‹ Du perfectionnement moral, ou De l'éducation de soi-mêmeChapitre 26 sur 29 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

irUDM SV TIMTEUft DU PAUTIS.

Lu fonctions du visilenr du pauvre forment tout ensemble et Tintroduction et le complément du grand art qui embrasse le système général des moyens propres au soulagement de lliumanité. Elles y préludent : car, seules elles peuvent procurer Tensemble d'expériences positives, nécessaire pour établir avant tout la situation des malheureux , leurs besoins , leur caractère et leurs habitudes , condition première de tout bon système de remèdes aux maux qu'ils éprouvent : elles en recueillent ensuite les con^ ftéqnences , car elles mettent en pratique les applications dans lesquelles ce système doit se résoudre. C^est ainsi que les opérations des arts industriels ont fourni d'abondantes moissons de données expérimentales aux sciences physiques, et mettent en valeur les trésors dont ces sciences •e sont enrichies.

Il nW point exigé , pour faire un bon visiteur da pauvre, d'avoir fait aucune étude dans les H-

vrcs. Un sens droit , Fesprit d'observation , cette perspicacité que donne un désir ardent d*ètre utile 9 quelque connaissance du monde et des secrets du cœur humain ; voilà les seules conditions dont il ait besoin pour bien remplir ce qu'il y a d'essentiel dans ces fonctions. Hais si , en les exerçant, il a l'occasion , le loisir de se transporter sur un plus grand théâtre , de parcourir le tableau des institutions fondées pour le soobgement de Thumanité souffrante , d^examiner les recherches auxquelles elles ont donné Jieu , avec quel vif intérêt il parcourra cette belle carrière d*études! que de lumières en jailliront pour loi! Et si , k son tour , il se trouve appelé à prendre une part quelconque dans l'administratioa des étabiissemens publics dirigés vers le même bot* combien en réunissant et les observations qui lui étaient propres , et les connaissances puisées dans ces études plus générales , il verra les unes se féconder par les autres ; combien s'étendra pour lui le cercle des vues utiles !

Rendons justice aux siècles qui nous ont précédés : on ne peut considérer sans une admiration profonde , sans une vive reconnaissance , les nombreux et magnifiques monumens qu'ils ont vu élever de toutes parts en Europe , en l'honneur de la bienfaisance , les riches dotations qui y ont été affectées , et ces créations ducs quelquefois à la générosité d'une seule famille • d'un seul individu. Mais , sachons aussi rendre

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à noibee «îècle la justice qai lui est due ; e^est lui qai a tu réduire en art , soumettre a des principes réâéciûs les vues qui doivent présider à la création , à la direction des établissemens de bienfaisance. Cet art n^a pas seulement pour objet dy porter une esprit d* ordre et d'économie; il a aussi , il a essentiellement pour objet , de (aire en sorte que les moyens adoptés tendent réeUeraent au fout , qu''il8 n^aiUent pas contre le but, ce qui n^arrive que trop souvent. Les améliorations qu'ils procurent 9 en j portant un esprit dordre et d'économie , ne sont pas d'ailleurs k dédaigner , même sous le rapport moral ; car elles aident à faire plus sûrement le bien , à le faire sur une plus grande échelle avec les mêmes ressources.

L'avancement général des connaissances humaines , les progrès si rapides obtenus dans ces derniers temps , ont été mis ingénieusement à profit , pour Tart de la philanthropie ; toutes les branebes des sciences économiques en particulier ont fourni d'abondantes contributions. Mais , ce qui importe surtout a cet art , c'est d^étre éclairé par la masse d'observations que lui apporterait une bonne organisation de visiteurs du pauvre. C'est là le voeu que nous formons , c'est la ce qui manque peut-^tre encore , pour que 1 art dont nous parlons ait atteint tout le perfectionnementdont il peut jouir ; c'est là en partie , (-e qui nous a fait attacher une si grande impor-

4i^ I.F. VISITKIR

Uncc i rin.lituUon du visiteur du pa.^,. . l^^rTl ', '"'^'"^ ^ développer aric itoiv c-r , ,, foute» le, «lie, ju.lc, rcpowol «r ,notion, expénmenUlc. , l'expérience fonda»-,talc e.l celle qu. fuit bie„ connaître la Bat,-,- »ur laquelle on opire. De raf-me au«ice «, peut y avoir de plu, utile pour Je vi.itj.;. p«uvre , cet de voir contrôler par le, ob,«n. ion, d autrui par le ,pcctacle de, grand, nbWmcn, public, le, idée, qu-il, -était frmée» dan, «a pratique privée.

L'antiquité eut ,c. voyage, d'exploration, d. o«,pl„qu<., voyage, célèbre, qui conduiW... le, ,age,de la Grèce en Orient, qui amener,,/ Anacliar,., en GW,cc. Le, temp, modeme.ont . . leur, voyage, d'exploration, commerciale, r «c„nt,fiq„e,, pour,léco«vrir de nouvelle, ten.-. étudier le, production, de, <livcr, pay, , oUayer la nature ,ur le, théâtre, diver, où le, pUnomcnce déploient. L'archéologie, le.artol d' .,.n ont leur, voyageur, chargé, de ra,.^:. bler le, clément, d'une exacte dccriplioD i notre g obe , de fouiller le. ruine, de, mon.men, , .1: reproduire le, *itc, , le, co,tun.e.. .>»tre ,ieclc a cula gloire de voir naître une nourellela,,e ,1'explorateur», , celle de» voyageur, pl.ilanthrope, qui parcourent le, divcr,e, rérion. . pour y recueillir le, exemple, du bien. HowaH leur a ouvert la carrière ; il, ,y pre.w-nl mr«.

traces. Cfaaqne jour , nous les voyons arriver au milieu de nous , ces actifs et modestes messagers àe la bienfaisance , avides de connaître tout ce <ïui est tenté pour consoler ou soulager les maux qui aflligentrhumanité, pour réformer les mœurs, pour répandre Tinstruction et de salutaires influences : ils visitent attentivement les divers asiles ouverts au malheur j ils s'enquièrent des moindres détails ; ils s'entretiennent avec ceux qui donnent, avec ceux qui reçoivent l'assistance ; "5 recherchent le commerce des personnes animées des mêmes scntimens qui respirent en eux ; ils applaudissent à ce qu'ils découvrent d'utile ; aucune prévention nationale , aucun esprit de rivalité ne trouble et n'altère la sympathie que celte découverte leur fait éprouver ; i's en régentent une joie sincère ; on dirait qu'ils ont fait une conquête. Nous apprenons d'eux ce que nous pourrions faire de mieux , sans que leurs observations aient l'apparence de la censure. Les nombreuses comparaisons qu'ils ont faites , donnent a leurs investigations une pénétration et une étendue qui nous étonnent '. Oh ! qu'ils ne con-

' Tel fat, entr*aatr es , notre respectable dac Mathieu <ie Montmorency , enlevé si promptement , liélas ! à la f raace , à rhumanilé , dont il était i^booneur et Por- Bernent Pendant VexH qu'il subit en 181 a et i8i3 , il explora avec soin toutes les institutions charitables des pays qu*il eut occasion de parcourir ; il visita dans cet esprit nos principales villes ; j^ai en ce niomeut ftoos les yeux la collection des notes dans lesquelles il

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servent point pour eux «eaU la moîsfon qa1i« ont recueillie ! que ce tréfor d'expériences cosh paratives devienne le patrimoine de tous le» aaiu de lliumanité ! Qu^on nous donne le récit d*im vojage inspiré par la charité ! c*e»i un ovm^ qui manque , lorsque! en est tant d'inutiles.

Dans ce mouvement universel , dans cette agn tation continue d'une foule de genj qui vont et viennent sans cesse d'un pays k Tautre , et qui offrent sur toutes nos routes un spectacle n animé , en esUil beaucoup qui voyagent dans un but d'instruction semblable k celui qoe nous indiquons? Les exemples en sont rares sansdoote^ Le voyageur philanthrope reste inconnu k ceux qui se trouvent par hasard ses compagnons ; il n'en M>ratt peut-être pas compris. Peu dlwoimes , il c»t vrai , ont le loisir et les nojeo» qu'exige une telle entreprise. Cependant, en exige-^-elle plus que les voyages si fréquemment

«oosSffia «et ob«crf0tionii ; e*e$t nos lofte †tique de» ^tublUsemenf â'hnmnnUé, rrifttire i plMl«w* dé D0« prinr}p(il9i tille» ds profinee ; fe ne fwh U* con»iâérBr fins émotion et sans Hltendritiemeat» 0^ rn^fêtic. «1(10 c«.« notes 4e rtipporUiDt & une ^po«|oe Af|î aiif;ienffe , ne poUteol ploi être pàbVtéfi a»i0«rà*k» «v«c fruit ; eUen aVt«iieiit dr»iinéc» d*»illeor» ifs*^ ^ ^tn«le« parlicMlière», Le noble et vertueux due «lit ^ même i profitas voyege qu'il fit en Angte^erreevl f '$» «t toMJ ceux qaUl eut ocra»ion de foire en Fnmee à dif'erfet époque*. Il cherrbait partout c« qui po»v«* répondre eu bot de se vie , au plus profood MftUffMt de fon eoBur.

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exècatè» duoè des yuc» de plaisir ou de ctirio- »ité ? Dans le cours même de ceux qoi nous sont commaDdés par les dcroirs et les affaires , n'y atirait'fl pas quelques in<ttans que nous pourrions réserver à la visite des élahlissemens qui honorent la nature humaine , dont la vue console le cœur? ^ous accourons de loin , non» venons habiter quelques mois une grande capilîtie , nous la parcourons dans lous les s^ns ; ses palais, ses musées , ses théâtres, ses sociétés, se» hommes célèbres , tr^ut a successivement attire nos regards j nous avons tout vu , tout. . . hors fine seule chose ^ les créations de la vertu , les pro<iiges quelle a enfantés, ce grand et admirable spectacle qu'elle présente , en remplissant sur la terre la mission que lui confia la Providence ! Que dis-jc? et quelle n'est pas notre indifférence? avons-nous même pris la peine de connaître les richesses de ce genre que renferment les lieux de notre résidence habituelle ? Combien y a-t-il de personnes à Paris , même parmi b's personnes bienf<<isantes, qui aienf une seule fois visité nos h()pitaux et nos hospices , qui en aient observé le régime? Combien d'éta- Missemens de charité qui sont peut-être situés à notre porte, et dont nous ne soupçonnons pas l'existence ! Parmi ceux d'entre nous qui prennent on intérêt réel au sr)rt ries malheureux , combien en est-il qui sont bien instruits des ressources qu'on peut trouver pour leur être utile ,

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<lans les institutions existantes autour de iiOBt? Y a-t-il beaucoup de personnes à Paris , qai savent que les pauvres gens peuvent aller se faire arracher gratuitemrnt les dents h rbôpitalde la Charité , au lieu de se faire estropier par un char' la tan , sur une place publique ? Ne rencontrcrosnous pas chaque jour des personnes qui igwv rent Texistencc de nos dispensaires et les facilités qu*ils offrent pour faire traiter un malade ^ pendant toute Tannée, avec un simple abcone^ ment de 3o fr. par an ?

Du reste , pour recueillir de ces explorations les fruits utiles qu'elles promettent , il faut èWi préparé à bien voir, il faut s^attacher aussi à bien observer. Ayons des termes de comparaison propres à nous éclairer , des échelles auxquelles nous puissions rapporter ce qu^ nous aurons remarqué. Parmi les termes de compa^ raison , il en est peu d^aussi essentiels que celui du pauvre , vivant dans son domicile, quand on le rapproche du pauvre reçu dans un éts' blissement public. Dans les parallèles que noo< voudrons former entre les divers établifseiaenft publics , il est nécessaire d^avoir égard ^ la di' versité des circonstances locales ; il faut surtout ne pas considérer chaque établissement en particulier , d'une manière isolée j il faut avant toot, embrasser Tensemble et le système général àe ce» institutions , pour voir comment elles s'aident, se suppléant ou se coordonnent les une«

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évec le« antres ; il est telle institution qui tire 6e8 principaux aTantageSf ou voit naître ses pria» cipaux inconvéniens , de son concours avec celles qui coexistent en même temps , dans le même lieu« En visitant un établissement d%umanité , nous pourrons être frappés au premier coup- (i'oeil de certains signes généraux , d'une certaine physionomie , si Ton permet cetle expret- HOQ, qui annonce plus ou moins Tesprit dWdre tt la régularité de la discipline. Cependant , ne nous arrêtons pas trop aux apparences | souvent une propreté extérieure couvre le secret de bien <ief négligences : ne craignons point d'entrer dans les détails ; examinons le régime alimentaire , la qualité , la quantité du pain , de la viande , <la bouillon , de la boisson ; examinons le coucher , la situation des salles et des dortoirs ; voyfloi si Tair j circule et s'y renouvelle facileto^tit, si rhnmidité n'y règne point ; visitons la pharmacie , la lingerie , les magasins qui contiennent les provisions , les bains , la cuisine , la buanderie ; sachons quel est le nombre des emjdoyés , des gens de service , et la distribution de leurs offices ; sachons comment se fait l« service de santé , si les prescriptions des mé- <ieciiis sont bien observées ; sachons comment ont lieu les admissions , si elles ne donnent sujet à aucvn abus ; obtenons , s'il est possible , <^<winmnication des registres ; voyons comment est tenue la double comptabilité des deniers et

des matières , si le système de cette comptabilité est simple et clair , quels sont les moyens de surveillance et de contrôle ; comparons les diverses branches de dépenses entre elles , la dépense totale avec le nombre des sujets secourus.

N'ayons garde de nous borner aux investigations matérielles : pénétrons, autant qu'il nous sera possible , dans le régime moral : quel esprit règne dans cette maison ? Quelle union et quel concert entre les personnes qui la dirigent ou y servent ? Quel empressement , quelle attention , quelle délicatesse respirent dans les soins qui sont donnés aux malheureux ? Quelles consolations leur sont offertes ?Quel est le degré de sévérité ou de douceur? Quelles précautions sont prises dans l'intérêt des bonnes mœurs? Quel est l'ordre , le caractère des exercices religieux ? Comment a-t-on enûn résolu le grand et difficile problême , de concilier ce qu'exigent le respect, l'affection dus au malheur, avec les précautions indispensables pour ne pas appeler et encourager la fausse indigence ? Etudions ce qui contribue a rendre les hommes meilleurs ; n'est-ce pas apprendre ce qui sert à les rendre plus heureux ? Recueillons avec un religieux respect, tous les exemples des bonnes actions ! Plus d'une fois nous apprendrons de touchantes anecdotes dont nous aimerons h conserver le souvenir. Ne nous bornons pas à nous enti'etcnir arec

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Iff chefs et les préposés des établissemcns ; con- TersoDS aussi ayec les pauvres gens cjui habitent cet asiles. Rerenons plusieurs fois et à des heu* res diverses. Nous sortirons même de Tenceinte des établissemens , pour en suivre les ramifications extérieures , pour voir , par exemple , les petits enfans en nourrice et à la campa^e, les apprentis chez leurs maîtres , etc. Après avoir recueilli toutes ces informations, essayons de le« résumer sous une forme simple et abrégée, qui puisse nous permettre d*en embrasser l'en- «emble d'un coup-d^œil , et qui se prête facilement aux nouvelles comparaisons que nous pourrons faire par la suite.

Les faits qu*on a recueillis par soi-même, sont, lor«qu*on a bien vu , plus instructifs que tous Icf livres. Cependant , comme nous n'avons pu beaucoup voir, comme nous ne sommes pas certains d'avoir bien vu, nous aimerons knous compiler une petite bibliothèque philanthropique ? ^e dis une petite bibliothèque ; car, en ce genre, c^nmne dans beaucoup d'autres , il vaut mieux ^e restreindre à un bon choix , que d'accumuler les volumes. D'ailleurs , le nombre de ceux q'ii existent n'est pas considérable , et c'est , je '^rois , de tontes les bibliographies, la plus borf^e , que celles des ouvrages relatifs aux établissemens d'humanité. N'accusons pas de cette stérilité les auteurs seuls : les livres abondent tou- KHit quand ils trouvent des lecteurs ; cette

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stérilité accuse aussi rindificreDce et la fmMité du public.

Nous partagerons ces ouvrages en deux danses : la première comprendra ceux qui renfer' ment des descriptions , des récits , où sont enposées , décrites , la marche , la situation Ae% établisscmcns j la seconde comprendra les dissertations et les traités sur les principes et le» r};glr's du grand art de la bienfaisance publique ou privée. Au reste , les meilleurs écrits sont ceux qui réunissent h-la-fois ce double caractère.

Notre bibliothèque se trouverait tonte formée , si le recueil publié pjr le zélé Duquesnr^y eût été continué et complété. Tel qu*il est du moins , il nous offrira certainement Tensemble le plus riche, le tableau le plus varié qui existe- Nous y pourrons étudier en détail toutes le* grandes créations qui ont été conçues et exécutées en Europe , depuis un demi-siècle. "Roiu assisterons à cette merveilleuse réformation exécutée à Munich par le comte de Rumford , qui a fait disparaître le fléau delà mendicité, à Taide d'une système de prévoyance habilement coijcerté 'j qui a rendu une population dégradée « au travail, aux bonnes mœurs , h Thabitudede Tordre et de la discipline. Nous contemplerons ces beaux établi ssemens d^Hambourg, où le travail était sagement employé comme moyen d^éducation pour l'enfance , comme préservatif contre rindigence, où le traitement des malade» à

domicile était procuré avec Icé soins les mieux entendus , où la visite et le recensement des pauvres servaient de préliminaire et de garantie au système entier des secours. Nous admirerons ces institutions de la Hollande , si admirables en effet , parce qu'elles n'ont rien que de «impie , rien qui ne puisse être facilement imité, parce qu'elles ont cherché le remède contre liodigeiice, non dans des moyens extraordinai' res , mais dans la nature même des choses si efllcaces cependant, que les hôpitaux et les hospices y sont réservés aux cas absolument indispctisables , que la distribution des secours à domicile , à TaicUî de quêUf s volontaires , porte dans toutes les familles le genre et le' degré d'assistance nécessaires à ses besoins. Nous arrêterons nos regards sur les mesures prises,en Dancmarck., par une administration toute paternelle , pour la distribution des secours publics , et qui, depuis vingt-cinq ans, époque à laquelle cette notice fut publiée , ont reçu encore des perfectionnemeos sensibles. Nous connaîtrons les institutions de bienfaisance fondées à Berlin et à Potrdam en faveur des artisans. Nous retrouverons , à Dublin , le comte de Rumford , opérant une réforme semblable à celle dont la Bavière lui avait été redevable, réorganisant la maison d'industrie, y excitant l'émulation du travail par tous les moyens , et en particulier par Tingénieiue distinction des classes, et l'établissement

d^iuie chute de mérite. Nous yerrons , à Edimbourg , le zèle du principal de la célèbre ooîversité et de plusieurs gens de bien, fomer, pour donner du travail aux pauvres , une institution qu'on donne pour modèle à Loodres elle-même. En parcourant les principale» villes de r Angleterre , de TÉcosse et de rirlanile , nous rassemblerons une foule de détails carieiu : à Liverpool nous remarquerons Tasile ou école d'instruction pour les aveugles ; & Kendale , un ensemble de mesures concertées avec une heureuse karroonie , pour aider les indigens à tirer le plus grand parti de leurs propres ressources ; dans les villages , des dispensations qui respirent une généreuse sollicitude , comme , par exemple , des boutiques de denrées et autres objets de première nécessité , des diners comm uns pour les enfans , des diners de paroisses pour les indigens, des concessions moments nées de petites portions de terreins incultes, des constructions de chaumières, etc. Nous vlout blierons pas de remarquer aussi dans les villes, ces dépôts formés par des dames charitables, pour la vente des ouvrages confectionnés par les pauvres honteux.

Nous posséderons aussi dans le recueil àt Duqucsnoy , plusieurs àes ouvrages les plus i»portans sur la théorie, et nous recueillerons avant tout , de la bouche de Texcellent , du pieux Howard , les observations qui furent 1^

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fruit de fes péniUef et kmgs pélerinagef , et qui, bien que son ouvrage semble ne concerner que hi prisons et les lazarets , renferment cependant tant de documens utiles sur les diverses institutions de bienfaisance. Nous recevrons de la main de M. de Liancourt, un extrait «ubstantid du grand et bel ouvrage de Fréd. Morton £dcn , intitulé : État des pauvres , ou Histoire des classes tratfaiUantes de la société en Angleterre , si bien propre à nous faire connaître, chez nos voisins , et les abus que nous devenu éviter, et les exemples que nous pourricms suivre , où nous remarquerons , en parti* ailier , un fort utile modèle pour dresser Tétat de sitoation des indigens d^upe paroisse. Nous serons frappés de Tabondance des vues que Jerémie Bentïiam a pu semer dans Veêquisse d'tm ouvrage en faveur de» pauvres^ esquisse qui , conmie dans tout ce qui est sorti des méditations de ce célèbre publiciste , rattache tout à qndques principes simples ; nous j trouverons ^% tableaux aussi complets qu'il est possible , de fous les genres d'inârmité et de pauvreté ; nous discuterons avec Fauteur , %t.% idées sur la grande administration centrale àci secours, sur rindépenda nce qu^il veut lui accorder , et sur la réunion des pauvres dans de vastes établissemens panaptiques , placés de distance en dis* tance. Noos consulterons les Recherches sur les pauvres, dans lesquelles Técossais Macfarland

fait une critique si sévère , quelc[uefois si jaste < des hôpitaux et des hospices, fait aussi une apologie si développée du régime des secours à domicile , sans cependant prévoir ni indiquer avec le même soin, les inconvéniens et les ahus auxquels ce régime peut être exposé. Nous étudierons , à récole du comte de Rumford , tous les détails du régime alimentaire du pauvre, des procédés lés plus économiques pour subvenir aux divers besoins de la vie ; nous emprunterons au même auteur ces modèles de formules si clairs , si exacts , si précis pour consigner un résultat de nos observations. Nous suivrons dan> sir Richard Burns , VHtat ancien et moderne de la législation anglaise concernant les pauvres , et nous y verrons les plans qui ont été conçus pour améliorer cette législation Nous jetterons un coup^d^œii sur lu dissertation de Good^et Tessai de Samuel Crumps , relativement au travail a procurer ou pauvre, etc. etc. Surtout nous lirons , nous relirons , avec un plaisir toujours nouveau , ces rapports de la Société anglaise pour améliorer le sort des pauvres^ où l'esprit de la bienfaisance se montre tout vivant, et répand de si abondantes lumières.

A côté de cette riche collection , nous placerons encore quelques ouvrages essentiels, et d'abord, en remontant aux ouvrages les plu» anciens sur le système général des secours publics, il en est un publié par un anonyme, à

^timUcréam, «ri tydO, m>u»1« Utr« tltttHomnts ta MocUU ^ tfii UffHh imiummn rl/î» ttniitm% utiU*§ ar h:* U^t^/iidu^, i<'» p;4ijvr<^«, Ih mtutdUïlk. /y£$tal ttannaUn tU la charité ou tU la bUn^ faua/if;^ chrétUnne,, par Ki/lmrd .iiHfM^}, iiou« •''UrvAr'd *^ui*U\tut4 i'%.t'.m\iUt% iuUtr*r»>y.iu*. Sotm '''yiirrtmh tum%HUt*r \t'^ uutvntk i\t*. M, Ai- (Atst- 'v^wwrl, i^utiï'^iitin c;ihî''ri» <!<'* /iph^/ft/fri/Uj^ du 'ii'tytrnf t Eami aur lu ftundiuU . yar hutnï/m

;/«^M?«jt^a VAi^4uu\jU'n i:nn>^it\n4tiUt ytt iun tUt l'^r ('Miiï t^iiou \p*iHn .t\i .i^>\nt\ttr MtytHvtVUu't l<;

*^**JM>*^» ^rijfM? m-ifii^'n; pl<i« ^niU*Ui , plu* *;<!«<; ,

*'f*te% â t\fftmf:'iUi . VaùViiJt 4tth Ut>.tiiuitott* lUt

l^fttr [t'Aryfi'.uïr â t^ri/ntm^r U tin^tMtrtU't ^ tu* tumi utiu*^ iiiiu% au pl'j» iftiitt^ jour. îh'U% \uitttmtt% 'jui, itfimmt*. %%. iUi iÀ:*ui/nui. oui joiijil;< pia- »*'puî ;(l;t iU*iotUi , q*ii tjommtt \nï otii hitrvi avtK: /*U? !*/>» ;«df/HfJutr;4t<<ryru 4/; U'.a/itt't^ ^tniAi*'^ , MM. Oét'^rd 4'? M<')»l<'y «H Du^^mi 4*1 S*iuiotiri> *

fi^JUxU/n$»ur U* éifjJjlUseffu;ru tU, hufnjaman^^ ^ ^ ***Ut , A^AUi, %tiH Huai »ur Un kcc^mr» à d/mruer

46o LE VISITEUR

aux pauvres malades^ dans les grandes viBes ; et nous profiterons de leurs méditations et de leurs exemples , en nous sentant échauffés par le «Me qui. les animait. Nous trouverons d*atik$ documens sut Tadministration des secours publics , dans le tableau historique des étahlissemens pour les pauvres à Hambourg, par le baron de Vogt , dans le grand tableau qui porte pour titre : Pietas Londinensis, dans les rapports faits en 1807 et 1808, à la chambre des communes d'Angleterre, parle comité chargé de Texamen des lois sur les pauvres , dont nous devons une traduction à M. Lafond de Ladebat; dans les deux ouvrages sur les pauvres et la législation qui les concerne, publiés à Londres, en 1822 et 1823, par MM. Frédéric Page et Georges Ensor, etc.

En nous attachant spécialement \ ce qui concerne les hôpitanx et hospices , nous voudrons posséder , avant tout , le Mémoire sur les hôpitaux , publié par Tenon , en 1 788 , ouvrage fondamental pour l'étude de cette grande brandie des secours publics. A sa suite se rangent le-^ Ohserpations Sur les hôpitaux , par Cabanis, le rapport des commissaires de FAcadémie des sciences, sur Texamen d*un projet d'BÔtel- Dieu , le rapport général de Camus sur les hôpitaux et hospices de Paris , le rapport de M. de Pastoret , sur le même sujet , embrassant les dix années de 1802 à 181 3, les comptes aitoud-

tnnent pu))1i/;« par l';jdtnîniHtnitJon «le» ho»' l'i'^e» civil» de Parh. Nous y jointlron» Ifr» «la- 'mU h réglirlfiCîi» de f[tjf;lqii(',<f }io.<ipi(r<r.<( et. iKipi- ^»ux Mranger» , ceux de Home , de Florence , de fondre* , eU;.

Kui'm ^ tifrttn clierclieron^ h r(mtûr]e,n rapport* '«ririw;!» delà ^mhi: phiLirilliropifjije, de \h rit'\%%c 'i (^p^^rgne^i -, et celtii de fio«» »»4iocitfliofr<i de Iden /' ddie qui font impriuier le compte r(;ndu do

L'e^tîrnaldf !>»' Friedlander ;i donn^' , »ur riii»- ^f»\rti de* ^l?ildi<«»emen«i d'Iiurn/init^ *pii exi)>- ^"«t rrri Allermi^ne ' , et aur l;i lMhl(ogr»pfue ''"'^ouvri^îre* rel.'itîr* it ce Aujet, puhli/r* d;«n* Xa f-^f'tnfr p'iy* < un pré<i<» extr'^rnement succinct j M^fU r|ffi pr'uf servir de module, et rpii , en uti ;/*rtil tihfnUre d^ p;iî/^'«» , pr/î»enfe hi uouif'ttflH" 'ure de* f;iit* e^^enlî^l* et d^'* îndicfifion* prir»- 'h>*U'.^. On (UWtrfir'ftU usi/tr un t^d»le;iii ftcrn- ^Ulde jj/^ur le« ^lufre* tftttivh'A tSf. VEtttopft. N'.*i» prrmdron* du mtt'iw^ rfWt'r't pour j^uide '!*«♦ n<H reclier^'lie* *or relte pfffûhu de TfyUf'.pe, ou (ixhUrtti Utnl d'in*t»totion* *ïtnt ^rftud tuf h H.

notre ht\fVth\Uf f[ttti ,, un run^ di^fjoirué , ;»ux vie*

Allemagne *ur /<• pftu/r*:9; f/rt(fé')^.*'. ftuntoup 4'tfU otf U» paun^ff* ^fy., f*fii«, »**»« ^>f^<* ti***trK n, ^^^

de St. -Vincent de Paule , d'Howard , de rablc Legris Duval, de ceux qui consacrèrent \ear vie au service de Fhumanité souffrante. £fl présence de ces vénérables images, le visiteur du pauvre éprouvera une émotion profonde et douce 'y il admirera en eux les grands instituteur» de Tart qu'il s'essaie a exercer; il se sentira animé d'un zèle tout nouveau ; il goûtera nue noble récompense , en sentant qu'il lui a été permis de marcher de loin sur leurs traces. Dans les momens où nou« serons atteints par les injustices des hommes ou par les caprices de U fortune, dans les jours de souffrance et de Hé< couragement, lorsque nous serons affligés Ha spectacle des vices et des désordres qui régnent sur la terre , lorsque nous entendrons calomnier rhnmanité , notre âme , ranimée par ces toucha ns exemples , s'ouvrira à la consolation . ' l'espérance y elle conservera le sentiment de ia dignité de notre nature.

Maintenant que nous avons formé notre cbo)^ d'une bibliothèque philantliropiquc , ilresterait ai nous, procurer aussi quelque ouvrage pénodique sur le même sujet. Ce serait le moyen àe nous tenir informés du bien qui se fait en Hiverses contrées de l'Europe ; nous aimerons à savoir quels sont les nouveaux établissemens institués , quels essais ont été tentés, et qnel^ résultats ils ont donnés , quelles amélioration* ont été introduites , quelles vues ont été pré-

UT PArVBE. 4^

f^niées. Nous poorrons aassi continuer en qaelffoe manière nos Tojages d^exploration , en yisîtnrt, par la pensée, les théâtres dirers où i* exerce la bienfaisance publique ou prirée. Noos nous abonnerons au Philanthrope de fintxelles; nous pourrons faire Tenir de Gcettlngoe 9 le recueil intitulé : Matériaux concernant le soin des pauvres , ou le Magasin pour T industrie et le soin des pauvres; de Wurtz^ bourg , les Archives générales pour la santé et le soin des pauvres ^. En France... , serait-il vrai que nous n*en trouyeions aucune? serait-il ?raB que celles qui ont été tentées n'ont pu se ^oolcnir'? En France, ou il se fait tant de biea , nulle part on ne recueille le récit de celoi qui s*opère , et Ton parait si peu empressé a le connaître !

Pourquoi n^ayons-nous pas dans la capitale on centre où Tiennent se réunir toutes les in-

I Plfujenrs aalre« pablications périodiqaes en AIIC' Masse , traiLent plus ou moios de re sajet, notaDun'^iit fe Magasin poar PiDdaitrie de Hanovre, la Gazette nationale de M. Becker, etc.. etc. Oa sois Muare qa« ^^fkiiamthropisteuceaé de paraître à Londres; cous ne conaaûsons ancan aatre oovrage péiiodîqae de ce S*«re , ea Angleterre.

> Ott \.ttntf€ cependant qaelqaefois de prccieax A(>cmaens snr ce sujet dans le iournal de la société d^ 'a Morale chrétienne. Xoas avons aussi sons les ;eox le premier naméro d^on ooTrage qoî commence â p-raitre à Marseille , sons le titre à'Jmi du Bien, et qui promet quelques informations du même genre.

formations sur les belles institutions qui existent dans nos provinces, et dans la capitale ellfrméme , où elles viennent se révéler les unes aux autres , toutes ensemble à l'attention publique , qui leur prête et leur envoie des lumières mutuelles, où se déroule le grand, le touchant tableau de l'empire de la charité dans notre France! Quoi ! au milieu de tant de réunions académiques qui embrassent toutes les branches des sciences et des arts , on n'a pas songé encore a en inslituer une pour cette science féconde, pour cet art salutaire , qui embrassent les divers moyens de soulager l'humanité ! Ce!le-ci n'offrirait point un aliment à la vanité et à l'amourproprc ; elle n'exciterait ni rivalités haineuses , ni prétentions frivoles; elle ne s'épuiserait point enuliscours d'apparat , en spéculations oiseuses. Mais on tirerait de l'oubli une foule de faits ignorés j on les rapprocherait les uns des autres, et par la on les rendrait plus instructifs. On mettrait en commun toutes ces recherches éparses sur la surface de la France; on leur rendrait ainsi une valeur toute nouvelle. Ce serait une société analogue à ce Conseil général desprisonst dans lequel une élite de gens de bien s'occupe de l'un des plus grands intérêts moraux de la société , sous les auspices d'un prince si digne de présider a tout ce qui est bon. Mais celle-ci aurait un but plus étendu encore et plus varié ; ce serait une société semblable k celle qui existe

sir PAVVBE. 4^5

à Londres pour amélUfrer U êcrt des paurres, que nous ayons souyent citée , et qoi excite une si jiute admiration; mais elle serait bien plus utile en France, où les provinces restent plus étrangères les unes aux autres , où les mojrens de publicité sont moins rapides et moins multipliés ^ eUe recevrait d^ailleurs en France des avantages particuliers de notre situation géographique; elle deviendrait le centre naturel de communication et de correspondance, pour toutes les institutions philanthropiques et charitables des divers pays de l'Europe ; elle serait le rendezvous général des amis de l'humanité de toutes les nations. Là , seraient déposés , comme dans de communes archives , les documens relatifs à Thistoire générale des institutions de bienfait sance; là, seraient rédigées des annales de cette histoire si instructive pour les gens de bien , si honorable pour la nature humaine ; là , se réuniraient en un faisceau , les lumières qui auraient jailli des expériences nombreuses et variées , faites dans les différentes contrées ; là aussi , les notions empruntées aux sciences physiques , aux arts économiques , seraient mises à profit pour les applications utiles aux établissemens d^humanité ; là , les auteurs des améliorations obtenues , ceux qui en méditent de nouvelles , auraient occasion de se connaître, d'entrer en rapport , de concerter leurs vues. Quel magnifique tableau serait offert à notre respect ! Que

de belles créations , aujourd'hui ignorées , deviendraient fécondes à leur tour, en provoquant rimitation! Combien les idées s'étendraient , se rectifieraient par ces vastes comparaisons! Combien rémulation du zèle s'enflammerait en présence de tant de nobles exemples! Oh! oui, une telle institution convient éminemment à k France j la France en est digne ; elle couronnerait si bien le système entier de nos établissemens de charité , en les unissant entre eux par une heureuse harmonie !

Dr PArvRE. 4^

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