‹ Du pape (volume 5)Chapitre 10 sur 41 · MISSIONS · texte numérisé non relu

MISSIONS

Jl OUR connoître les services rendus au inonde par les Souverains Pontifes, il faudroit copier le livre anglais du docteur Ryan , intitulé : Bienfaits dit christianisme ; car ces bienfaits sont ceux des Papes, le christianisnne n'ayant d'action extérieure que par eux. Toutes les Eglises séparées du Pape se dirigent chez elles comme elles l'entendent; mais elles ne peuvent rien pour la propagation de la lumière évangélique. Par elles l'œuvre du christianisme n'avancera jamais. Justement stériles

( 9^'' ) depuis leur divorce, elles ne reprendront leur fécondité primitive qu'en se réunissant à répoux. A qui appartient l'œuvre des missions? Au Pape et à ses ministres. Voyez cette fameuse Société biblique ^ foible et peut-être dangereuse émule de nos missions. Chaque année elle nous apprend combien elle a lancé dans le monde d'exemplaires de la Bible ; mais toujours elle oublie de nous dire combien elle y a enfanté de nouveaux chrétiens (i). Si l'on donnoit au Pape, pour être consacré aux dépenses des missions, l'argent que cette société dépense en bibles , il auroit fait aujourd'hui plus de chrétiens que ces bibles n'ont de pages. Les Eglises séparées , et la première de toutes surtout, ont fait ditférens essais dans ce genre; mais tous ces prétendus ouvriers évangéliques, séparés du chef de l'Eglise, res-

(i) Les maux, que peut causer cette société n'ont pas semblé douteux à l'Eglise anglicane, qui s'en est montrée plus d'une fois etirayée. Si l'on vient à recliercher quelle sorte de biens elle est destinée à produire dans les vues de la Providence , on trouve d'abord que celte entreprise peut être une préparation évangélique d'un genre tout nouveau et tout divin. tUe pourroit d'ailleurs contribuer puissamment à nous rendre l'Eglise anglicane , qui certainement n'échappera aux coups qu'on lui porte que par le principe universel.

(96) semblent à ces animaux que l'art instruit à marciier sur deux pieds et à contrefaire quelques attitudes humaines. Jusqu'à un certaiu point ils peuvent réussir; on les admire même à cause de la difficulté vaincue; cependant on s'aperçoit que tout est forcé , et qu'ils ne demandent qu'à retomber sur leurs quatre pieds.

Quand de tels hommes n'auroient contre eux que leurs divisions, iln'enfaudroit pas davantage pour les frapper d'impuissance. Anglicans y Luthériens , Moraines , Méthodistes , Baptistes^ Puritains , Quakers , etc., c'est à ce peuple que les infidèles ont affaire. Il est écrit : Comment entendront-ils , si on ne leur parle pas ? On peut dire avec autant de vérité : Comment les croira-t-on , s ils ne s entendent pas ?

Un missionnaire anglais a bien senti l'anathème , et il s'est exprimé sur ce point avec une franchise , une délicatesse , une probité religieuse qui le montrent digne de la mission qui lui manquoit.

« Le missionnaire , dit-il , doit être fort » éloigné d'une étroite bigoterie (i) et pos-

(0 Ce mot de bigoterie qui, selon son acception naturelle dans la langue anglaise , donne l'idée du zèle aveugle , du préjugé et de la superstition , s'applique

» séder un esprit vraiment catholique (i).

» Ce n'est point le calvinisme, ce n'est point

)' l'arminianisme; c'est le christianisme qu'il

« doit enseigner. Son but n'est point de pro-

» pager la hiérarchie anglicane , ni les prin-

)» cipes des dissidens protestans ; son objet est

» de servir Y Eglise universelle (2). — Je vou-

» drois que le missionnaire fut bien persuadé

» que le succès de son ministère ne repose

» nullement sur les points de séparation ,

» mais sur ceux qui réunissent l'assentiment

* de tous les hommes religieux (3). »

aujourd'hui , sous la plume libérale des écrivains anglais , à tout homme qui prend la liberté de croire autrement que ces messieurs, et nous avons eu enfin le plaisir d'entendre les réviseurs d'Edimbourg accuser Bossuet de bigoterie. ( Edimb. rev. octobre i8o3 , n,** 5 pag. 21 5.) Bossuet bigot! l'univers n'en savoit rien.

(i) Honnête homme! Il dit ce qu'il peut, et ses paroles sont remarquables.

(2) Il pépète ici en anglais ce qu'il vient de dire en grec. Catholique ^ universel., qu'importe! on voit qu'il a besoin de Vunitë qui ne peut se trouver hors de Vunii'ersalilc.

(3) Voyez Letters on missions adressed to the protestant ministers of the Brilish churches , by Melvil Home late chaplain of Sierra-Leone in Affrica, Bristol, 1794*

Nous voici ramenés à l'élernclle et vaine dislinction ties dogmes capitaux: et non capitaux. Mille fois elle a été réfutée ; il seroit inutile d'y revenir. Tous les dogmes ont été niés par quelque dissident. De quel droit l'un se préféreroit-il à l'autre? Celui qui en [lie un seul perd le droit d'en enseigner un seul. Comment d'ailleurs pourroit-on croire que la puissance évangélique n'est pas divine, et que par conséquent elle peut se trouver hors de l'Eglise? La divinité de cette puissance est aussi visible que le soleil. <« Il semble , dit » Bossuet , que les apùtres et leurs premiers » disciples aient travaillé sous terre pour i> établir tant d'Eglises en si peu de temps, « sans que l'on sache comment (i). »

L'impératrice Catherine II , dans une lettre extrêmement curieuse que j'ai lue à St-Pétersbourg (z) , dit qu'elle avoit souvent observé avec admiration l'influence des missions sur la civilisation et l'organisation politique des peuples : « A mesure, dit-elle, que la reli- « gion s'avance, on voit les villages paroître

(i) HIst. des varl. liv. VII, n.» XVI.

(2) Elle étoit adressée à un Français , M. de Meillan qui appartenoit, si je ne me trompe, à rancieu parlement de Paris.

( 99 ) » comme par enchantement, etc.» C'étoit l'Eglise antique qui opéroit ces miracles , parce qu'alors elle étoit légitime : il ne tenoit qu'à la souv^eraine de comparer cette force et cette fécondité à la nullité absolue de cette même Eglise détachée de la grande racine.

Le docte chevalier Jones a remarqué l'impuissance de la parole évangélique dans l'Inde ( c'est-à-dire dans l'Inde anglaise ). Il désespère absolument de vaincre les préjugés nationaux. Ce qu'il sait imaginer de mieux, c'est de traduire en persan et en sanscrit les textes les plus décisifs des prophètes et d'en essayer l'effet sur les indigènes (i). C e-t toujours

(i) « S'il y a un moyen humain d'opérer la conversion » de ces hommes (les Indiens) , ce seroit peut-être de » transcrire en sanscrit ou en persan des morceaux » choisis des anciens prophètes , de les accompagner » d'une préface raisonnée où l'on montreroit Taccomn plissement parfait de ces prédictions, et de répandre » l'ouvrage parmi les natifs qui ont reçu une éducation n distinguée. Si ce moyen et le temps ne produisoient » aucun effet salutaire , il ne resteroit qu'a déplorer la » force des préjugés et la foihlesse de ia r;iison toute » SEULE » ( unassisted reasnn). IV. Jonfs's Works ^ on the Gods nf Greece ., Italy and India ., tom. J, in 4-^ p. 1179, :i8o.

Il n'y a rien de si vrai ni de plus remarquahl:; que ce que dit ici sir William sur la raison jxon assistée;

( lûO )

l'erreur proleslanle qui s'obsline à commencer par la^science, tandis qu'il faut commencer par la prédication impérative accompagnée de la musique, de la peinture, des rites solennels et de toutes les démonstrations de la foi sans discussion; mais faites comprendre cela à l'orgueil !

M. Claudius Buchanan, docteur en théologie anglicane, a publié, il y a peu d'années, sur l'état du chiistianisme dans l'Inde , un ouvrage où le plus étonnant fanatisme se montre joint à nombre d'observations intéressantes (i). La nullité du prosélytisme protestant s'y trouve confessée à chaque page , ainsi que l'indiftérence absolue du gouvernement anglais pour l'établissement religieux de ce grand pays.

« Vingt régimens anglais, dit-il, n'ont pas » en Asie un seul aumônier. Les soldats viw'vent et meurent sans aucun acte de reli- » gion. (2) Les gouverneurs de Bengale et de » Madras n'accordent aucune protection aux » chrétiens du pays; ils accordent les emplois

mais pour lui comme pour tant d'autres , c'étoit une rérité stérile.

(i) Voy. Christian Researchesin Asia by the R. Clau~ dius Buchanan D.D. in-b.^London ,1812. IX,^ édition.

(2) Pag. 80.

y> préférablement aux Indous et aux Mahomé- » tans (i). A Saffera , tout le pays est au » pouvoir (spirituel) des catholiques qui en » ont pris une possession tranquille , vu l'indif- » férence des Anglais ; et le gouvernement î> d'Angleterre préiéreint juste/lient (2) la su- « perstition catholique au culte de Buddha, » soutient à Ceylan la religion catholique (3). « un prêtre catholique lui disoit : Comtnent » çoulez-çous que cotre nation s'occupe de la » coui^ersion au christianisme de ses sujets y> païens , tandis quelle refuse l'instruction y> chrétienne à ses propres sujets chrétiens (4) -^ ï> Aussi M. Buchanan ne fut point surpris ï) d'apprendre que chaque année un gj'and » nombre de protestans retournoient à l'ido- « latrie (5). Jamais peut-être la religion du y> Christ ne s'est vue à aucune époque du chris- « tianisme humiliée au point où elle l'a été

(i) Pag. 89 et 90.

(2) Il est bien bon, comme on voit! il convient que le catholicisme vaut mieux que la religion de Buddha.

(3) Pag. 92.

(4) Le gouvernement n'a point de zèle , parce qu'il n'a point de foi. C'est sa conscience qui lui ôte les forces, et c'est ce que l'aveugle ministre ne voit pas ou ne veut pas voir.

(5) Pag. 95.

» tiaiis lile de Ceylan , par la négligence qffi-

» cie/le que nous avons tîiit éprouver à l'Eglise

» proleslanle (i). L'indidérence anglaise est

» telle fjue s'il plaisoit à Dieu d'oler les Indes

» aux Anglais, il resleroil à peine sur celte

» terre quelques preuves qu'elle a été gouver-

î> née par une nation qui eut reçu la lumière

» évangélique (2). Dans toutes les stations mi-

» litaires, on remarque une extinction presque

» totale du christianisme. Des corps nombreux

j> d'hommes vieillissent loin de leur patrie dans

» le plaisir et l'indépendance , sans voir le

» moindre signe de la religion de leur pays. Il

» y a tel Anglais qui pendant vingt ans n'a pas

>) vu un service divin (3). C'est une chose bien

» étrange qu'en échange du poivre que nous

» donne le malheureux Indien, l'Angleterre

» lui refuse jusqu'au nouveau testament (4).

» Lorsque l'auteur réfléchit au pouwîr im-

(i) C'est encore ici une délicatesse du gouvernement anglais qui possède assez de sagesse pour ne point essayer de planter la religion du Christ dans un pays où lègne celle de Jcsus-Chrisl ; mais qu'est-ce qu'un ecclésiaslique officiel peut comprendx'e à tout cela?

(2) Pag. 283, note.

(3) Pag. -85 et 287.

(4) Pag. 102.

( io3 ) » mense de l'Eglise romaine dans l'Inde, et à )i l'incapacité du clergé anglican pour contre- « dire cette influence, il est d'avis que l'Eglise » protestante ne feroit pas mal de chercher » une alliée dans la syriaque , habitante des » mêmes contrées, et qui a tout ce qu'il faut » j)0ur s'alMer à une Eglise PURE, puisqu'elle » professe la doctrine de la Bible et qu'elle » rejette la suprématie du Pape (i). »

On vient d'entendre de la bouche la moins suspecte les aveux les plus exprès sur la nullité des Eglises séparées ; non-seulement l'esprit qui les divise les annulle toutes l'une après l'autre, mais il nous arrête nous-mêmes et retarde nos succès. Voltaire a fait sur ce point une remarque importante. » Le plus grand » obstacle, dit-il, à nos succès religieux dans » l'Inde, c'est la différence des opinions qui » divisent nos missionnaires. Le catholique y )> combat l'anglican qui combat le luthérien » combattu par le calviniste. Ainsi tous contre

(i) Pag. 285-287. Ne diroit-on pas que l'Eglise caiho\ic[iieproJesse les doctrines de ralcoran! Que le clergé anglais ne s'y trompe pas, il s'eu faut beaucoup que ces honteuses extravagances trouvent, auprès des gens sensés de son pays , la luème indulgence , la même compassion qu'elles renco.itrent auprès de nous.

( io4 ) » tous , voulant annoncer chacun la vérité et )> accusant les autres de mensonge, ils éton- V nent un peuple sinnple et paisible qui voit w accourir chez lui, des extrémités occiden- « taies de la terre, des hommes ardens pour » se déchirer mutuellement sur les rives du » Gange (i). »

Le mal n'est pas à beaucoup près aussi grand que le dit Voltaire qui prend son désir pour la réalité, puisque notre supériorité sur les sectes est manifeste et solennellement avoué, comme on vient de le voir, par nos ennemis même les plus acharnés. Cependant la division des chrétiens est un grand mal, et qui retarde au moins le grand œuvre s'il ne l'arrête pas entièrement. Malheur donc aux sectes qui ont déchiré la robe sa?is couture/ Sans elles l'univers seroit chrétien.

Une autre raison qui annulle ce faux ministère évangélique, c'est la conduite morale de ses organes. Ils ne s'élèvent jamais audessus de la probité, foible et misérable instrument pour tout etFort qui exige la sainteté. Le missionnaire qui ne s'est pas refusé par un

chap

(0 Voltaire, Essai sur les mœurs, etc., tom. I, lan. IV.

( io5) vœu sacré au plus vif des pencbans , demeurera toujours au dessous de ses fonctions, et finira par être ridicule ou coupable. On sait le résultat des missions anglaises à Taïti ; chaque apôtre devenu un libertin n'a pas fait difficulté de l'avouer, et le scandale a retenti dans toute l'Europe (i).

Au milieu des nations barbares , loin de tout supérieur et de tout appui qu'il pourroit trouver dans l'opinion publique , seul avec son cœur et ses passions , que fera le missionnaire humain ? Ce que firent ses collègues à Taïti. Le meilleur de cette classe est fait, après avoir reçu sa mission de l'autorité civile, pour aller habiter une maison commode avec sa femme et ses enfans, et pour prêcher philosophiquement à des sujets , sous le canon de son souverain. Quant aux véritables trav^aux apostoliques, jamais ils n'oseront y toucher du bout du doigt.

(i) J'entends dire que depuis quelque temps les choses ont changé en mieux à Taïti. Sans discuter les faits qui ne présentent peut-être que de vaines apparences, je n'ai qu'un mot à dire : Que nous importent ces conquêtes équii>ogues du protestantisme dans quelque lie imperceptible de fa mer du Sud^ tandis qu'il détruit le christianisme en Europe ?

( ^oG ) Il Taut distinguer d'ailleurs entre les infidèles civilisés et les inlidèles barbares. On peut dire à ceuv-ci tout ce qu'on veul; mais par bonheur l'erreur n'ose pas leur j)arler. Quant aux autres, il en est tout autrement, et déjà ils en savent assez pour nous discerner. Lorsque le lord Macarteney dut partir pour sa célèbre ambassade , S. M. B. fit demander au Pape quelques élèves de la propagande pour la langue chinoise; ce que le S. Père s'empressa d'accorder. Le cardinal Borgia , alors à la tête de la propagande , jjria à son tour lord Macarteney de vouloir bien profiter de la circonstance pour recommander à Pékin les missions catholiques. L'ambassadeur le promit volontiers et s'acquitta de sa commission en homme de sa sorte ; mais quel fut son étonnement d'entendre le collao ou premier ministre lui répondre que V empereur sétonnoit fort de voir les Anglais protéger au fond de VAsie une religion que leurs pères avoient abandonnée en Europe! Cette anecdote que j'ai apprise à la source , prouve que ces hommes sont instruits, plus que nous ne le croyons, des choses même auxquelles ils pourroient nousparoître totalement étrangers. Qu'un prédicateur anglais s'en aille donc à la Cliine débiter à ses auditeurs que le christianisme est

( 107 ) la plus belle chose du, monde , mais que cette relio-ion dmne fut inalhcureasenient corroinvue dans sa première jeunesse paj' deux grandes apostasies , celle de Mahomet en Orient , et celle du Pape en Occident ; que Vune et ï autre ayant commencé ensemble et devant durer 1260 ans (i), Vune et Vautre doivent tomber ensemble et touchent à leur fin ; que le mahométisme et le catholicisme sont deux corruptions parallèles et parfaitement du même genre, et quil ny a pas dans V univers un homme portant le nom de chrétien , qui puisse douter de la vérité de cette prophétie (2). Assu-

(/) En effet, les nations de\>anl fouler aux pieds la ville sainte pendant 42 mois ^ ( Apoc. , XI, 2.) il est clair que par les nations il faut entendre les Mahomélans. De plus, ^2 mois font 1260 jours, de 3o jours chacun , ceci est évident. Mais chaque jour sighifie un an, donc 1260 jours valent 1260 ans ; or, si l'on ajoute ces 1260 ans à 622, date de l'hégire, ou a 1882 ans; donc le inahoniétisnie ne peut durer au delà de l'an 1 882. Or, la corruption papale doit finir avec la corruption mahométaue ; donc , etc. C'est le raisonnement de M. Buchanan que j'ai cité plus haut. (Pages 199, 200 et 201.)

(2) Quand on pense que ces inconcevahles folies souillent encore au XIX. ^ siècle les ouvrages d'une foule de théologiens anglais , tels que les docteurs

( io8 ) rément, le mandarin qui entendra ces belles assertions prendra le prédicateur pour un fou et se moquera de lui. Dans tous les pays infidèles mais civilisés , s'il existe des hommes capables de se rendre aux vérités du christianisme , ils ne nous auront pas entendus longtemps avant de nous accorder l'avantage sur les sectaires. Voltaire avoit ses raisons pour nous regarder comme une secte qui dispute avec les autres ; mais le bon sens non prévenu s'apercevra d'abord que d'un côté est l'Eglise une et invariable, et de l'autre l'hérésie aux mille têtes. Long-temps avant de savoir son

Daubenejy, Faber ^ Cuningham^ Buchanan, Hartley , Fère , etc., on ne contemple point sans une religieuse terreur, l'abîme d'égarement où le plus juste des châtimens plonge la plus crimiDelle des révoltes. Le moderne Attila , moins civilisé que le premier , renverse de son Irône le Souverain Pontife , le fait prisonnier et s'empare de ses états. Tout de suite , la tête de ces écrivains s'enflamme , ils croient que c'en est fait du Pape , et que Dieu n'a plus de moyens pour se tirer de là. Les voilà donc qui composent des in-ectavo sur V accomplissement des prophéties ; mais pendant qu'on les imprime, la puissance et le vœu de l'Europe reportent le Pape sur son trône; et tranquille dans la ville éternelle^ il prie pour les auteurs de ces livres insensés.

( ^09 ) nom, ils la connoissent elle-même et s^en défient.

Notre immense supériorité est si connue qu'elle a pu alarmer la compagnie des Indes. Quelques prêtres français , portés dans ces contrées par le tourbillon révolutionnaire , ont pu lui faire peur. Elle a craint qu'en faisant des chrétiens, ils ne fissent des Français. (Je ne serai contredit par aucun Anglais instruit). La compagnie des Indes dit sans doute comme nous : Que cotre Royaume arrwe , mais c'est toujours avec le correctif : Et que le nôtre subsiste.

Que si notre supériorité est reconnue en Angleterre, la nullité du clergé anglais, sous ce rapport, ne l'est pas moins,

« Nous ne croyons pas, disoient , il y a peu » d'années, d'estimables journalistes de ce « pays, nous ne croyons pas que la société des » missions soit l'œuvre de Dieu.... ; car on nous » persuadera difficilement que Dieu puisse être » l'auteur de la confusion , et que les dogmes » du christianisme doivent être successive- » ment annoncés aux païens par des hommes » qui non-seulement çont sans être envoyés ( i ) ,

(i) Not only running UNSENT. Expression très-remarquable. Le mot de missionnaire étant précisément

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