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Toria , 18 septembre 1S20.
Mon siEum ,
J'ai In avec on extrême plaisir votre longue et intérêt santé lettre du 8. Vous m'apprenez bien des choses et vous m'en expliquez beaucoup. Puisque vous y omisentez^ f envoie le H. S. directement à M. R. J!aurais peur d'être fade , si je vous répétais l'expression de ma reconnaissance. Elle est véritablement sans bornes. Vous jugerei en me lisant que jamais on n'a p^jËdre plus d'honneur aux observations d'un homme en qui l'on a toute confiance. Il n'y a pas une de vos objections sur laquelle je n'aie &it droit. Peut-être méme^ Monsieur, vous ne me trouverez pas gauche tout à fait, lorsque j'ai épousé vos idées et que je vous ai donné place dans l'ouvrage. Vous verrez.
Voici l'histoire de l'avis des éditeurs^ C'est moi qui ai tort, parce que j'aurais dû vous écrire directement. J'ai profilé avec reconnaissance de vos éloges, parce que la fiction reçu^ permet de supposer que je ne vous ai pas lu; inais dans une seconde édition^ n'est-ce pas comme si j'écrivais au bas de la page : Fu et approuvé. J'ai été saisi d'une telle honte que je ne puis vous l'exprimer. C'est ce que je mandai un jour à H. R. , pensant que ma correspondance était commune entre vous; et puis je n'y ai plus pensée comme il m'arrive ordinairement. Une af- Taire , si elle n'est pas importante , tombe pour ainsi dire de ma mémoire, et fait place à une autre. — Je vous ré-^
pète que j*aî manque en n écrivant pas à vous pour cette suppression. Aujourd'hui je vous dis mon cas de conscience. Tirez-moi de là , si vous pouvez. Il m'en coûte beaucoup de me séparer de cet avant-propos dont la suppression faira Qsic) tort à la deuxième édition; mais d'un autre côté , comment m'absoudre de la plus gauche vanité^ si Favis reparaît ? Sur mon honneur , je n'y vois goutte.
J'ai beaucoup ri du haut prix payé par ce pauvre M. R. II faut que vous* sachiez , Monsieur, que jamais il n'y a eu entre nous un seul mot dit dans ce sens. M. Baillot étant venu ad hoc , vous sentez bien que je prouvais tirer mes conclusions. Gq>endant je ne lui demandais pas un centime de plus que le prix fixé par mes enfants à Chambéry , 'un mois ou deux auparavant* M. Baillot ne fit pas la plus légère objection , pas le plus léger signe de surprise , ou d'espérance contraire. Il ne me répondit qu'en me présentant son obligation. J'y lus (ce qu'il ne m'avait point dit du tout) que l'acquittement aurait lieu en quatre payements partiels , de trois mois en trois mois« Je ne fis pas plus d'objection contre cette division Cpi'il uç m'en avait fait sur la somme totale. Enfin ^ Monsieur , je puis vous le dire au pié (sic) de !a lettre , l'accord s'est &it sans parler.
Quant aux Soirées de Saini-Pétershourg et à la collection des Œuvres que m'a proposée M. R. , c'est une ïiuire aflaire; il n'y a rien de décidé.
Mais puisque nous parlons argent , pernietlcz, je vous prie , que je vous communique une idée. Rien n'est pins à nous que nos pensées. Or, les vôtres sont jointes aux
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itiieimes d'une manière qui nous rend cô-propriètâires de Touvrage. Je ne vois donc pas , Monsieur , que la délicatesse itt'empécbe de tons oirir , on que la délk^iesse vous empêche d'accepter un coupon dans le prit qui m'est dû. Si j'y voyais le moindre danger, certainement^ Monsieur , je ne m'aviserais pas de manquer à un mérite aussi distingué que le vAtre » et à un caractère dont je fais tant de ca&, en vous faisant une proposition déplacée; mais, je vous le répète : vous êtes au pié {sic) de la lettre co-propriétaire de l'ouvrage , et , en cette qualité , vous dete^ être co-partageant du prix* Si donc je vous priais d'accepter un léger intérêt, do mille francs par exemple , dans le prix qui m'est dA , cet arrangement , connu seulement de vous et de moi , n'aurait rien, ce me semble , qni pût vous déplaire. Je vous répète , sur mon honneur , que s'il pouvait porter un autre nom que celui de co-propriété reconnue, jamais une telle idée n'aurait pris la liberté de se présenter à mon esprit.
Je suis ravi que W^ votre fille vous donne une nonvelle preuve de par&ite santé ; mais je suis inconsolable qlie vous m'ôtiez l'espérance de vous voir ici. Reposexvous à la campagne, remplissez vos poumons de bon air avant de retoiu^ner à vos travaux , et si jamais le; courage vous saisit, macte animot venez-vous-en cuil limina JfOiUHoTwn, et faites-nous une visite en passant.
Tout à vous, Monsieur,