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rope au-dessus de cette Eglise gallicane, qui possédoit tout ce qui plaît à Dieu et tout ce qui captive les hommes , la vertu, la.science, la noblesse etlopulence?
Veut-on dessiner la grandeur idéale ?
qu on essaie d'imaginer quelque chose qui surpasse Fénélon, on n y réussira pas.
Gharlemagne, dans son testament, légua à ses fils la tutelle de l'Eglise ro- ' maine. Ce legs , répudié par les empe^ reurs allemands , avoit passé comme une espèce de fidéi-commis à la couronne de France. L'Eglise catholique pouvoit être représentée par une ellipse. Dans l'un des foyers on voyoit S. Pierre , et dans l'autre Charlemagne : l'Eglise gallicane avec sa puissance , sa doctrine , sa dignité , sa langue , son prosélytisme , sembloit quelquefois rapprocher les deux centres , et les confondre dans la plus magnifique unité.
Mais , ô foiblesse humaine ! ô déplorable aveuglement ! des préjugés détes* tables que j'aurai occasion de développer
dans
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dans cet ouvrage , âvoietit totalement perverti cet ordre admirable , cette relation sublime entre les deux puissances.
A force de sophismes et de criminelles manœuvres y on étoit parvenu à cacher au roi très - chrétien lune de ses plus brillantes prérogatives ^ celle de présider (humainement) le système religieux ^ et d'être le protecteur héréditaire de l'unité catholique. Constantin s'honora jadis du titre àiévêque extérieur. Celui de souverain pontife extérieur ne flattoit pas l'ambition d'un successeur de Char« lemagne ; et cet emploi , offert par la Providence , étoit vacant ! Ah ! si les rois de France avoient voulu donner main-forte à, la vérité , ils auroient opéré des miracles ! . Mais que peut le roi , lorsque les lumières de son peuple sont éteintes f II faut même le dire à la gloire immortelle de l'auguste maison , l'esprit royal qui l'anime a souvent et très-heu* reusement été plus savant que les aca* demies^ et plus juste que les tribunaux.
Renversée à la fin par un orage surnaturel , nous avons vu cette maison si précieuse pour l'Europe , se rfelever par un miracle qui en promet d'autres , et qui doit pénétrer tous les Français d'un religieux courage j mais le comble du malheur pour eux , seroit de croire que la révolution est terminée, et que la co^ lonne est replacée , parce qu'elle est relevée. Il faut croire , au contraire , que l'esprit révolutionnaire est sans compa* raison plus fort et plus dangereux qu'il ne l'étoit il y a peu d'années. Le puis-»
sant usurpateur ne s'en servoit que pour lui. Il savoit le comprimer dans sa main de fer, et le réduire à n'être qu'une espèce de monopole au profit de sa cou-»
ronne. Mais depuis que la justice et la paix se sont embrassées^ le génie mauvais a cessé d'avoir peur j et au lieu de s'agiter dans un foyer unique , il a produit de nouveau une ébuUition générale sur une immense surface.
Je demande la permission de le ré-^
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péter : la révotutîon française ne ressemble à rien de ce qu'on a vu dans les temps passés* Elle est satanique dans son essence (i). Jamais elle ne sera totalement éteinte que par le principe contraire , et jamais les Français ne reprendront leur place jusqu'à ce qu'ils aient reconnu cette vérité. Le sacerdoce doit être l'objet principal de la pensée souveraine. Si j'avois sous les yeux le tableau des ordinations , je pourrois prédire de grands ëvénemeus. La no*" blesse française trouve à cette époque l'occasion de faire à l'état un sacrifice digne d'elle. Qu'elle offre encore ses fils à l'autel comme dans les temps passés !
Aujourd'hui , dn ne dira pas qu'elle n'ambitionne que les trésors du sanctuaire. L'Eglise jadis l'enrichît et l'illustra ; qu'elle lui rende aujourdhui tout ce qu'elle peut lui donner j l'éclat de ses grands noms^ qui maintiendra
(0 Considérations sur la France* Cbap* X, $ 3.'
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lancienDC opinion et détenninera une foule d'hommes à suivre des étendards portés par de si dignes mains : le temps fera le reste. En soutenant ainsi le sacerdoce , la noblesse française s'acquittera d'une dette immense qu'elle a contractée envers la France, et peut-être même envers l'Europe. La plus grande marque de respect et de profonde estime qu'on puisse lui donner, c'est de lui rappeler que la révolution française qu'elle eût sans doute rachetée de tout son sang , fut cependant en grande partie son ouvrage. Tant qu'une aristocratie pure , c'est-à-dire professant jusqu'à l'exaltation les dogmes nationaux , environne le trône , il est inébranlable, quand même la foiblesse ou l'erreur viendroit à s'y asseoir j mais si le baronnage apostasie , il n'y a plus de salut pour le trône , quand même il porteroit St. Louis ou Charlemagne ; ce qui est plus vrai en France qu'ailleurs. Par sa monstrueuse alliance avec
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le mauvais principe , pendant le dernier siècle , la noblesse française a tout perdu ; c'est à elle qu'il appartient de tout réparer. Sa destinée est sûre , pourvu qu elle n'en doute pas j pourvu qu'elle soit bien persuadée de l'alliance naturelle , essentielle , nécessaire , franr çaise du sacerdoce et de la noblesse.
. A l'époque la jjIus sinistre de la révolution , on a dit : Ce nest pour la noblesse quune éclipse méritée. Elle rcprendra sa place. Elle en sera quitte pour embrasser un Jour , de bonne grdce ,
Des enfans qu^en son sein elle n'a point portés (i).
Ce qui fut dit il y a vingt ans , se vérifie aujourd'hui. Si la noblesse française est soumise à un recrutement , il dépend d'elle d'en ôter tout ce qu'il pourroit avoir d'affligeant pour les races antiques. Quand elle saura pourquoi il étoit devenu nécessaire , il ne pourra
(0 Considérations snr la France. Chap. X| § 3.
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plus lui déplaire ni lui nuire ; mais ceci ne doit être dit qu'en passant et sans aucun détail approfondi.
Je rentre dans mon sujet principal , en observant que .la rage anti-religieuse du dernier siècle contre toutes les vérités et toutes les institutions chrétiennes , s'étoit tournée surtout contre le Saint Siège. Les conjurés savoien( assez, et le savoîent malheureusement bien mieux que la foule des hommes bien intentionnés, que le christianisme repose entièrement sur le Soui^erain Pontife. C'est donc de ce côlé qu'ils tournèrent tous leurs efforts. S'ils avoient proposé aux cabinets catholiques des mesures directement antichrétiennes , la crainte ou la pudeur, au défaut de motifs plus nobles , auroit suffi pour les repousser ; ils tendirent donc à tous les princes le piège le plus subtil.
Hëlas ! ils ont des rois ^garé les plus sages !
Ils leur présentèrent le Saint Siège comme l'ennemi naturel de tous les
xxxîx les trônes j ils Venvironnèrent de calomnies , de défiances de toute espèce j ils tâchèrent de le brouiller avec la raison d état ; "ils n'oublièrent rien pour attacher l'idée de la dignité à celle de rindépendance. A force d'usurpations, de violences , de chicanes , d'empiété-»
mens de tous les genres, ils rendirent la politique romaine ombrageuse, lente, sournoise ; et ils l'accusèrent ensuite des défauts qu'elle tenoît d'eux. Enfin , ils ont réussi à un point qui fait trembler. Le mal est tel que le spectacle de certains pays catholiques a pu quelquefois scandaliser des yeux étrangers à la vérité , et les détourner d'elle. Cependant, sans le Souverain Pontife, tout l'édifice du christianisme est miné, et n'attend plus, pour crouler entièrement, que le développement de certaines circonstances qui seront mises dans tout leur jour.
En attendant, les faits parlent. A-t-on jamais vu des protestans s'|imuser à
écrire des livres contre les Eglises grecque , nestorienne , syriaque , etc. , qui professent des dogmes que le protestantisme déteste ? Ils 's'en gardent bien. Ils protègent au contraire ces Eglises i ils leur adressent des complimens, et se montrent prêts à s'unir à elles , tenant constamment pour véritable allié tout ennemi du St. Siège (i).
L'incrédule , de son coté , rît de tous les dissidens , et se sert de tous , parfaitement sûr que tous, plus ou moins ^ et chacun à sa manière, avancent son grand œwre , c'est-à-dire la destruction du christianisme.
Le protestantisme, le philosophisme et mille autres sectes plus ou moins perverses ou extravagantes , ayant pro-^
(i) Voyez hs Recherches asiatiques de M« Claudiut
Bucbanan, docteur en théologie anglaise, oii il propose
k l'Eglise anglicane de s'allier dans Tlnde à la syriaque,
} parce qu'elle rejette la suprématie du Pape ^ in-8«*
Londres, 184a » page 28$ à aSy.
digîeusement diminué les vérités parmi les hommes (1)9 le genre humain ne peut demeurer dans letat où il se trouve.
Il s'agite , il es( en travail , il a honte de llii-même, et cherche, avec je ne sais quel mouvement convulsif , à remonter contre le torrent des erreurs , après s'y être abandonné avec l'aveuglement systématique de l'orgueil. A cette époque mémorable, il m'a paru utile d'exposer, dans toute sa plénitude, une théorie également vaste et importante , et de la débarrasser de tous les nuages dont on s'obstine à l'envelopper depuis si longtemps. Sans présumer trop de mes efforts , j'espère cependant qu'ils ne seront pas absolument vains. Un bon livre n'est pas celui qui persuade tout le fnonde , autrement il n'y auroit point de bon livre î c'est celui qui satisfait complètement une certaine classe lie lecteurs
(i) Diminutm sunt vtritates àjiliis hominum. Ps. XI, T. 2.
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à qui l'ouvrage s adresse particulièrement,» et qui du reste ne laisse douter personne ni de la bonne foi parfaite de Tauteur, ni de Tinfatigable travail qu'il s'est imposé pour se rendre maître de son sujet, et lui trouver même, s'il étoit possible , quelques faces nouvelles. Je me flatte naïvement que , sous ce point de vue, tout lecteur équitable jugera que je suis en règle. Je crois qu'il n'a jamais été plus nécessaire d'environner de tous les rayons de l'évidence une vérité du premier ordre , et je crois de plu§ que la vérité a besoîil de la France.
J'espère donc que la France me lira encore une fois avec bonté ; et je m'es-' timerois heureux surtout si ses grands personnages de tous les ordres, en réfléchissant sur ce que j'attends d'eux , venoient à se faire une conscience de me ré^futer*.
Moi 1817.