DÉFINITION ET AUTORITE DES CONCILES
Ainsi, les conciles oecuméniques ne sont et ne peuvent être cfaeh parlemeni ou les états-généraux du christianisme rassemltéspar Taut<mtè et sous la présidence du souverain. Partout où il y a un souverain (et dans le système catholiqae le souverain est incontestable) , il ne peut y avoir d'assemblées nationales et légitimes sans lui. Dès qu'il a dit veto , l'assemblée est dissoute, ou sa force colégislatrice est suspendue ; si elle s'obstine , il y a révolutioù.
Cette notion si simple , si incontestable , et qu'on n^â)raiilera jamais , expose dans tout son jour l'immense ridicule de la question si débattue, si le Pape est au-dessus du concile , ou le concile au-dessus du Pape ? Car c'est demander en d'autres termes, si le Pape est au-dessus du Popt, ou le concile au-dessus du concile P
Je crois de tout mon cœur^ avec Leibnitz, que Dieu a préservé jusquHci les conciles véritablement œcuméniques de toute erreur contraire à la doctrine scdutaire^. Je crois de plus qu'il les en préservera toujours; mais puisqu'il ne peut y avoir de concile oecuménique sans Pape , que signifie la question , «'i7 est aurdessus ou au-dessous du Pape P
(i) Leibnitz , Nour. essais sar Tentend. hamain , page. 461 el suiv. Pensées , tom. II , p. 45. iV. -B. Le mol véritablement est mis là pont ^earter le coneile de Trente, dans sa fameasc correspondance ayec BossiKi*
Le roi d'Angleterre est-il au-dessus du parlement, ou le parlemeat au-des6;us du roi? Ki l'un , ni ^'autre ; mais le roi et le parlement réunis forment la législature ou la souveraineté; et il n'y a pas d'Anglais raisonnable qui n'aimât mieux voir son pays gouverné par un roi sans parlement , que par un parlement sans roi.
La demande est donc précisément ce qu'on appelle en anglais un non sens^.
Au reste , quoique je ne pense nullement à contester • l'éminente prérogative des conciles généraux, je n'en reconnais pas moins les embarras immenses qu'entraînent ces grandes assemblées , et l'abus qu'on ea fit dans les premiers siècles de l'Eglise. Les empereurs grecs , dont la rage théologique est un des grands scandales de l'Ustoire , étaient toujours prêts à convoquer des conciles » et lorsqu'ils le voulaient absolument, il fallait bien y con- ^ntir ; car l'Eglise ne doit refuser à la souveraineté qui s'obstine , rien de ce qui ne fait naître que des inconvénients. Souvent l'incrédulité moderne s'est plue à faire remarquer l'influence des princes sur les conciles, pour nous apprendre à mépriser ces assemblées , ou pour les s^rer de l'autorité du Pape« On lui a répondu mille et mille fois sur l'une et l'autre de ces fausses conséquences ; mais du reste qu'elle dise ce qu'elle voudra sur ce sujet , rien n'est plus indifierent à l'Eglise catholique , qui ne doit ni ne peut être gouvernée par des conciles. Les empereurs , dans les premiers siècles de l'Eglise , n'avaient qu'à vouloir pour assembler un concile, et ils le voulurent trop souvent. Les Evoques , de leur c6té , s'accoutumaient à re*
(1) Ce n*est pas que je prétende assimiler en tout le goisTernemeiit de TEglise à celui de TAngleterre où les itaU-géniraux sont permanent». Je ne prends de la comparaison qpie oe qm wrt à ëtoUir mon raisonne'