MY. III. 8BCT. IL CHAP. I
k contagion da vice et de l'erreur , comme il peut porter son secours à la propagation des choses louables; mais dans l'instant où elles lui oonfient leur destinée, la vertu, comme la vérité , perdent leur caractère ; l'une se dépouille de son mérite, comme l'autre de son évidence. Lie second choisit et discerne ; il accepte les exemples
, comme des secours , non comme des chaînes; il enseigne aux âmes généreuses toute l'étendue de leur propre liberté; il leur révèle le secret de leurs Corées. Le Corrige s'écrie: a Et moi au*si , je tuàspetntr* / » À la vue des nobles
; modèles qui viennent briller a vos yeux dans la carrière de la verni, un cri semblable sort quelquefois du sein d'une amelrien née, mais qui s'ignorât; encore elle-même; « et moi aussi , se dit-eMe , je suis capable et digne d'as* » pirer an bien! » Ces facultés inconnues qui sommeillaient encore en etie, attendaient une occasion semblable pour prendre un subit essor; c'est dans l'exemple d'au«-
. Uni , comme dan» une aorte de miroir, qu'elle a appris a se connatlre. C'est dans le type des belles actions,
. exposé sous ses yeux , qu'elle a découvert sa vocation véritable, découverte immense et sublime, qui décidera peut-être du sort entier de la vie !
Si les exemples sont étudiés dans cet esprit , nous en «étirerons pour notre éducation morale trois genres prin-
\ fipaux d'utilité. D'abord , ils faciliteront , éclaireront
r t intelligence des notions du bien , ils en offriront une
.^finition vivante. En second lieu , Us fourniront une expérience positive sur les moyens de succès , sur les
,jlb$tacles et les ressources dans la pratique du bien. Enfin,
par une heureuse sympathie , ils communiqueront à notre cœur les senumens dont ils produisent les effets; ils exciteront en nous une émulation généreuse, c'est-à-dire, tout ensemble , et l'ardent désir et la confiance d'égaler ceupt qui nous ont précédés , de les surpasser peut-être ; mais ces trois genres d'utilité exigent aussi trois conditions qui leur correspondent
i° Ce n'est point assez d'un exemple unique et isolé pour définir avec clarté et exactitude une notion morale; l'exemple isolé peut même tromper au lieu d'instruire; l'idée, en devenant trop étroite, deviendrait fausse en même temps; toute notion morale , personnifiée et rendue sensible par l'exemple , est accompagnée , dans ce cas particulier, d'un cortège de circonstances qui lui sont, au fond ? étrangères , qui ne se rencontrent avec elle que d'une manière fortuite. On pourra se méprendre , prendre pour le fonds des choses ce qui n'en est que l'accessoire et le costume. Il faut donc comparer les exemples, pour éviter de trop particulariser les conséquences qu'on en peut déduire ; il faut les retrouver dans des situations diverses, afin que l'idée juste et vraie ressorte seule, toujours claire, toujours plus distincte, au milieu de ces contrastes. Recueillons doue , dans les différentes régions de la terre, dans les difîerens siècles , cette riche moisson que nous offrent le* traditions des vies honorables ! Gardons-nous d'emprisonner l'image de la vertu dans de trop étroites conditions! Qu'elle se dégage de ce qui appartient aux individus, aux occasions, aux lieux, aux temps, pour briller de son véritable et immortel éclat! Qu'elle s'offre,
jon ooane une dépendance des usages , des moeurs j Bais comme nue grande loi éternelle , unire*sefle, absone ; non comme une instkution locale , mais comme la JotdelVimanité!
2* S'il est unie de recourir quelquefois aux exemples es pkis* éloignés de nous, il est nécessaire que, dans la variété de ceux dont nous voulons recueillir Jes leçons, >1 s'en trouve d'assez rapprochés de nous pour nous offrir à peu près , le tableau des circonstances où nous sommes placés nous-mêmes. Nous ne comprenons bien les pensées et lessentimens des personnages mis en scène , qu'autant qu'us sont en rapport arec nous , qu'ils sortent de nos rangs ; surtout nous concevons difficilement la possibilité et la manière d'appliquer leurs motife et de nous les approprier , ai <ocs personnages n'ont pas été placés dans une situation analogue'* la nfare ; da moins , nous res~ tera-t~il toujours «des prétextes pour nous dispenser de sûvre loues traces ; nous nous contenterons d'une admiration tbéorique. il est bien de lire Pintarque , il est bien de contempler , dans ©es grands personnages de l'histoire , les traits immortels qui caractérisant l'héroïsme de la vettu; ils sont pour l'éducation morale, ce qu'Homère ut pour Féducation poétique : mais il faut aussi chercher nuour de soi une «xperience phtt familière et plus pro~ ihaiae , qui, si eMe ne nous transporte pas aussi wve-
t dans la région de l'idéal , nous enseigne la pratique
Ile , et nous inspire des sentimens de natnte à se reV
r chaque jour.
3° Pour être vraiment instructif, l'exemple doit être
2M DU rKBrKCTIOmUEIT BOIAL.
complet; c*est-a-Cflre , 3 doit nom faire eomuak seulement Feftet, mais encore la came toutes les cames; ce qu'il j a de plus difficile n'«t de Je savoir ce qu'on doit faire , mais d'apprendre ceoment on peat le faire. Qu'en nous montrant le bot , m nau* trace aussi b route j qu'en contemplant une action vertueuse, nom paissions découvrir aussi quels obstacles il a fallu vaincre, jiir quels moyens on a triomphe , par quelle préparation souvent progressive et lente on s'est mis en mesure d'y réussir. Ihie action détachée de la rit entière peut briller d'un grand éclat ; nuis eUe ne fit peut -être qu'au accident heureux, qu'orne inspiration soudaine et passagère; c'est l'ensemble d'une vie verbKuse qu'il est utile d'étudier : c'est là qu'on verra cotnuterf les actions naissent àa caractère et s'enchaînent les une aux autres. On y trouvera d'ailleurs, de tous les exemples, celui duquel découle l'instruction la plus nécessaire, celui qui nous offre le modèle d'une conduite soutenue, d'un caractère conséquent à luii-mènu.
L'imagination se sent entraînée *era les exemples extraordinaires : de toutes les images dn merveilleux, en esti qui soient revêtues d'un charme plus puissant , plus juste 7 c'est le merveilleux de la nature morale; c'est un merveilleux qui semble nous appartenir. Ne craignons point sans doute d'élever quelquefois nos regards vers ces grands monumens qui , debout au milieu du cours des âges, 'attestent toute la dignité de la nature humaine, et de nous réconforter par ce spectacle 1 Nous somroff tellement entourés de choses vulgaires, nous experi-