‹ Du PapeChapitre 8 sur 61 · DE LA SECONDE ÉDITION · texte numérisé non relu

DE LA SECONDE ÉDITION

En présentant au public une nouvelle édition de ce Ëvre , l'auteur croit devoir rappeler deux objections prin* cipdes qui lui sont parvenues de deux, régions directement opposées.

L'une qui est ultramonlaine^ tombe sur la manière dont il a envisagé VinfaiUihiUté. On craint qu'il ne Tait trop humanisée, s'il est permis de s'exprimer ainsi, en ne l'appuyant que sur des considérations philosophiques ; l'autre qui est gallicane , se plaint qu'il ait trop favorisé les tnaximes tdtramonktines.

Quant à la première objecllon, il est bien sàr de n'avoir pas été compris ; mais il n'est pas également sur que ce ne soit pas par sa faute : c'est donc pour lui un devoir de s'expliquer.

Dans plus d'un écrit il a trouvé l'occasion d'observer que les dogmes et même les maximes de haute disciplina

catholique ne sont, en grande partie, que des lots du monde divinisées, et, quelquefois aussi, des notions innées ou des traditions vénérables sanctionnées par la révélation.

Ce qui est dit dans cet ouvrage sur la confession et sur le célibat ecclésiastique suffit pour donner une idée de cette théorie.

L'auteur en a fait un grand usage en traitant le sujet important de Finfaillibilité. II a montré d'abord qu'en vertu des seules lois sociales toute souveraineté est infaillible de sa nature ; que lëft grands tribunaux même jouissent de cette prérogative , sans laquelle nul gouvernement ne serait possible.

Parlant de ce principe incontestable, il a dit : « Puis- « que la souveraineté est infaillible de sa nature^ Dieu <« n'a donc fait que diviniser cette loi en la portant dans « son Eglise qui est une Société soumise k toutes les lois « de la souveraineté.

« Si donc vous êtes forcés de supposer Finfoillibililé , « même dans les souverainetés temporelles ou elle n'esta « pas, sous peine de voir l'association se dissoudre, « comment pourriez- vous refuser de la reconnaître dans « la souveraineté spirituelle qui a cependant une im- « mense supériorité sur l'autre , 'puisque âun côté ce « grand privilège est seulement humainement supposé , et « que de Vautre il est divinement promis * ? »

(ij Liv. I , chap. XIX, png. 148.

xxxyii

Dans UD autre endroit de son livre , il appelle rinfaillibilité un magnifique et ditin privilège de la chaire de saint Pierre *n

Enfin il s'est plaint , et même d'une manière remarquable , à ce qu'il a entendu dire , de ceux qui ont voulu nous montrer la date de cette croyance à l'infaillibilité^.

Tous ces textes lui semblent assez clairs. Si par hasard néanmoins l'auteur , en appuyant trop sur une vérité , a pu faire soupçonner qu'il en oubliait une autre ( ce qui est arrivé à des bonunes bien au-dessus de lui) il se flatte qu'après ce qu'on vient d^fte il ne restera plus aucun doute sur ses principes.

11 ne croit pas enfin qu'il faille se montrer trop diflicile avec les hommes de bonne volonté. Quand il aurait nié ouvertement l'iafaillibilitédu Pape , dans le sens théologique , il ne serait pas plus hérétique que Bossuet , et toujours il aurait servi la cause pontificale en cherchant à prouver qu'en vertu seulement des lois générales de toute agrégation sociale , les mots de souveraineté et SinfaiU libilité sont deux synonymes naturels , de manière qu'en .aucun cas il ne saurait y ayoir appel des décisions du Saint-Siège.

Mais il le répète ; jamais il ne s'en est tenu à cette théorie générale qu'il recommande néanmoins ù tous les )K>ns esprits. L'analogie des dogmes et des usages calho-

(1) Liv. I, chap. XV , pag. 124.

(2) Liv. I , chap. 1er ^ pag. 2i et suivante».

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