemblées en mon nom , je serai au milieu if elles ; je demanderai ce que ces paroles signifient , et l'on sera fort empêché pour m'y faire voir autre chose que ce que j'y vois , c'est-à-dire une promesse faite

< «9) aux hommes , que Dieu daignera prêter une oreille plus, particulièrement miséricordieuse à toute assemblée dliommes réunis pour le prier.

D'autres textes prôteroient à d'autres dîfficullës ; mais je ne prétends pas jeter le moindre doute sur YinfaillibUité d'un concile général ; je dis seulement que ce haut privilège y il ne le tient que de son chef à qui les promesses ont été faites. Nous savoiis bien que les portes de V enfer ne prévaudront pas contre t Eglise ; vasàs pourquoi? A cause de Pierre ^ sur qui elle est fondée. Otez ce fondenoent, conunent seroit-elle infaillible, puisqu'elle n'existe plus ? U faut être^ si je ne me trompe , pour être quelque chose.

Ne l'oublions jamais : aucune promesse n'a été faite à l'Eglise séparée de son chef, et la raison seule le devineroit , puisque l'Eglise , comme tout autre corps moral , ne pouvant exister sans unité, les promesses ne peuvent avoir été faites qu'à Funité, qui disparoit inévitablement avec le Souverain Pontife.

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