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ferme dans son sein tant de hontes ignorées; qui , eif jtant d'autres rencontres, excuse si fecilement, préconise, encense au besoin, et quelquefois même va jusqu'à prescrire de grandes violations du devoir , lorsqu'elles sont entourées d'éclat, suivies du succès, ou conformes aux préjugés? Peut-être, l'infortuné, qu'il a proscrit , était! malgré sa faute, bien moins corrompu^ que ses juges* Qu'ils soient bénis les êtres compatissans qui viennent au secours du pins réel des malheurs , qui tendent, la main à celui qui est tombé, qui, en lui témoignant une tendre sollicitude , lui promettent le retour de l'estime : véritables médecins des âmes , qui songent, non à frapper le malade, mais à le guérir, qui lui rendent l'espérance, pour préparer sa guérison, qui, forts de leur propre vertu 4 ne craignent point de se montrer indulgens , et qui , par une indulgence bien, entendue, ouvrent la voie au repentir ! Grâces soient rendues aux doctrines religieuses, qui tiennent sans cesse ouvertes au repentir les portes du sanctuaire de la vertu , qui réhabilitent aux yeux du juge suprême ceux qu'avait flétris l'opinion capricieuse des hommes 1 Vincent de Paule est plus grand encore dans les bagnes, que dans les hôpitaux, qu'auprès delà crèche où les ennuis. trouvés sont recueillis!
Ceux qui débutent dans la carrière du bien , après s'y être Lancés d'abord avec ardeur, sont souvent menacés d'une crise de découragement, lorsqu'ils viennent. à découvrir combien ils sont faibles encore. Us se croyaient en pleine possession de cette vertu qu'ils adorent d'un culte si sincère , et ils se retrouvent tributai- 2 19.
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res des débuts qtf'Âs condamnent; 3s s'affligent; ibse demandent si cette ardeur m pore , dont Us étaient animés, n'était pas elle-même une illusion; ils n'osent pb compter sur eux-mêmes ; Us deviennent timides , tièdes; ils s'arrêtent. Ceux qui sont avancés dans la carrière è bien s'étonnent quelquefois d'avoir toujours à lutter antre les mêmes adversaires, de ks voir reparaître encore après les avoir si kmg-temps combattus; découvrait chaque jour de nouvelles imperfections en eux-mêmes, par cela même qu'ils voient mieux et ce qu'ils devraient être* et ce qu'ils sont, ils peuvent se laisser atteinè? par la lassitude et la tristesse.
Cependant , l'expérience de nos fentes , si nous savions bien la consulter , nous apporterait a toutes ks époque de précieuses lumières et de nouvelles forces pour Lia faire. Elle est la grande r dure mais salutaire instruction qui nous initie à la connaissance de nous-mêmes; eUeesi l'avertissement qui nous rappelle à une vigilance active et continuelle ; elle signale pour nous et les parties faibles de notre caractère , et les dangers extérieurs qui no* menacent le plus; eUe nous fait apercevoir où nous conduirait la pente sur laquelle nous avons glissé,, si no« nous y laissions entraîner; elle tare ainsi d'une premier erreur un préservatif contre d'autans erreurs plus nombreuses et plus graves; elle nous préserve encore d'«n autre genre d'erreurs non moins funestes, celles qui naîtraient d'une présomption téméraire et d'une fiussse sécurité; elle marque pour nous les degrés de l'arc que nous décrivons dans les tristes oscillations auxquelles notre mo»
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bititénous condamne ; die marque et les points wr lesquels nous défaillons par impuissance ou lâcheté , et ceux sur lesquels nous excédons par exagération ou par impétuosité ; elle nous recueille , nous invite aux réflexions sérieuses , nonsconduit à reconnaître et les causes premières et tes conséquences de nos déterminations, et les diverses influences auxquelles elles sont soumises; eUe nous exerce a une bonne foi sévère vis-à-vis de nous-mêmes; elle dissipe le genre d'illusions qui nous égare davantage , celles de la vanité.
Par cela même qu'elle dissipe les prestiges dont la vanité nous environnait, l'expérience de nos Jautes nous feit retrouver une précieuse liberté par la censure qu'elle nous conduit à exercer sur nous-mêmes. La condamna* tion que nous prononçons contre nous demande un courage qui rend tous les autres courages plus faciles; elle exige de nous un sacrifice d'amour-propre , celui de tous qui est souvent le plus pénible , le dernier quelquefois auquel on se résigne. L'homme sincère éprouve une horreur bien plus vive pour ce qui est mal, quand ce qui est mal a momentanément envahi quelque portion de lui-même; quand il se voit souillé par sa présence, il reconnaît plus évidemment tout ce qu'il y a dans la violation du devoir, d'antipathique à la condition de son existence et à l'ordre <ta ses facultés; il repousse cette anomalie funeste avec d'autant plus d'énergie , qu'il s'en est senti atteint de plus près. Il arrive aussi que la vertu, pour avoir été un instant obscurcie d'un nuage, se revêt a nos yeux d'une plus édar tfttte majesté, alors qu'elle se dépouille du voile, qui l'avait a 19..
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couverte. Le voyageur éloigné quelque temps de sa patrie, la retrouve plus belle encore, en mettant le pied sur les rivages qui l'ont vu naître; la réconciliation rend une puissance toute nouvelle aux liens qui avaient été momentanément rompus; le fleuve s'élance avec un redouble* ment d'impétuosité dans son lit , lorsque l'obstacle qui arrêtait son cours a disparu. On a vu des hommes passionnés ou frivoles subitement arrachés aux égaremens qui les entraînaient, aux distractions qui les captivaient, par le sentiment d'une faute commise, et ramenés alors, par la méditation, aux habitudes graves et sérieuses; on a vu même de grands coupables délivrés, par une révolution soudaine , des habitudes du crime, se livrer au bien avec un transport de tète et un courage inconnus à beaucoup d'honnêtes gens , et trouver dans le souvenir de leurs excès passés le plus, puissant aiguillon pour se porter à la perfection. H y a , en effet, dans le repentir, un sentiment bien profond et bien sincère; il retrempe tous les ressorts de l'aao ; il donne un besoin insatiable de réparer. Le malade n'aspire pas plus avidement à la santé, que le repentir n'aspire à la vertu; c'est un exilé qui redemande sa terre natale ; c'est un orphelin qui redemande sa mère. Que si on peut se relever si noblement du crime lui-même, si on peut en sortir plus animé à bien faire, qu'hésitonsnous à secouer le joug de faiblesses bien plus légères, à tirer avantage des foutes qui nous échappent chaque jour? Il faut, il est vrai, pour cela, deux conditions premières : il fout nous avouer, avec candeur, la faute commise; il faut la rétracter ; l'expier, non par un désaveu
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spéculatif , exempt cPeJbrt et de douleur, maïs par une résolution de la volonté qui 'répare déjà d'une manière anticipée, parce qu'elle s'engage à repérer effectivement la faute, quand Foceaskm s'en offrira. : il finit aussi, il faut avant tout* apaiser le tremble intérieur qui accompagne la faute et qui redouble souvent alors qu'elle est reconnue. Ne nous y trompons pas : dans l'impression douloureuse que cette vue nous fait éprouver , il entre quelque chose de plus que le regret et le remords : il y a une douleur cuisante de l'amoinvpropre blessé dans Fun de ses côtés les pins sensibles , et contraint d'abdiquer une partie de ses prétentions les pins chères; on n'est pas seulement mécontent de soi , on est bumiHé : si l'on blâme le tort qu'on a commis , on s'irrite de se trouver déchu» Voila où il feut d'abord porter le remède : il mut écarter du principe même du repentir tout ce qui en altérerait la pureté et la franchise. Alors, son amertume , sa juste amertume, se convertira bientôt en une ciouceur singulière, et du sein même du trouble sortira une paix inconnue. On goûtera , s'il est permis de dire ainsi , les joies de la convalescence morale.
Ge travail intérieur, solitaire , assidu , qui consiste à réparer saii6 cesse , a rétablir l'ordre en nous-mêmes , a quelque chose de bien moins attrayant sans doute que la marche progressive vers Famélioration ; c'est la longue fatigue à laquelle nous sommes condamnes ici-bas; mais elle a un mérite particulier , précisément en ce que ses exercices ont moins de charmes , ses effets moins d'éclat La nécessité où nous sommes de recommeuctr sans cesse
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