‹ Du perfectionnement moral, ou De l'éducation de soi-mêmeChapitre 5 sur 29 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DBS CAAACTiBES DI8T11ICT1FS DK LA VBÀII BT DM LA FAUSSE IBDICEVCE.

L*ERBEUR qui confond la fausse indigence avec la véritable , erreur , il faut Vavouer , presque universelle , n^a pas seulement pour résultat de faire détourner , évanouir en pure perte une portion du trésor religieux qu*avait créé la bienfaisance , déperdition telle , que certainement les aumônes mal employées compléteraient les soulagemens nécessaires aux besoins réels , si elles étaient ramenées dans les canaux destinés à les secourir. Cette confusion a des effets bien plus funestes encore ; elle fait naître l'hésitation, parle doute , dans Tâmc de ceux qui sont appelés k soulager f souvent , par le doute , elle fournit un prétexte a T indifférence; Terreur reconnue décourage et refroidit. L^excuse ordinaire de qui ne veut pas donner , est la crainte de mal donner; excuse le plus souvent trop légitime ! Ainsi le malbeut' , du sein de son obscurité , lorsque ses gémissemcns invoquaient un appui , lorsque

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peol-étlrb Vtauh» même de sa soufiranee lui «rnciiait se» génitsem^â , lorsque sa fierté épron-^ ▼ait un toarmeiil nouyeau , ea s'expôsant aux humiliations j eA afirontant nos cruels préjugés; le malbeur se trouve atteint d^une suspieibn yaguC) uniyerselle^ dédaifptteuse , qui s'interpose eiitro^es besoins et la pitié ; il se trouye enye* loppé d*on nuage ^>ais qui voile ce caractère Bûeté 9 dont les traits eussent commandé notre respect; il peut redouter un mal plus grand en* core que celui dont il soufire^ Tiniudtiee et le mépris.

Mais 9 c^est peu que ces secours détournés de leur vrai Imt ne soient plus un aliment ; ils deviennent on poison. D'abord « ils créent une indigence nouvelle et factice; Tindiyidu sur qui ils tombent , contractant Thabitude de Toisiveté , perdant les occasions du travail , éjH-ouvera bienr tôt one pauyreké réelle quand le secours sera consonmé. Il apprend à compter sur une assistance étrangère , et non sur ses propres ressources. Une fatale émulation se communique , une prime semble offerte à l^oisiveté. La Société éprouve un préjudice ^ eti perdant ce travail qui lai était promis et nécessaire. Cdui qui a touché au don fatal , éprouve un préjudice plus grand encore : le travail eût conservé sa santé , lui eât enseigné la prévoyance 9 Feût conduit à de sjilutaires réflexions , Teiît relevé à ses prc^res jreuxyen lui conciliant Testime d'antrui; il eût

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rempH sa carrière sur la terre. Le Voilà détouméy par votre prétendu bienfait , dVtie vieho&orahle et utile; le voilà dégradé par la fainéantise , avili par un mensonge, que dis-je? coupable d'un véritable larcin jcar , ce secours , il Ta dérobé à son frère souffrant; bientôt vous le trouvères consumant dans la déba^iche les bienfaits de rimprévoyance ! Vous croyez lui avoir fait un don ! vous lui avez enlevé la source de sa subsistance à venir , vous lui avez enlevé son vrai patrimoine ! vous lui avez ravi ses mœurs !

— tt Mais , comment distinguerai-je? La vraie et la fausse indigence ne se présentent-elles pas à moi sous le même aspect? ne m'ofirent- elles pas la même physionomie ? La seconde n^est-elle pas- même plus pressante dans ses demandes? »

— Oui, sans doute , et Tinsistance même de ces demandes est déjà quelquefois un signe qui doit au moins vous tenir sur vos gardes ! Mais , pourquoi demeurez-vous aune si grande distance de celui qui vous implore? Que n'approchezvous ? On vous sollicite !.... Pourquoi avez-voas attendu?:.. Que n^avez-vous été au-devant du pauvre ? Que ne cherchez-vous celui qui n'ose vous implorer? Ce n^est pas chez vous, c^est sur les lieux qu'il faut aller voir l'infortune « la voir face à face ; voir non son simulacre , mais sa réalité. Cette triste réalité se déguise , se dérobe peut-être à vos yeux en un lieu ignoré , pendant qu^ailleurs on vous abuse par uzk yaim

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fanlAme. Cesl ici une étude qui exige une in ▼ettîgation attendre. Votre main est ouverte ; pca importe; ce sont ros yeux qu*il faut ouvrir. On vous trompe ; vous Favez voulu.

Ayez égard h. Vâge , au sexe ; examinez Fétat delà santé , celui des forces....

— « Cest un vieillard , un enfant en bas âge ^ ceux-ci ne m'abuseront pas ! «

— Mais leur famille ne peut-elle pas les nourrir? N^anrait-elle point honteusement spéculé sor Tavilissement auquel elle condamne les cheveux blancs de Tun, Tinnocence de Tautre? Ah ! prenez garde de devenir à votre insu complice de cette conspiration qui brise les liens de la nature !

•^ « C'est une mire entourée dVnfans en bas âge! »

— Lui appartiennent-ils , ne les a-t-elle pas empruntés , dérobés , peut-être , à la mire vérir table?

-— « Ost un in6rme ! »

— - L'infirmité est-elle réelle ?

<-* « Que croire donc ? »

— - Encore un coup , ce n'est ni dans votre antichambre , ni au milieu de la rue ^ que vous pourrez rien voir , rien connaître ! Venez , montons dans ce réduit ignoré ! Quel spectacle ! on s'étonne à votre présence ! on rougit ! on voudrait vous dérober le spectacle qui se découvre à vous! Une veuve étendue sur un lit de douleur.

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des «ofaiit en l^s âge , prèti à devenir, orphe* Um! Un peudejpaiUe!*.. tout a étÂ.-vièBdii.I ni meublefii, «i Unget nivétemen»! etqqeliJitimens auront çe9 infortunés ? Où pi]eAdf»^trroniet BAé4ican)^9 pQur le niaUfie ? Hélsus I et ,- ee qui est bien plus , qui lenr ppnteca d6$ «oniobAions f Cette maifon e4t voisine de la vâAne^ on n'a pas frappé à votre porte ; vous ignojriez tout I Qui ftççusprez-VQUs de voire ignorance , si ce B*est vous-méine?

Clierçhons donc à détenniner les cacactèves cs§entilels de U vraie indigence , et , pour cela , remointonf d'abprd au» causes.

Il y 4 trois coalises de rindif^ence réelle :

L^impuissance au travail ;

L'ifi^niSsance dn produit da travail^

Le manque de travail.

i» L'ii^puissanee au trarail est n^pmentanée , ou durable i .momentanée chez le makde, le blessé , la femme en couches ; durable ches ie vieillard et l'incurable.

£lle est partielle Ou alMolue : absolue cbee le malade alité , le paralytiqpuiB et dans la décrépit^4e i partieUe d^ns tous les autres , mèMe pour r^veugle.

Xç^ , voMsne pouvez rien constater sans voir , sans voir par vo^ASrméme ; voir ^ auprès du lit ou du gralptat ; vpir 9 xwa un seul jour , mais à divers jours 9 à des h^)ire4 div>er«es ; voir , ce n'est pas '^s^ez! Vous iwterrogesez les voiains; vous ainè-

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nfirez un nédeciii. Et remarquez , ayant tout , que la misère sans ressources est précisément par là même celle qui est hors de se produire. Le remède nécessaire au malade , vous l'auriez envoyé ^ . venez Tadministrer de vos propres mains. Vous entrez ; vous le cherchez ; vous fouillez dans un coin du grenier ; le remède a disparu j vous trouvez en place les apprêts d'un repas : c'était un jeu bien joué ! Quelle sera la confusion du malade prétendu ! Quelle est votre indignation! Votre indignation ! Il fallait savoir observer ; un regard , un geste eussent trahi le secret qu'on vous dérobait. Il fallait découvrir depuis combien de temps ces gens étaient dans la maison j où ils habitaient auparavant ^ pourquoi ils avaient quitté ^ quelle réputation ils avaient laissée ; quand et comment le malade avait été atteint de la maladie ^ il fallait savoir nulle choses , connaître presque la vie entière. Il fallait le rechercher , non par le mouvement d^une curiosité inquisitoriale , mais par le mouvemient d'une bienveillante sollicitude ; obtenir ces détails , non d'un interrogatoire humiliant , mais de Tépanchement de la confiance. Il est une pudeiir innocente et respectable , k laqueUe Tattendrissement de la reconnaissance arrache ^^ul ces amers souvenirs.

30 L'insuffisance du travail a lieu d'abord chez ceux auxquels l'âge ou les infirmités , en leur laissant encore le moyen de se livrer à quelque

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occupation , comme îl vient d'être dit , ne permet pas rentier développement de leurs forces.

Souvent aussi elle a lieu chez les femmes , quand elles sont isolées; quand elles n^ontpas appris à exercer Tun de ces arts où les talens qui leur sont propres ont pu se développer. Alors, réduites au plus simple travail mécanique , leur faiblesse , leurs fréquentes infirmités , Torganisation de la société , qui ne leur laisse sons ce rapport qu^un emploi subalterne , mixte et peu productif, les expose à ne recueillir qu'avec peine l'absolu nécessaire ; il est vrai que la sphère de leurs besoins est aussi plus restreinte.

Cette cause a lieu ensuite pour les familles nombreuses , lorsque les enfans sont en bas âge. En effet, dans les classes laborieuses de la société , le prix de la journée du travail se règle naturellement sur la somme nécessaire k la subsistance de la généralisé des travailleurs; il se trouve donc insuflisant pour les cas d'exception ; l'ouvrier le plus assidu, le plus rangé, se trouve dans l'embarras , dès qu'il commence à avoir trois ou quatre petits enfans qu'il faut habiller fil nourrir j en outre , il reste K la mère d'autant moins de temps libre pour se livrer elle-même k des occupations productives. Ce n'est ici sans doute qu'une indigence partielle; mais elle n'en est pas moins aussi respectable qu'intéressante.

Cette cause a lieu suilout lorsque la mère , veuve , ou abandonnée , est seule l'appui de cette

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fjDBÎlie; et c*est sartoot ici que se placent les considérations relatives à ce sexe qui a d*aillears par lai-méme des droits particuliers à notre prO' tectioiL

Un autre motif, encore , excitera notre sollicitude en sa fareur : la misère peut conduire une femme à un malheur plus grand que la pauvreté : elle peut l'exposer à la séductioo; et d'un seul instant d^égarement , causé par les aiguillons du besoin , que de fléaux pourront naître ! O mères ! qui , dans Taisance dont vous jouissez, TOUS croyez bienfaisantes et pieuses , parce que TOUS faites laumône à la porte de Téglise , que n*aFez-yott8 secouru à temps cette jeune fille sans parens , qui alors était bonuête ? vous a liriez peut-être sauvé votre fib lui-même de la corruption , en arrêtant au bord de Fabimc celle qui un jour Teotrainera dans le vice.

Volez donc auprès de cette autre infortunée dont la vertu lutte contre la faim! Mais ici redoublez de soins ; prenez garde de ne pas récompenser à votre insu le vil séducteur avec lequel peut-être elle partage vos largesses !

Cette mère chargée d'enfans , sachez aussi si eUe est digne du titre qu'elle porte. Sachez comment elle a vécu, pour mieux vous assurer comment elle vit aujourd'hui. N'allez pas lui aider à donner de mauvais exemples à des créatures encore innocentes !

Ce ménage a sept ou huit enfans et ne vit que

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âa trayafl de ses mains. Mais qael métiei* exercent le mari et la femme ? car il en est de plus oq moins productifs. Comment virent-ils ensemble? Quel est Tâge de leurs enfans? N^en estr-il ancnn qui puisse commencera les assister? Les secours {pi*ont déjà reçus peut-être le pfere et la mëre ont-ils tourné II l'avantage de la famille entière ? £n croyant les rendre dépositaires de vos bienfaits , né courez-vous pas le risque de voir ces bienfaits consumés en débauches par Tun ou par Vautre , sans que les enfants qu'on a voulu soulager éprouvent en effet quelque soulagement ?

Étudiez donc Tintérieur de cette famille. Si les parents ne vous disent pas la vérité , les enfant les trahiront , sans le savoir ; au maintien , au langage de ceux-ci, vous jugerez quelles sont les leçons , quels sont les exemples qu'ils sont habitués à recevoir.

3<> Les progrès de la civilisation et le développement de nos arts , en multipliant et variant à l'infini les moyens de travail , ont cependant aussi occasionné , pour certains individus , des suspensions forcées et momentanées de travail , soit k cause de la spécialité introduite dans ses applications et dans ses formes , soit à cause de la dépendance qui s'établit entre le maître et l'ouvrier qui ne travaille pas pour son propre compte. Mais , d'abord , la cessation estr^lle forcée? Est-elle réelle? L'ouvrier n'a-t-il point quitté le travail volontairement , et pour cher-

été thiÊ^ poat mcMiâutUi! Verflk ce que tMi* p€ 4èt^n»^rit€ï, ({uen rtiwmisttti «a muitre pf/*ir Uf^À il Usttfttlhh, Ce matife ^ le cfMrcz^fm» *«rf f^tfAe 7 ^e yteuUïi itf</tr eu iin.«»i m;* i^^rt^ ? >/»-i-il |i»» fié» imiître» iliir* et if>|u<iU;»? ti#; ^^j«» f>f «ryene^ floue pâi» rttc4jre \ uUt'X yUt» U/m^ i}tf/d*nt*-% (\nt^\» ^tui le* tftiêtUf% i:\i4U le*fjfifrU tfm^fief a» ♦«iree**iveitte*it trayailléj rdf:Ut*% %**! a fi^rMei»ré Um^Urmpi^ fbn» le méfrie ttU-AUtr ; M eet »itVt*:t èimi iVm%<k pttr un bf/miiie tAittauhl^f fo*!* y)i*^Âfn utie ^i,^ymyitou hfofMe. Mai» <|«el métier exertatl^i 7 Quel utHUsr peiiUil txettei rtê4-Âftf, % L» \fttÂ^^^%<m a \n4\\n'\\f, il tf ait itU^^iié eH'f Ile eii eOei lâ(ii^fif«»2ifjM; « et fie {«eiiU il »e f^'I^MeY ^^ft» fffi dUiiîer fin niAtite j^enre ? La hrtâgftettr fie ee ^eifre frififln*lf ie e»Uelle ♦eiile-' M^^i jr**»i»ji5fïre , f^i itteiidef'-t--«;lle «le cleteiiir àfètMf, ? i^ pt(4f'»^'ion f|fi'il fxr.tc/Ai e^V^Me du t&tm^fttr fie te»^ffie.mf/u» ttutlUf^uremtnu'Jii irff\> ftf^tmiytrtt^à fjfii f^xt^r.ui et (ormrtit «ne UM\t:Vk e%cit»^he , f|Mi reriflefft m^^rffpte k <r««f4f re» , f^wi pé:tfUéife ittttfturui (Uu* non ptitu/i^ff: U l/^rree phy^i^^aet Vfrtt^fiu^ itu^H u'iê^t'ii pfi» f^it un Êt*^rr7iÊh €^u/t%^ frti ♦f» purett» pf/ae iuïf i^ott , tiMi» m^hiïff/tif Mit, V'd'l'fiU \tii% (',ti%i%%k i\iàU% lifi

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maig , si tous conyersez avec un boinme inactif, si TOUS observez son regard , son maintien ; mais, si vous lui offrez de nouveaux moyens d'être utile , si vous le suivez dans la carrière que vous lui aurez ouverte , si vous vous faites rendre un compte détaillé de la manière dont il la remplit, alors vous pourrez, ou être sévère avec sécurité , ou vous réjouir de n*avoir pas été injuste.

Ce n'est pas tout d'avoir constaté la réalité de rindigence, et d*en avoir exactement mesuré le véritable degré : il y a telle indigence , réelle aujourd'hui, qui est provenue dans l'origine, d'une cause factice. Le malheureux souffre en effet ; mais il souffre par sa faute. C'est ici le cas le plus ordinaire , c'est aussi le plus important à étudier. La charité ne doit pas embrasser seulement l'instant présent , mais l'avenir. Soulagé dans la crise passagère qu'il a éprouvée , cet infortuné retombera peut- être demain dans [les funestes habitudes qui l'avaient préparée. Peutêtre vos imprudens secours , en lui inspirant bi sécurité ,lui feraient-ils perdre le fruit de la salutaire leçon que devait lui donner l'épreuve du malheur; tandis qu'au contraire une charité pins intelligente , en remédiant au mal du moment ,pourra en prévenir le retour.

Trois causes qui peuvent agir isolément , qui peuvent se combiner entre elles , amènent cette indigence factice dans sa cause , réelle dans son

MT rjiirvsB* 3i

rénkst ■Mt'ulJB^^ , mon qu'on port app<»ier me /ai»9e inâigeiiee , lonqa^on embrasse Fe»- •emble des eireoBstanees ^ ce sont Timpréyo janee , la paresse et la débanelie.

l»'aBpréyoj'aiiceestla plus excasdbte den trofs., hélas ! aussi la pins facSe et la plus naturelle. Ceat po«r noos «n derotr rigovrem que de déaéler les malheors qui lui appartiennent , ne fàt-ee que poor nous préserver noas-aénes «faiie séréfité trop ngoorenser dont les arrêts aggfjvcr aient le sort de Tinfortané , dont le pritteipe pourrait refroidir notre zèle. L'impré^ Toj'anee s'mit qnelqnefois à l'honnêteté , même an trarail , nénie à Factivité ^ quelrpiefois elle n'est qne la suite d'âne aetirité trop confiante et mal réglée. Cette impréroyance a anssi ses si» gnes propres qoi la dénoncent : ce sont one certaiae légèreté dans les actions , on certain désordre extérîcnr. Examinez donc le logement et inConnez-^oiis des conditions auxquelles il est tena ; jetez les jenx sur les menbles , le linge ; Toyez cofnment marche le petit ménage ; obserrez s'il y a de Tarrangement; si , dans le pen qne l'on a et que Ton consomtoie , on sait choisir, , ménager , conserver. Obtenez la condes pertes que l'on a éprouvées ; vous saurez toot aisément^ on yoas avonera les io»pmémees cfoe Ton a commises , pourvu qne ▼CMM B^intimidiez point; ceâ arveox porteront le caractère de la candeur ^ on s'accusera soi-même

en VOUS implorant : vous verrez Tespérance prête à renaître au moindre encouragement.

La paresse aussi est imprévoyante ; mais ici Taveuglementn'estqu^un effet. La maladie n^est plus seulement dans Tesprit j elle est dans le fond de rame : il n'y a pas seulement défaut de réflexion j il y a défaut de volonté. Cestdire assez combien le principe de la maladie est profond, et peut-être il ii^en est pas de plus difficile a guérir. Un coupable peut être ramené par le repentir; mais qui arrachera un êti^e engourdi, à cette torpeur funeste , qui paralyse toutes ses facultés? c'est un mort à ressusciter ! Sachons cependant si cette indolence est naturelle, ou si elle n'est que Teffet du découragement , si elle est la triste condition d'une sorte d'idiotisme , ou si elle provient d'une lâcheté morale. La paresse se reconnaîtra à des symptômes presque infaillibles ^ à la mollesse de l'attitude et de la démarche , a la saleté des vêtemens et d? tout ce qui est k l'usage du pauvre ; car , dans le plus absolu dénùmént , il peut y avoir encore une sorte de propreté décente. Le découragement s'annoncera par une tristesse sombre et mélancolique.-La paresse naturelle et de tempérament sera quêteuse et tendra la main ; le découragement sera silencieux et réservé. L'idiotisme se manifestera par l'insouciance au milieu du besoin, par Tindifférence dans le soulagement La lâcheté morale se produira par la négligence

des antres devoirs , devoirs dont la pauvreté ne dispense pas , qui pouvaient lui servir d^appni ^ cUe se trahira par un abaissement servile. Démêlons avec soin toutes ces nuances j recueillons , comparons tous les faits; remontons à Tenfance , à la jeunesse de Tindividu ; sachons 8*il a toujours été le même, ou, quand, comment , a commencé sa fatale léthargie !

Voici un malheureux que le désordre a plongé dans la misère , que la misère n'a pas arraché au désordre ! N'allez pas croire qu'en vous invitant à pénétrer cet affreux mystère , je veuille détourner votre main secourable , arrêter le bienfait dans sa source ! Oh , non ! non ! Providence céleste , tu ne désespères pas du vice , et nous n^en désespérons pas non plus ! nous considérerons le vice comme une autre maladie bien plus grande encore , qui vient se joindre a l'indigence , qui Ta produite sans doute , mais aussi qui a ses remèdes , et qui invoque encore une plus ardente sollicitude. Quel bonheur, quelle gloire , si , en soulageant l'infortuné , nous pouvions le rendre à la vertu ? Cependant , de toutes les découvertes , celle-ci est vraiment la plus difficile : presque toujours ce désordre est caché ; souvent il est enveloppé d'un voile d'hypocrisie. Ne négligeons rien pour nous éclairer. Observons s'il n'y a point quelque affectation dans le langage deThonnêteté et dans les pratiques religieuses, si ces démonstrations et ces

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apparences ne se démentent point de quelque manière inopinée , si on n>st jamais troublé à notre approche , quelle impression font nos dis' cours : épions le mensonge ; surprenons les actions qu'on nous dérobe ; sachons quelles sont les liaisons et le caractère des personnes qu'on fréquente ; attachons-nous à démêler toutes Ici traces de cette rie suspecte. Allons plus loin : le vice est reconnu ; mais , pour être associé à Tindigemre , n'en serait-il pas plutôt Teflet que la cause ? Fa-t-il réellement précédée? car, Tindigence est trop souvent une funeste conseillère ; elle confond les idées, jette un nuage sur la raison, un germe de désespoir dans le cœur. Le fer se durcit à la trempe , mais quelcfuefois il y éclate et se brise

Telles sont les distinctions, tels sont les caractères qui leur appartiennent ; il n*en est guère d^'universels , d^absolus ; il n'est peut être qu'on talisman pour découvrir la vérité : voyez si le pauvre , capable de quelque travail , ou d'une portion de travail , l'accepte avec plaisir quand vous le lui procurez, et l'exécute avec zèle. Le pauvre fait- il par lui-même, pour s'aider et vous seconder , ce qu'il peut , d'après les ressources morales et physiques qui lui restent? Se bome-t-il à accepter le complément qui manque à son insuffisance ? Alors vous ayei lieu de présumer que Tincùgence est véritable. Si^ au contraire 9 il néglige le travail qu'on loi

présente ; s'il se relâche quand il est soutenu; alors doutez.

n est un second indice auquel on peut recourir avec quelque avantage : rindigent insiste-t-il pour obtenir un secours en argent , ou bien accepte-t-il Yolontiers le secours en nature? Dans ce dernier cas quel est le genre de secours en natore qu'il accepte le plus volontiers ? Vous en Terrez quelquefois qui^ à les entendre, étaient prêts à mourir de faim , et qui dédaignent des cartes de soupes économiques , les acceptent de mauvaise grâce , ou qui même vont les revendre. Mais pour tout cela , il faut aller , voir , couver^ ser; il faut surtout continuer ces observations avec méthode , avec une espèce de suite. Cest la condition premibre , essentielle. Il n'est point d'art qui puisse faire deviner sans examen.

On ne négligera point sans doute de s^'adresser soit au propriétaire , soit au principal locataire de la maison qu'habite la famille indigente , pour recueillir de leur bouche des informations que sous plusieurs rapports , ils sont en position de fournir d'une manière assez positive : ils diront si le prix du loyer est acquitté régulièrement ,' si cette famille est paisible , réglée dans ses habitudes , si elle ne donne aucun sujet de plainte. Mais d est essentiel de savoir aussi depuis combien de temps elle habite dans la maison ^ les indigens sont sujets à changer souvent de séjour. Si cette famille n'est arrivée que depuis peu dans celui

qu^elle occupe , çeUn garantie a'aim ff^ hea^tcoup de valeur ; il conviendra donc de remonter plus loin , de prendre encore des infonnations à son précédent dçpûcile. On consultera ans^i les. voisins ^ mais , on ne recueillera leur témpig^ge qu'avec une )u$te défiance : trpp souvent la jj|lousiç , les animosités , portent des voisins malveillans à accuser légèrement le malheureux au sujet duquel on les interroge 5 souvent aussi )a pitié , une complaisance naturelle, les dispose à déguiser les vices , à exagérer les besoins : com» ment se rendre le délateur d'une famille infortunée? Comment ne pas encourager Tintérét des personnes qui paraissent prêtes à la soulager ? Un observateur exercé peut lire beaucoup dans les traits de la physionomie d'une personne qu'il aspire à connaître ^ ordinairement cette expression est mieux marquée , plus sincère cbex les individus qui appartiennent aux conditions inférieures de la société , dont les passions «ont plus fortes , et qui sont moins exercés à composer leur extérieur. Il ne faut cependant se livrer qu'avec une extrême réserve aux inductions qui peuvent naître de ce genre d'apparences : nous sommes beaucoup trop enclins à nous laisser prévenir par les impressions auxquelles elles donnent lieu ; la prétention si commune à savoir juger les caractères sur les physionomies ^expose à de bien nombreuses et graves injustices. !■€ malheur prolongé , les soufirances physiques

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pradoiseiit qndqoefois dans Texpresnon de la phfiionomie une altération qui peut être mal in-* toprétée : rbabitndederhypocrisie donne quelquefois, an contraire, un air de douceur et de rèâgnation qui noos trompent. C'est en snrpreoaatrindigentdans des circonstances diverses , en traitant avec lui^ en remarquant les ehanganens qui s^opèrent dans ses traits , suivant le langage qn*(m lui adresse , qu'on peut tirer de ces apparences , des lumières plus sûres. On est nûcox fondé à présumer avantageusement du candkn de Tindigent , s'il rougit en recevant un bienfait) que s'il répand des larmes ; les larmes sont plus aisées à feindre. Les signes qui attestent la délicatesse et un reste de fierté 9 sont d'an aagure favorable pour la conservation de l'iionnéteté ] mais , l'assurance est un mauvais sjmptdme; celui qui demande et reçoit sans une ombre d'embarras est au moins familiarisé avec rhomiliation ; on doit craindre qae les sentimens moraux ne soient affaiblis en lui , que son âme n'ait perdu l'énergie nécessaire pour lutter contre Padversité et pour lui opposer les ressources que celui qui souffre doit savoir trouver en luimême.

Nos précautions seront blâmées peut-être par quelque âme délicate et sensible : « Quoi, nous dira-tK>n, voulez-vods donc encore flétrir par vos défiances cette infortune déjà si digne de pitié , par cela seul qu'elle est contrainte de s'a-

baisser josqali solliciter votre assistanetf Ose»- TOUS douter \ la vue de ces larmes qui coalenl? Poorre^yous résister à cette voix suppliante ifu vous implore T » -~ Nous vous paraissons durs , et bien à regret , sans doute. Mais , consentes do moins k une première épreuve très simple : demandez à ce malheureux qu^il vous donne son adresse précise , et annonce»-ldi que vous irez le voir. Peut-être il aura disparu sans même vous répondre. Peut-être vousa*t-il laissé une adresse; mais vous ailes, vous questionnez. Il est inoooou au domicile indiqué.... c'est ce qui nous anÎTe tous les jours.

Veut^-on voir 9 par une grande expérience ^ à quel point le nombre de$ faux indigens peut être multiplié , Il quel point on peut être entraîné par une aveugle facilité k prodiguer, envers ceux qui n^y ont point de droits réels , les secours destinés kla véritable infortune? Que Ton compare le tableau des indigens qui étaient admis à participer aux secours publics dans la capitale , avao^ que Tordonnance rojale du a juiÛet 1816 eût institué lo nouveau système des secours k domicile , avec celui qui est résulté des recensemem dressés depuis qu'en vertu de ce système 9 les bureaux de charité sont assistés par des dasaes et des commissaires chargés de la visite despsnvres. On verra qu'à la première époque , le nom' bre des ménages admis à Paris s'élerait à 599534* et celui des individus secourus à 1029806} tandi'

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que , d'après lé recensement de i8aa , le Bombre dei ménages admis n'est plus que de 97,76a; et celai des indiridus secourus , de 54^37 1 ; et cependant la popdtation de la capitale s'est accrue d'ennron un quart pendant le même intervalle de temps. Le nouveau système de secours , en exigeant que la cause de Tindigence fàt exprimée dans le bulletin même d'admission pour rindigent, a mis dans la nécessité de rechercher et de déterminer cette cause ; il a fait sortir l'indigence prétendue , de ce vague qui offre un voile siCadle àTavarice et kTindolence.

Yeat-cn un exemple? en voici un entre mille dont nous avons été témoins récemment : parmi les pauvres admis par le bureau de charité auquel nous avons Thonneur d'appartenir , et spécialement confiés à nos propres soins , se trouvait la fille Buy, âgée de 70 ans, demeurant rue Nenve-de-^eine , noa5. Depuis plusieurs années elle recevait le pain et les autres secours ; fréquemment visitée , elle avait toujours offert l'apparence de la plus extrême misère; elle était dans un dénùment absolu ; elle tombe malade ; elle ne reçoit de soulagemens que ceux qui lui sont apportés par les sœurs de charité ; elle expire sur la paille , n'ayant pas même de draps à son lit. Quelle surprise ! après sa mort , on découvre dans sa chambre , soigneusement cachées, douze paires de draps toutes neuves, d'une bonne toile ; on découvre un trésor en espèces qu'elle

qo LE yisiTEva

avait acctimulé. Elle 8*est cependant privée de tout jusqu'au dernier soupir. Oui^ nous ayons été complètement abusés , nous qui, ici , osons essayer d*indiquer aux autres les moyens de ne Tétre pas, et ce n'est pas la seule fois à beaucoup près. Nous le confessons , et notre ayeu sera peut-être plus utile que nos conseils.

La première fonction du visiteur du pauvre vient d'être définie. La seconde qui va suivre n^en sera que la continuation. Son regard va pénétrer plus avant encore.

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