‹ Du pape (volume 4)Chapitre 9 sur 52 · XXVIJ · texte numérisé non relu

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il résulta une nation extraordinaire, destinée à jouer un rôle étonnant parmi les autres , et surtout à se retrouver à la tête du système religieux en Europe.

Le christianisme pénétra de bonne heure les Français , avec une facilité qui ne pou voit être que le résultat d'une affinité particulière. L'Eglise gallicane n'eut presque pas d'enfanee ; pour ainsi dire en* naissant elle se trouva la première des Eglises nationales et le plus ferme appui de l'unîtéL

Les Français eurent llionneur unique et dont ils n'ont pas été à'beaucoup près assez orgueilleux , celui d'avoir cons* titué (buifiainement) l'Eglise catholique dans le moBdf^, en élevant son auguste Chef au rang indispensablement dû à ^^% fonctions divines ^ et sans lequel il n^eût été qu'un patriarche de Oonstan* tinople 9 déplorable jouet des sultans chrétiens et des autocrates musulmans.

Charlemagne, le trisntégiste moderne, éleva ou fit reconnoitre ce trône, fait

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pour ennoblir et consolider tous les autres. Gomme il n y a pas eu de plus grande institution dans l'univers ^ il n'y en a pas , sans le moindre doute , où la main de la Providence se soit montrée d'une manière plus sensible ; mais il est beau d'avoir été choisi par elle ^ pour être rinstrumpnt éclairé de cette merveille unique.

Lorsque , dans le moyen . âge , nous allâmes en Asie , l'épée à la main , pour essayer de briser sur son propre terrein ce redoutable croissant^ qui menaçoit toutes les libertés de l'Europe, les Français furent encore à la tête de cette immortelle entreprise. Un simple par*^ ticulier y qui n'a légué à la postérité que son nom de baptême , orné du modeste surnom d'Ermite , aidé seulement de sa foi et de son invincible volonté, souleva l'Europe, épouvanta l'Asie, brisa la féodalité , anoblit les serfs , transporta le flambeau des sciences, et changea l'Europe.

Bernard le seconda ; Bernard ^ le prodige de son siècle et Français comme Pierre, homme du monde et cénobite mortifié 9 orateur , bel esprit , homme d'état y solitaire , qui awit lui^méwe au* dehors plus inoccupations que la plupart des hommes nen auront jamais ; consulté de toute la terre , chargé dtune infinité de négociations importantes ^ pacificateur des états y appelé aux conciles , portant des paroles aux rois^ instruisant les éuéques^ réprimandant les papes , gouvernant un ordre entier j, prédicateur et oracle de son temps (i).

On ne cesse de nous répéter qu'aucune de ces fameuses entreprises ne îéussit. Sans doute aucune croisade ne réussit , les enfans ménoie le savent ; mais toutes ont réussi ^ et c'est ce que les hommes même ne veulent pas voir.

Le nom Français fit une telle im--

(O Bourdaloue, semu sur la fuite du monde, i/* partie.

pression en Orient , qu'il y est demeuré comme synonyme de celui d'Européen; et le plus grand poète de l'Italie, écrivant dans le XVI.® siècle , ne refuse point d'employer la même expression (i).

Le sceptre français brilla à Jérusalem et à Constantinople. Que ne pou voit-on pas en attendre ? Il eût agrandi l'Europe , repoussé l'islamisme etsuffoqué le schisnie; malheureusement il ne sut pas se maintenir.

Magnis tamen expiait ausis*

Une grande partie de la gloire littéraire des Français , surtout dans le grand siècle, appartient au clergé. La science s'opposant en général à la propagation des familles et des noms (2) ,

( I ) J/ popol Franco. ( Les croises y Varmée de Godefroi.) Tasso.

(2) De là vient aans^ doute l'antique préjuge sur rincompatibilîtë de la science et de la noblesse , prëjugë qui tient, comme tous les autres, à quelque chose de caché. Aucun savant du premier ordre n'a pu créer une race. Les noms même du XVIL® siècle, fameux dans les sciences et les lettres , ne subsistent déjà plus.

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