‹ Du PapeChapitre 5 sur 61 · V. T. h. et T. 0. S · texte numérisé non relu

V. T. h. et T. 0. S

Maistrb.

Tarin , le li déïcmbro IftSO.

Monsieur ,

f ai été malade , fori occupf et fprt ennuyé : c'est ce qui m'a privé jusqu'à présent du plaisir de répondre à Votre diarmante lettre du 16 octobre, que j'ai cependant toujours tenue sous mes yeux «

è .••*•« • Je vous répète , Monsieur , que jamais il n'y a eu entre nous l'ombre mèaie de discussion. Il y a plus y jamais M* Baillot ne m'a rqpondu un mot ; son projet arrêté était le silence» Le prix ayant été proposé à Chambéry > et nullement rejeté, je répétai ici la proposition* M. Baillot prit m W qui voulait dire fort bien; et le lendemain il m'appprta ses quatre obligations dont il ne m'avait pas dit le mot, et je les signai de mon côté sans &ire une ol]jectioA ; cax je n'y entends riea. Au pren^itf moment oii j'entendis prononcer le nom do perte, j'envoyai un ami chez M« R* pour lui ofirir d'an* nuler le marché : il ne le voulut pas ; cependant il a toujours continué à parler de ses pertes. On a contrat mon ouvrage en Flandres : je le crois. Il fallait y en envoyer une pacotille et baisser les prix. La seconde édition avance , mais lentement. Dieu veuille que tout ne finisse pas par une froideur qui ressemble à une brouillerie. M* R* m'a fait le» plus vives instances pour avoir mes Soirées de Saini-Pétersbourg , mais il n'y a pas eu moyen. Ma fenune , d'ailleurs , à qui j'ai fait présent de mon ma*

huscrit , préfère s'adresser à Paris. Tous ces malentendus et contretemps m'ont ennuyé à Texcès.

Quant à vous ^ Monsieur , c'est toute autre chose; vtms rrC aimez totUbas j dites-vous, depuis trente ans. Vous ne sauriez croire à quel point cette charmante expression m'a touché. Je ne puis vous la renvoyer, puisque je n'avais pas l'honneur de vous connaître. Ce que je puis bien vous assurer , c'est que mes premières relations m'ont inspiré pour vous une confiance sans bornes. Vous l'avez vu et vous le verrez encore mieux^ quand vous lirez la seconde édition. Certainement, Monsieur, l'ouvrage vous appartient en grande partie, ce qui motivait complètement la proposition que j'avais cru pouvoir vous adresser. Cependant , vous la repoussez d'une manière qui ne me permet ?as d'insister.

Qtianquam ô mais, puisque vous le voulez , taisons-nous donc au moins pour ce moment. J'espère , Monsieur, que mon ouvrage demeurera toujours dans votre bibliothèque comme un monument qui vous sera cher à double titre; mais je ne cesserai de penser , en le voyante que sans vous il n'existerait pas , ou qu'il vaudrait beaucoup moins. À Rome , on n'a point compris cet ouvrage au premiercoup d'œil ; mais la seconde lecture m'a été tout à fait &vorable. Us sont fort ébahis de ce nouveau système , et ont peine à comprendre comment on peut proposer à Rome de nouvelles vues sur le Pape ; cependant , il fautl)ien en venir là. — Il peut se faire que la seconde édition soit dédiée au Pape ; ce point n'est pas encore déddé.> Dès que cette œuvre sera terminée , je mettrai fin au second volume des Soirées de Saint-Pétershourg. Le premier est Eût et parfait, et déjà il a pris son vol vers la grande

Lutèce. Les Soirées sont mon ouvrage chéri. J'y ai versé ma tête; ainsi, Monsieur, vous y verrez peu de chose peut-être, mais, au moins, tout ce que je sais^ j'y ai fait entrer un cours complet d'iUuminisme moderne, qui ne manquera pas de vous amuser. C'est le temps , au reste , qui est mon grand persécuteur; il me tue. Monsieur^ la tête me tourne; et la formation même de mes lettres en est sensiblement affectée, conmie vous le voyez. Imposé par force , je ne sais plus à quoi tenir. Sur cela , Monsieur, je prends congé de vous en vous renouvelant Fassurance (le tout mon attachement et de ma vive reconnaissance ,

Votre très-humble et très-obéissant serviteur.^

1)eM.

P. S. Voilà mon secrétaire intime (M^** Constance) qui m'ordonne de décacheter, pour vous &ire ses compliments particuliers. Elle a toujours sur le ccmr , mais dans le bon sens, une certaine lettie charmante qu'elle a reçue de vous.

À M. BtuM ( Cwré de Saini-Nifitr, dqfmis Evêi/ue

deMeUi)*

22 juin 1819.

«OnSIEUA L'Allié,

Je reçois votre accablante lettre du 1 7 ; ah ! mon Dieu ^ qud malheiirl^ yms^ésméinen ALcèrûBomi, Mcôsieur, et vous n'aurez pas de peine à me croire; que dans ce moment je belj^uis penser à mon livre. Pauvre M. Depl. I Le cœur me battra jusqu'à la réception de votre première letiTOb GeâéSté tne Ait owe ipè«r ^ue je ne |mfe vous décrtre. Au inomeBt'On j'a| reçu voire deriMère lettré^ j'en ooBdmôigais «me grande à cet «xceB^tèommé^ qui de* yak'servir d'dcoepq[>agsénient 4iux feuiilesci'^ointes. 11 &ut bien^ Monsieur l'Abbé, que vous nous prêtiez la main pour nous tirer de cet abyme. Je ne répugne pas à votre idée de publier le l^** volume. Hais l'avis qui doit précéder, que deviendra-t-il? Enfin ^ sur ces détails du 2® ordre, je ne puis que me fier à vous. Pour la première fois depuis le commencement de notre longue correspondance, je me suis trouvé contraire à votre docte ami. Non-seulemept je n'ai pu reculer , mais puisqu'il m'était impossible de changer d*avis, je l'ai renforcé par un morceau logique que j'ai rendu aussi concluant qu'il m'a été possible; car, lorsque vous avez contre vous des honunes tels que M. D. , il faut faire bonne nûne et redoubler de force jusqu'à l'impertilienoe ; je ne dis pas même tout à foit exclusivement. Quant

aux autres x^bservations , j'ai fait honneur avec ma docilité ordinaire.

J'ai toujours prévu que votre ami appuyerait particu* li&rement la main sur ce livre V^. Je ferai tous les diangements possibles, mais probablement moins qu'il ne vou* drait. À Tégard de Bossuet , en particulier , je ne refuserai point d'affiadblir tout ce qui n'affaiblira pas ma ^cause. Sur la défense de la Déclaration, je céderai peu , car ce livre étant un des plus dangereux qu'on ait publié dans ce genre , je doute qu'on l'ait encore attaqué aussi vigoureusement que je l'ai foit. Et pourquoi , je vous prie , affaiblir ce plaidoyer? Je n'ignore pas l'espèce de monarchie qu'on accorde en France à Bossuet ; mais c'est une raison de l'attaquar plus fortement. Au reste, H, l'Abbé , nous verrons* SiVl. D. est longtemps malade ou convalescent , je relirai moi-même ce V^ livre , et je neinanquerai pas de faire disparaître tout ce qui pourrsiit choquer. J'excepte de ma rébeUion rartide du jansénisme. Il faut dter aux jansénistes le plaisir de leur donner Bossuet. Quawpmtn 6....

Vous avez grandement raison , M* FAbbé , celui qui e$i $UT les Ueux, etc. £epend$Uit voici qui me .paraît foitt, — Si TépiicopuA trùmphe U $t réuAlùf ce grand événement n'est possible qu'en vertu d'une révolution dahs l'ei^prit pvbUcrn '^ Ergo , mon livre sera inutile. Qu'en pensezvous? Cependant, je ne dis point ceci dogmatiquement; je m'en nq)por,te à vous,

liais j'enreviens toujours^ cetlemaladie. Quel maHieHr! quel chagrin ! quel contretemps I Fous ne panvex entrer dans son eabinei. Qu'estrce que cela signifie , bon .Dieu ^

Il &tttque je m'arrête. Àurevoiri, M. l'Abbé,

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