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garder œa JUsseiBblées e(mune un tribunal permanent ^ toujours Qpve^t m wble H m doute ; de là vient la men* tion feéquaQte qu'ils çp fout dan& leurs écrits, et l'extrême importance qu'ils y attachèrent» Mais s'ils avaient va d'autres temps , s'ils avaient réfléchi sur les dimensions du globe, et s'ils avaient prévu ce qui devait arriver un jour dans le monde , ils auraient bien senti qu'un tribunal accidentel , dépendant du caprice des princes , et d'une réunion excessivement rare et difficile , ne pouvait avoir été choisi pour régir l'Eglise étemelle et universelle. Lors donc que Bossuet demande avec ce ton de supériorité cpi'on peut lui pardonner sans doute plus qu'à tout autre hon^e : Pourquoi tant de amcileSj si la démm dps Papes suffisait à V Eglise? le ordinal Orsi lui répond fort à propos : « Fie le demandez point à nous, « ne le demandez point aux papes Damase, Célestin , « Agathon, Adrien, Léon, qui ont foudroyé toutes les < hérésies, di^puis Ariiis jusqu'à Eutychès, avec le con* « sentement de l'Eglise, ou d'un^ ioun^nse majorité, et « qpi n'ont jamais ipaaginé qu'il fût besoin de oonciles « oecuméniques pour les réprimer, Pemandei^-le aux em- « pereurs grecs , qui ont voulu absolument les conciles , « qui les ont convoqi^és, qui ont eipgé ressentiment des « Papes , qui ont excité inutilement tout œ fracas dans « l'Eglise *. »
Au Souverain PQ^Uf^ seul aj^pûrtient essentiellement le droit de convoquer les coi^iles généraux , ce qui n'exclut point l'influeoace modérée et légitima des souverains. Lui «cul pei^t juger d^ drcoï^lÉ^nces qMÎ exig^t ce remède extrême. Ceux qui ont prétendu attribuer cp pouvoir à
(1) Jos. Aug. Orsi. De irreformabUi rom. Pontificîs in definiendif fidei controTersiis, judicio. Romœ, 1772, iii-4, tom. III , lib. II , cap. ÎI , pag. 183 , 184.
i^stutorité temporelle , n'ont pas fait attention à Tétrange paralc^sme qu'ils se permettaient. Us supposent une monarchie universelle et de plus étemelle ; ils remontent toujours sans réflexion à ces temps où toutes les mitres pouvaient être convoquées par un sceptre seul , ou par deux. V empereur seul, dit Fleûry , pouvait convoquer les conciles universels , parce quHl pouvait seul commander aux Evêques de faire des voyages extraordinaires j dont le plus souvent il faisait les frais, et dont il indiquait le ,
lieu Les Papes se contentaient de demander ces assetnr-
blées et souvent sans les obtenir^.
Eh bien I c'est une nouvelle preuve que l'Eglise ne peut être régie par les conciles généraux, Dieu n'ayant pu mettre les lois de son Eglise en contradiction avec celles de la nature , lui qui a Mi la nature et l'Eglise.
La souversdneté politique n'étant de sa nature ni universelle, ni indivisible, ni perpétuelle, si l'on refuse au Pape le droit de convoquer les conciles généraux , à qui donc l'accorderons-nous? Sa Majesté Très-Qirétienne ap* pellerait-elle les Evéques d'Angleterre , ou Sa Majesté Britannique ceux de France ? Voilà comment ces vains discoureurs ont abusé de l'histoire ! Et les voilà encore bien convaincus de combattre la nature des choses , qui veut absolument, indépendamment même de toute idée théologique , qu'un concile oecuménique ne puisse être cou» voqué que par un pouvoir œcuménique.
Mais comment les hommes subordonnés à une puissance, puisqu'ils sont convoqués par elle, pourraient-ils être, quoique séparés d'elle, au-dessus d'elle? L'énoncé seul de cette proposition en démontre l'absurdité*
On peut dire néanmoins, dans un sens trè^nrai , jfiie Ut
(i) NoaT. opusc. ât Fleury , p. Ii8.
pmtcik universel est au-dessus du Pape; car comme il lié saurait y avoir de concile de ce genre sans Pape , si l'oïil veut dire que le Pape et Tépiscopût entier sont au-dessus' du Pape, ou, en d'autres termes, que le Pape ^eziZ ne peut revenir sur un dogme décidé par lui et par les Evoqua réunis en concile général, le Pape et le bon sens en demeureront d'accord.
Mais que )es Evêques séparés de lui et en contradiction avec lui , soient au-dessus de lui , c'est une proposition à laquelle on fait tout l'honneur possible , en la traitant seulement d'extravagante.
Et la première supposition même que je viens de faire, ^ on ne la restreint pas rigoureusement au dogme , ne contente phis la bonne foi , et laisse subsister une foule de difficultés.
Où esf la souveraineté dans les longs intervalles qui séparent les conciles œcuméniques ? Pourquoi le Pape ne pourrait-il pas abroger ou changer ce quHl aurait fait en concile, s^U ne s^ agit pas de dogmes, et si les circonstances VexigenJt impérieusement ? Si les besoins de l'Eglise appelaient une de ces grandes mesures qui ne souffrent pas de délai, comme nous l'avons vu deux fois pendant la révolution française^ , que faudrait-il faire? Les jugements du Pape ne pouvant être réformés que par le concile général, qui assemblera le concile P Si le Pape s'y refuse, qui le forcera ? et en attendant , comment l'Eglise sera-l-elle gouvernée , etc. , etc. ?
(1) D'abord , à l'époque de rEglise consUtntionneUe et du serment cmqne , et depuis à celle da concordat. Les respectables Prélats qui cru* reot devoir résister au Pape , à cette dernière ëpoque , pensèrent que la question était de savoir ti le Pape t'était trompé : tandis qu'il s'agissait de MToir mUI fallait obéir quand même il te teraiê trompé , ce qui abrégeait
hrt Ja discussion.
Tout nous ramène à la décision du bon sens , dictée par la plus évidente analogie , que la huile du Pape^ parlant seul de sa chaire, ne diffère des canons prononcés en concile général , que comme, par exemple , l'ordonnance de la marine , ou des eaux et forêts , différait pour des Français de celle de Blois ou d'Orléans.
Le Pape, pour dissoudre un «concile comme concile, n'a donc qu'à sortir de la salle en disant : Je n'en suis plus; de ce moment ce n'est plus qu'une assemblée, et un conciliabule s'il s'obstine. Jamais je n'ai compris les Français lorsqu'ils affirment que les décrets d'un concile général ont force de loi, indépendamment de l'accota tion ou de la confirmation du Souverain Pontife ^.
S'ils entendent dire que les décrets du concile, ayant été faits sous la présidence et avec l'approbation du Pape on de ses légats, la bulle d'approbation ou de confirmation qui termine les actes , n'est plus qu'une affaire de forme, on peut les entendre ( cependant encore comme des chicaneurs) ; s'ils veulent dire quelque chose de plus,~ ils ne sont pas supportables.
MaiSf dira-t-on peut-être, d'après les disputeurs modernes, si le Pape devenait hérétique^ furieux , destructeur des droits de TEglise , etc. , quel sera le remède?
Je réponds en premier lieu , que les hommes qui s'amusent à faire de nos jours ces sortes de suppositions , quoique pendant dix-huit cent dix-sept ans elles ne se soient jamais réalisées , sont bien ridicules ou bien coupables.
En second lieu, et dans toutes les suppositions ima-
d) Bergier, Dict. thëol. art. eoitt^iles, n. lY; mais pins bas, a a B* V » S 3 > il met an rang des caractères de rœcum^nicitë la conTOcatioo fait* par le SouTeraia Pontife, ou son consentement. Je me sais commeni •n peut accorder ces deux teilat.
lioaUes , je demande à mon tour : Que ferait-on si le roi
d'Angleterre était incommodé au point de ne pouvoir plus }
remplir ses fonctions? On ferait ce qu'on a fait , ou peut- ^
être autrement ; mais s'ensuivraittil par hasard que le
parlement fut au-dessus du roi? ou qu'il puisse déposer
le roi? ou qu'il puisse être convoqué par d'autres que
par le roi , etc., etc,, etc. ?
Plus on examinera la chose attentivement , et plus on se convaincra que , malgré les conciles et en vertu même des conciles, sans la monarchie romaine il n'y a plus d'Eglke.
Veut-on s'en convaincre par une hypothèse très-simple? Il suffit de supposer qu'au XVP siècle ^ l'Eglise wientale séparée, dont tous les dogmes étaient alors attaqués ainsi que les nôtres , se fût assemblée en concile ceeuménique , à CoDsUudtinople , à Smyrne , etCé , pour dire anathème aux nouvelles erreurs , pendant que nous étions assemblés à Ti'ente pour le même objet ; où aurait été l'Eglise? Otez le Pape , il n'y a plus moyen de répondre.
Et si les Indes , l'Afrique et l'Amérique , que je sup^ pose également peuplées de chrétiens de la même espèce , avaient pris le même parti, la difficulté se complique, la confusion augmente , et l'Eglise dispar^tl.
Ck)nûdérons d'ailleurs que le caractère œcuménique ne dérive point, pour les conciles, du nombre des Evêques \
qm' les composent ; il suffit que tous soient convoqués : ensuite vient qui veut et qui peut. Il y avait cent quatre^ vingts Evêques à Constantinople en 381 ; il y en avait mille à Rome en 1139 , et quatre-vingt-quinze seulement dans la même ville en 1513 , en y comprenant les Cardi^ naux. Cependant tous ces conciles sont généraux; preuve évidente que le concile ne tire sa puissance que de son chef; car si le concile avait une autorité propre et indé*
pendante, le nombre ne pourrait être indifférent; d'autant plus que dans ce cas , l'acceptation de TEglise n'est plus nécessaire , et que le décret une fois prononcé est Irrévocable. Nous avons vu le nombre des votants diminuer jusqu'à quatre-vingts ; mais comme il n'y a ni canons ni cou^ tûmes qui fixent des limites à ce nombre , je suis bien le maître de le diminuer encore jusqu'à des bornes que j'ignore. Et à quel homme à peu près raisonnable fera-t-on croire qu'une telle assemblée ait le droit de conunander au Pape et à l'Eglise?
Ce n'est pas tout; si dans un besoin pressant de l'Eglise , le même zèle qui anima jadis l'empereur Sigismond, s'emparait à la fois de plusieurs princes , et que chacun d'eux rassemblât un concile , où serait le concile œcuménique et l'infaillibilité?
La politique va nous fournir de nouvelles analogies.