CHAPITRE X
OtÉMOIGNAGES DE L'ÉGLISE RUSSE , ET PAR ELLE TÉMOIGNAGES DE L'ÉGLISE GRECQUE DISSIDENTE.
On nç liça pgis ei^a ^s un çxtrême intérêt ^ les témoijgnages lun[iineux et d'autant plus précieux, qu'ils sont peu connus , que l'Eglise russe nous fournit contre elle-même , sur Fimportante gestion de la suprématie du Pape* Ses livres rituels présentent à cet égard des confessions si claires, si expresses, si puissantes , qu'on a peine à comprendre comment la conscience qui consent à les prononcer, refuse de s'y rendre (i). Si ces livres ecclésiastiques n'ont point encore été cités , il ne faut pas s'en étonner. Ëmbarrassans par le format et le poids , écrits en slave , langue ,
(i) J'ai su que depuis quelque temps on rencontre dans le commerce, tant à Moscou qu'à St-Pëtersbourg, quelques exemplaires de ces livres mutilés dans les endroits trop frappans ; mais nulle part ces textes décisifs ne sont plus lisibles que dans les exemplaires d oii ils ont été arrachés»
^iDiqtie très^ticfaa et farès^belle) aussi étrao* gère que le sanscrit à nos yeux età nos oreiUes^ imprimes en caractères repoussans^ enfouis dans les églises, et feuilletés seulement par des liomBE^es profondément inconnus au. monde , il est tout simple cpie, jusqu'à ce moment, on n'ait pas fomllé eette mme; il est temps d'y descendre»
L'Eglise russe consent donc à chanter l'hymne suivante : » saint Pierre , prince » des apôtres ! primat (ipostoUque I pierre » inamovible de la foi , en récompense de ta p confession y éternel fondement de F Eglise^ ^ pasteur du troupeau, parlant (i) i porteur » des clefs du eid^ du eiUre tous les apôtres » pour être après Jésus - Christ le preinier >» fondement de la sqinte Eglise , réjouis 4oi /-— j» réjouis-toi , colohnç inébranlable de la foi 3» orthodoxe^ chef du collège apostçliqufi ip) !p
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(i) PaSTUIR slovbskaoo stada (loquentis gregis), G^est-à-flire les hommes , suÎTant le gënie de la langue Mlawe» (Test Vanimal parlunt ou Vame parlante des Hébreux, et Fhomme articulateur d'Homère. Toutçs ces expressions des langues antiques sont très -justes : Hkomme n'ëtant homme , c'est-à-dire intelligeiifê (}ud par la parole.
(a) AxAPHisn 8BBMITCKKU ( Prières hebdoma»
daires ). iV. B. On n*a pu se procurer ce livre en cri-
Elle ajoute : « Prince des apôtres ^ tu as tout ^ quitté et tu as suipi le Maître en lui disant : }> Je mourrai açec toi ; açec toi je piprai dune » vie heureuse : tu as été le premier é^éque de ï> Rome, r honneur et la gloire de la très-grande » i^ille : sur toi s'est affermie l'Eglise (i )• »
La même Eglise ne refuse point de répéter dans sa langue ces paroles de S» Jean Chrysostdme :
^ Dieu dit à Pierre^ cous êtes Pierre, et il » lui donna ce nom parce que sur lui, comme
giiial. La citation est tirée d'un autre livre , mais très-exact , et qui n*a trompe dans aucune des citations qu*on a empruntées de lui et qui ont ëtë vérifiées* Suivant ce dernier livre , les Akaphisti sedmitchnu furent imprimées à Mohiioff, en 1698. L'espèce d*hymne dont il s^agit ici, porte le nom grec d'i^^f , ( c*est-à-dire série ) ; elle appartient à Toffice du jeudi , dans Foctave de la fôte des apôtres.
(0 MiN£iA MESATCHNAJA ( Vies des saints pour chaque mois ). Elles sont divisées en la volumes, un pour chaque mois de Tannée ; ou en quatre, un pour trois mois. L'exemplaire qu'on a entre les mains est de cette dernière espèce. Aux vies des saints, les dernières éditions ajoutent des hymnes et autres pièces, de manière que le tout seroit peut-être nommé plus exactement Office des saints. Moscou, i8i3, in-fol. 3o juin» Recueil en Tbonneur des saints apdtres.
]i» Sur la pierre solide^ Jésus-^Christ Jonàa son'
» Eglise j et les portes de F enfer ne prévaudront
j» point contre ellet; car le Créateur luirméme
» en ayant posé le fondement çu'il affermit
» par la foi, quelle force pourroit s'apposer à
» lui (i)P Que pourrois-je donc ajouter aux
>> louanges de cet apôtre, et que peut -on
3» imaginer aur-delà du discours du Sauveur ,
n qui appelle Pierre heureux , qui l'appelle
» Pierre; et qui déclare que sur cette Pierre
3» il bâtira son Eglise (2). Pierre est lapierre ^
» le fondement de la foi (3) ; c'est à ce Pierre ^
(0 Saint Cbryaoetdme traduit en slave dans le livre rituel de TEglise rosse, intitule PaoLOG* Moscou, 1677, in-fol. Cest un abrégé de la vie des saints y dont on lait Toffice chaque jour de l'année. On y trouve aussi des sermons , des panégyriques de saint Chrysostdme et autres pères de TEgiise , des sentences tirées de leurs ouvrages , etc* La citation rappelée par cette note appartient à Toffice du 29 juin. Elle est tirée du 3«^ sermon de saint Jean Chrysostâme y pour la fête des apôtres saint Pierre et siunt PauL
(2) Saint Jean Cbrysostôme. Ibid. Second sermon« (à) Trio OFOSTNAJA ( Ritualis liber qyadragisimafis). Ce livre contient les offices de TEglise russe , depuis le dimanche de la septuagésime jusqu'au samedi-saint* ( Moscou , 1811 , in-fol. } Le passage cité est tiré de Tolfice du jeudi de la deuxième semaine*
» r apôtre supfémêy que lé Seignear iahméme ff a dosmé Fautorité ^ en loi cfismit : Je te w donne les defs: du ciel ^ ekt^ Que dirons-nous vt donc à Pierre ? O Pierre , objet d^ com-»
i» plaisances de l'Eglise, lumière de Tunirers^ f» colombe immaci^e , prince des apôtres ( i )^ f^ source de Foiihodoxie (2). i>
L'Eglise rlisse , qui parfe en termes si magni«< fiques du prince des apôtres , n'est pas moins diserte sitf le compte de ses soccesseurs > fen citerai quelques exetnpfes :
!.•» et ».• « Après lamart de 5. Pierre et de ses deux ^^^•^ » successeurs , Clé^nt tint sagement à Rome y^ le gouvernail de la barque , qui est t Eglise » de Jésus^Christ (3) ; et dans mie hjmfie fl» à l'honneur de ce même dûment ^ l'Eglise » tusse lui dit r Martyr de Jésus^Chtist y dis^ » ciple de Pierre , tu imitas ses i^ertus dii^ines , » et te montras ainsi le irritable héritier de » son trône (4)« »
Ui 11 un \t
, (0 fttotôG. ( ubi éupra ) 29 juin. L«*, IL* et ID.* discours dé saint Jean Cbrysostôme.
(2) Natcralo rnAvosLAViiA. Lt i^rôlog* d'après saint Jean Cbrysost Ibtd. 29 fuin.
(3} MnvBiA MÉ^ATCRNAïA. Office du 1 5 janvier. J^aitiàk ( bymne }. Stropb. 11.
(4> MiNm TCHBTiitH. C*e9t la Vie des saiùts, par Demitri hostôfski y qui est un saint de FEglise russe.
Elle (îîi aii pape St. Sylvestre : « Tu ei 4,* siècle. i> le chef au saefé ûdnkik ; tu as ûhistré lé » trôhè du pirtnce des apôtres (i) ; divin chef » des saints ëuéçùes , hi a^ conjinné la doctrine if> dùmiè , tu a^ Jhrmé ta botùche ihipie des » hérétiguès (2). »
Èlïé dît à S. Lëon : << Quel nom te chnnèrat^ s,^ aièoie» » je aujourd'hui? Te nolmherâi-)e ie h^àut » rherçeUleùx et le ferme dppui de là vérùé ;. ^% {^én&àble chef du suprême conàile (3) ; le » successeur au trône suptéhte de S. Pierte^ h rhëritier de tihi>incible Pierre et ie ^uccéÈ-^ » seur de son empire (4)-'^>^'
Ènfe dît à S. Martin : « Tu honoreras te trôné 7.« siècle. V dù^in de Pierre j et c'est en maint enani VÈgKsé » sur cette pierre inébranlable , (jue tu aè iHùS" » tré ton hom (5) y très-^gldrieu'x tnattré de
< Moscou ) i8iS«) aS novembre. Vie de saint Clëment^ pape et martyr.
(i) Mn^EiA MBSATCHNAiA, 29 novembre. Hymne
(2) Ibid. 2 i^n^iër. St. âylvésiré , ^apè. llymne h.«
(3) Ibîd. 16 février. St. Léon, pape. Hymne ViU.
— Ibld. extrait ^'i !▼.* dise, au concile de Chafcédoide.
(4) WliïïÊiÀ MBSÀTCHNÂiA. 16 ftvriér. itymne Vïlf.
— Strophes !.'« et Vin.«» q^ç.
(5) Ibid. 14 avril. Saint Martin , pape, tiymne VlU,
êftCêf*
» toute doctrine, ortho^xe ; organe \}éridupie * des préceptes sacrés (i) , autour duquel se n réufurent tout le sacerdoce et toute rortho-* SI doxie , pour anathématiser thérésie (2), » «.• liède. ï^^^ h vie dç S. Grégoire 1} , un ange dit au saint Pontife : « Dieu (a appelé pour qv^ tu » sois Tévéque souverain de son Eglise^ et lesuc^ » censeur de Pierre le prince des apôtres (3). »
Ailleurs , la même Eglise présente à l'admiration des fidèleb , la lettre de ce S« Pontij||^ écrivant à Tempereur Léon Flsaurien, aif&ujet du culte des images : a C'est pourquoi nous , » comme revêtus de la puissance et de la sou- . ^ VTOAiNETÊ {godspodstw ) dç S. Pierre , nous 9 cous défendons , etc. (4)- »
Et dans le même recueil qui a fourni le texte précédent , on lit un passage de S. Théodore Studite, qui dit au pape Léon III (5) : « O toi, y> pasteur suprême de l'Eglise qui estsous le ciel, » aide nous dans le dernier des dangers; remplis 1 . ■ 1 ' I - Il '■ *
(I) Pboi«. 10 avril. Stichiri (Cantiq.)^ hymne YUL
(:t) Paoloo. i4 <^Vi'ÎI* St. Martin, pape.
(3) l\|liN£i TCHETiiKH. 12 xnars* St. Grégoire» pape,
(4) S^OBORMC, in-fol. Mosçoii, i8o4* C'est un reoueil dç sermpns et d'ëpîtres ^es pere$ dç TEglise, adopte pour l*u$age de TEglUe russe*
(5) C>st ce péme Xhëudoire Studite qui e#t cité jaut liaut) pag. 59,
(89) p la place de Jésus-^Christ. Tenda-^nous unç » main protectrice pour assister notreEgUse de
V Oonstantinople ; montre-toi le successeur du » premier Pontife d^ ton nom. Il sévit contre » l'hérësie d'Eutychès; sévis à ton tour contre ». celle des iconoclastes (i). Prête Toreille à 3» nos prières , ô. toi y chef et prince de Vapos- » tolat , choisi par DieU même pour être le j> pasteur du troupeau parlojd (2) / car tu es » réellement Pierre^ puisque tu occupes et » que tu fais briller le siège de Pierre. C'est » à toi que Jésus-Christ a dit : Confirme tes
V frères. Voici donc le temps et le lieu 3f> d'exercer tes droits ; aide-nous , puisque » Dieu t'en a donné le pouvoir; car c'est pour 5> cela que ty, es le prince de tous (3). »
Non contente d'établir ainsi la doctrine catholique par les confessions les plus claires^ VEglis^ russe consent encore à citer des fait^ qui mettent dan3 tout son jour l'application de la doctrine.
Ainsi , par exemple , elle célèbre le pape S. Célestin, « qui^ ferme par ses discours et
(0 SoBORKic. Vie de S. Théodore Studite. 1 1 novemb.
(2) V id. su p. p. H3«
(3) SoBo^Niu Le^r^s de & Théodore Studite Ub.II, épiât XUi
t90 ii par ses ééui^ès dahs là Ooîè giiê lui Wdténi » tracée les apôtres , déposa rftSfof-àis , pap tn'arcKe dé Constantinople , après avoir mis Si à dëcouçeri dart^ ses lettres les blasphème^ yi de det hérétique (t) ; y>
Et le pape S. Agàpiet, « çui déposa Théré^ » ti^ue Antime^ patridrchè dé Constantinople ^ D lui dit anathètiit ; satra ensuite Mennos , y* personnage dune doctrine irréprochable ^ éi j4 le plaça sur le même siège de Côristanti-^ % riôpte (2) ; »
Et le pape S. Martin , « qui s^élûHça comme * un lion sur les impies , sépara dé P Eglise I» de Jésus-Christ Cyrus, pairiafthe djtle±ari- » drie; Serge ^ patricif-che dé ConstdrUtnople ; » Pyrf-hus et toiis leuts ddhérèns (3). r>
Si Voitï cfeiriande comirtéht une Eglise, qui récite fom les jotirs de pareils tëmofignages , filé Cependant avec obstinatiori la suprématie du tape, je réponds qu'on ert mehé aujourd'hui par ce qu'on a fait hier; tju'li tCest pas afeé d'effaté*» les litui^es^ dnti^es et
(1) ProLog. 8 avril. S. Cëïestin , pape*
(â) Ibid/ S. Àgape!, pape. — Article répëfë 2$ août S« MenDas ( ou Minnas ) , suivant la prononciation grccqtie ittoderné, teprésentëe par rorthographc slave*
(3) MiNEiA MESATCHNAïA. x4 avril. S. Martin, pap*
C90 qvton le» suit par habitude ^ thème en lei contfedisanl paf système ; qtf enfin les pré-» jugés à la fois les plus afveugles et les plud incurables, sont les préjugés reîîglèUx. Dans ce genre on n'a droit de s^étoitner de rien.
Les témoignages , au reste , sont d'autant plus précieux , qu'ils frappent en même temps sui* I^lisé grecque , mère de FEgfise russe , quJ n'est pfos sa fille (i). Mai» les rits et les
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(O H est assez ^riimun dVntendfé corifondré ittn9f les ôOÉivetiâlions rfiglise rosse et TEgllse grecque. Rkn cependant ti*est pkls ëvidemnwot hux. La première fut à la vérité, dans son principe, province du patriar-' cat grec ; mais il lui est arrivé ce qui arrivera nécessairement i toute EgHse non caihofique, qui, parla seule force des choses, finira tou)ours par ne dépendre que de son souverain temporel. On parle beaucoup de là stÉprtmaHé àngficdne ; cependant elle ti'â rien dé ^
patHiculier à f Angleterre \ caf on ne citera pas une senle Ëgfisé serrée qi^ fie soit pas sous la domination absolue de la ptiîssanee eivile. Parmi les cathdiqtres tfiéme, nWûns-nous pas vu TEglise gallicane humifiée , entravée , asservie par les grandes ttiagîstratures, à mesure et en proportion /t/^r^f de ce qu'elle se lai^!R}it folletneot émanciper envers la puissance pontificale? Il tif a donc plus d'Ëgfise grecque hors de la Grèce ; et celle de Russie n*est pas plus grecque qu'elle n^est copte ou arménienne. Elle tsi seule daOs le monde chrétieo , non moins étrangère au P'ape quelle méconnoft, qu*auf patriarche grec séparé, qui passeroit'
(90 livres liturgiques ëtant les mêmes , un homme passablemenl robuste perce aisément les deux Eglises du même coup , quoiqu'elles ne se touchent plus.
On a vu d'ailleurs, parmi la foule des témoignages accumulés daris les chapitres précédens , ceux qui concernent l'Eglise grecque en particulier; sa soumission antique au Saint Siège est au rang de ces faits historiques qu'il n'y a pas moyen de contester. B y a même ceci de particulier , que le schisme des Grecs n'ayant point été une affaire de doctrine, mais de pur orgueil, ils ne cessèrent de rendre hommage à la suprématie du Souverain Pontife , c'est-à-dire de se condamner eux-mêmes
pour un ÎDsensë s'il s'avisoit d^envoyer un ordre quelconque i Saint-Pétersbourg* L'ombre même de toute coordination religieuse a disparu pour les Russes avec leur patriarcbe; TEglise de ce grand peuple, entièrement isolée, n'a plus même de chef spirituel qui ait un nom dans Thistoire ecclésiastique. Quant au saint synode , on doit professer, à Tégard de chacun de ses membres pris à part, toute la considération imaginable ; imais en les contemplant en corps, on n'y voit plus que le consistoire national perfectionné par la présence d*un représentant civil du prince qui exerce précisément sur ce comité ecclésiastique la même suprématie que le Souvendn exerce surTEglise en générale
(93) jusqu'au moment où ik se séparèrent de lui , de manière que l'Elglise dissidente mourant à runitéjTa confessée néanmoins par ses derniers soupirs.
Ainsi, Ton vit Photius s'adresser au pape Nicolas I.«' , en 869 , pour faire confirmer son élection ; 'l'empereur Michel demander à ce même Pape des légats pour réformer l'Eglise de C. P. , et Photius lui-même tâcher encore , ' après la mort d'Ignace , de séduire Jean VIII , pour en obtenir cette confirmation qui lui manquoit (i).
Ainsi, le clergé de C. P. en corps recouroit au pape Etienne , en 886 , reconnoissoit solennellement sa suprématie, et lui demandoit', conjointement avec l'empereur Léon , une dispense pour le patriarche Etienne , frère de cet empereur, ordonné par un schismatique (2).
Ainsi , l'empereur Romain , qui avoit créé son fils Théophilacte patriarche à l'âge de
(1) Maimbourg. Hist. du schisme des Grecs, tom. I, liv. I, an 859« Ibid. Le Pape dit dans sa lettre : Qu'ayant le pouvoir et l'autorité de dispenser des décrets des conciles et des Papes ses prédécesseurs ^ pour de justes raisons^ etc. ( Joh. epist CXCIX, CC et CCU, tom. IX, Gon£f edit. Par. )
Ibid. liv. III, an io54*
(94) seke ^ns , recourut en 998 ^u pape Jean Xlf pour en o|>t^nir les fiispenses nepess^es, e|: fui dem^i4er en pièffi^ temps quç le palliunp fut accordé * par lui au patriarche , ou plutôt p Tf^Use 4^ C« P-9 i|ne fois pour toutes , sans qu'à revenir chaque patriarche fût obligé de le demander à sqn tpur (1). % .
î Ainsi, Teippereur Basile, en Y m Ï019, en-*
VQ^oit encore des ambassadeurs au papç Jean 3PL , afin d'en obtenir , en fjaveur du pa^ triarche de C. P. , le titre de patriarche œcu^ méniçue à Tégard de TOrient , comme h Pap§ en JQuissQit sur toute la terre (2).
]Eltrange contradiction dç l'esprit humain!
Les Grecs reqonnoissoient la souveraineté du Pofitife romain, en lui demandant des grâces; puis il^ se séparoient d'elle parce qu'elle leur résistoit : c'étoit |à recpnnoître encore , et se confesser expressément rebelles en se déclarant indépendans.
Saint François de Sales terminera ce chapitre. U eut jadis Tingénieuse idée de réunir les dlfférens titres que l'antiquité ecclésiastique a donnés aux Souverains Pontifes et k
(i) Ibid. Liv. III , A. gSS , p. aSG.
(a) Ibi(L p« 271. W
leur sif^ge. C^ tal^le^u es)t piqpa^l f t n^ peu^ manquer de faire une grande impression sur les bons esprits.
Le Pape est 4ppc appelé , /
Le très -saint Eyéque de TEglise ConciU de SoUions ^ «U 3oo catholique. Ey?{^ues»
Le très-saint ç| |rès-h^iirçi:^ Patnarcbe.
Le très-henrenx Sei|;neDf.
Le Patriarche uQ^yersel'
Le Chef de l'EgU^ç du monde.
VE^éi^t ëlevë aa fiatte apostolique.
Le Père des Pèrç^.
1^ Souverain Pontife desEv^qoes. I^em , in prc^*
Le Souverain Prêtre. Co/ir. de ChaUéd, sess, XVI»
Le Prince des Prêtres. Etienne ^ ^t^uede Carthage»
Le Préfet de la Maison 4ç IHen , Concile de Cartkage ^ epist. tt le Gajrdien <^e la VigQC df^ ad Damtfsum»
Seigneur.
Le Vicaire de J. Ç.| le Confirma- St» Jérôme y praf, in evçpç^ tenr de la Foi des Chrétiens. ad Damasum,
Jbid, tom, VII» ConciL Sf. August, epist, $5.
St, Léon , P. epist^ 62.
Innoc, ad FF, Coficif, mHçpit,
St. Cyprien , epist, ÎIJ^ XII, Concile de Chalcéd, sess, III,
Le Grand-Prêtre.
Le Souverain Po^i^tife.
Le I^npe des Etêques* L'Hëptier des Apôtres.
Ahraham par le patriarcat^ Melchisëdech P9r l'ordrç^
Moïse par Vautoritë.
5j)muël par la juridiction.
Pierre par la puissance Qirist pai l'ooction.
Valentinien , et a*^^ lidtput^
Fanti^uité, Concile de Chalcéd, in epist
ad Theod, imper, Ihid,
St, Bernard ^ lib, Decoasid, St, Amhroise , in 1 Tim, lit.
Concile 4^ ChaUéd, epist, a^
Leonem, St, Bernard^ epist, 1 90.
id. ihid, et in lip. De cpnsid.
Ihid.
Ihid,
Le Pastenr de U Bergerie de J. C. Id. HB» 2. De eontid. Le Porte -Clef de la Maison de
Dieu.
là, ibtd» c* t.
Le Pasteur de tous les Pasteurs.
Ibid.
Le Pontife appelé à U plénitude
de la puissance.
Ibid.
St-Pierre fut la Bouche de J^ C.
St, Ckrysostéme , hom, II ^ im
divers, serm.
La Bouche et le Chef de l'Apos-
tolat.
Orig, hom, LV^ in Matth.
La Chaire et TEglbe principale.
Si. Çjrprien , épist. LV, 0d
Comel,
L'Origine de l'unitë sacerdotale.
Id. epist, III ^ a.
Le Lien de l'unitë.
Id. ibid. IV, a.
L'£gli8e où réside la puissance
principale ( potentior Princi"
paUtas ).
Id ibid, III, S.
L'Eglise « Racine » Matrice de ton- St, Anactet , pape , epist. ad
tes les autres. om/i. Episc. et Fidèles.
Le Siège sur lequel le Seigneur a St. Damase , epist. ad univm
construit l'Eglise universelle. - Episc,
Le Point cardinal et le Chef de St. MarteUin , P. epl^t. ad
toutes les Eglises. Episc. Antioch.
Lt Refuge des Evéques. Concile d'Alex, epist. ad Fe*
lie. P,
\ Le Siège suprême apostolique. St. Athanase.
L'Eglise présidente. L*emper. Justin, inl.%, cod»
de sum Trinit, Le Siège suprême qui ne peut
être jugé par aucun autre. St. Léon , in nat, SS. Apost»
L'Eglise préposée et préférée à Victor dtVtique^ in lib. De
toutes les autres. perfect.
Le premier de tous les Sièges. ' St. Prosper, in lib. De ingrat,
La Fontaine apostolique. St. Ignace^ epist. ad Rom. in
subscript.
Le Port très-s&r de toute Commo- Connfe de Rome 9 sous St»
nion catholique. Oélasem
( 97 ) La réunion de ces différentes expressions est tout-à-fait digne de l'esprit lumineux qui distinguoit le grand évéque de Genève. On a vu plus haut quelle idée sublime il se fonhoit de la suprématie romaine. Méditant sur les analogies multipliées des deux testalnens , il insistoit sur l'autorité du grand -prêtre des Hébreux. « Le nôtre , dit S. François de Salés , » porte aussi. sur sa poitrine VUrùn et le » Thammim ^ c'est-à-dire la doctrine et la vérité.
» Certes , tout ce qui fut accordé à la ser- » vante Agar , a bien dû l'être à plus forte » raison à l'épouse Sara (i). »
Parcourant ensuite les différentes images qui ont pu représenter l'Eglise, sous la plume des écrivains sacrés : « Est-cei une maison » » dit-il ? Elle est assise sur son. rocher , et sur » son fondement ministériel , ifui est Piètre^ î> Vous la représentez-voUs comme une^â- » mille ? Yoyez Notre-Seigneur , qui paye le 3f> tribut comme chef de la maison , et d'abord » après lui S. Pierre conune son représentahL » L'Eglise est-elle une barçue ? S. Pierre eu
(0 Controversés de S. Fi'ançois de Sales. Disc. XL ^ P^* ^47* y^ cité les sources d apris lui. On ne peut aroir des doutes sur un tel transcriptenr ; et d^ailieurs une vérification détaillée m'eût été impossible. TOM* I. 7
( 98 ) » est le véritable patron , et c'est le Seigneur » lui-mértië qui me l'enseigne. La réunion » opérée par l'Êglîse est -elle représentée par » une pêche ? S. Pierre s'y itiontre le premier , » et les autres disciples ne pèchent qu'après lui. » Veut-otl comparer la doctrine iqui nous est » préchéè ( poilt nous tirer des grandes eaux ) n au filet d'un pêcheur ? C'est S. Pierre qui le » jette : c'est S. Pieriî'e qui le retire : les autres » disciples ne sont que ses aides : c'est S. Pierre » qui présente le^ poissons à Notre-Seigneur. » Voulei-vdus que l'Eglise soit représentée n par une ambassade ? S. Pierre est à la tête. >> Aittiëz-vous mieut que ce soit un royaume ? » S. Pierre en porte les clefe. Voulez- vous enfin >* vous là représenter sous l'image d'un bercail » d'agneaux et de brebis ? S. ' Pierre en est >> le berger et le pasteur général sous Jésust* Ghrisi (i). >>
Je ti*ai pu tne re^fiiser le plaisir de faire parier un instant ce gratid et aimable saint , parce qu'il me foutnit Une de ces observations générales , si précieuses dans les ouvrages où les détails ne sont pas permis. Examinez l'un après l'autre les grands docteurs de l'Eglise catliolique ; à mesure que le principe de sainteté a dominé cHefc eux , vous les trou-
(0 Controverses de S* Franc, de Sales. Disc. XLU.
(99) ver^z toujours plus fervens envers le Saint Siège , plus pénétrés de ses droits , plus attentifs à les défendre. C'est que le 6* Siège n'a contre lui que l'orgueil qui est immolé par la saintetéé
Eji contemplant de sang froid cette masse entraînante de témoignages , dont les différentes couleurs produisent dans Un fo}er <[n>mmun le blanc de Tévidence , on ne sauroit être surpris d'entendre un théologien français des plus distingués , nous confesser franche-* ment qu!il est accablé par le poids des témoigrumes que Bdlarmin et dautres ont ras-semblés , pour établir t infaillibilité de P Eglise romaine ; mais qu'il nest pas aisé de les accorder açec la déclaration de 1 682 , dont il ne lui est pas permis de s'écarter (i)é
C'est ce que diront tous les hommes libres de préjugés. On petit sans doute disputer sur ce point comitie on dispute sur tout ; mais la conscience est entraînée par le nombre et par le poids des témoignages.
(i) Non dissi mul a n d um 4st in UtntA Usiîmom^mm mole quœ Bellarminus et alii congerunt , nos recognos^ cere êpostolicœ sedis seu rom* Eccl. certam et infalli-^ bilem audoritatem ; at longé diJficiUus est ea conciliare cum declarationt cleri gallicani f à quâ recedere nohis non permittitur. ( Toumely , Tract, de Ecoles, part. II, quaest Y ^ art 3. )
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