‹ Du perfectionnement moral, ou De l'éducation de soi-même, Volume 2Chapitre 10 sur 150 · LIT. II. SECT. III. GHAP. III. I · texte numérisé non relu

LIT. II. SECT. III. GHAP. III. I

vanité. Or, cette noblesse originelle se maintient et se justifie par tout ce qui nous rapproche en effet du perfectionnement ; c est en devenant meilleurs que nous en retrouvons les titres. Aussi ^ etréciproquement, le sentiment de cette dignité nous aide-t-il à devenir meilleurs. C'est ce que manifestent , par exemple , certaines solennités publiques y certaines représentations dramatiques, la vue des récompenses décernées au vrai mérite j par rinfluence qu elles exercent sur ceux qui y participent et en sont les témoins. Le genre d'émotions que causent de tels spectacles , en réveillant dans les cœurs un sentiment profond de la noblesse primitive de la nature humaine , inspire à chacun un besoin secret de W justifier en lui-même, et semble lui donner aussi la confiance de n'en pas déchoir : sous c^tte heureux influence , cç qui est bien lui paraîtra naturel , facile et simple.

Nous continuops donc à reconnaître ici les résultats qui naissent de l'harmonie entre les deux grandes puissances qui conduisent l'homme au perfectionnement^ C'est par l'empire de soi uni à l'amour du bien^ que l'on obtient une fierté sans orgueil , une modestie sans bassesse. La dignité du caractère est; dans l'homme, comme le signe de son initiation à U sagesse, le sceau de sa consécration au bien. La dignité du caractère est l'attitude naturelle de la vertu.

Il n'est rien , même dans les idées du monde , de noble et de distingué , qui ne suppose un degré quelconque de désintéressement , comme condition essentielle. Aucun marché , quel qu'il puisse être , aucune stipulation d'édiange égal entre les contractans, ne recevra jamais cette dénomination ; au contraire, l'aban-

don de ses droits est une chose noble ; tout ce qu on fait poui" l'avantage d autrui a de la dignité. La bassesse s attache à tous les motifs sordides y et ce qui était bon en soi cesse d*étre honorable ^ dès qu'il est recherché dans une pensée vénale. Il peut y avoir de la dignité à faire valoir ses droits , mais seulement quand on rencontre en les défendant quelque obstacle ou quelque péril 9 ou lorsqu'on parait les réckmer moins encore par un sentiment personnel y qu'au nom de la justice ^ embrassant ainsi les droits semblables de tous dans la même cause.

Il y a une dignité naturelle dans la pureté des sentie mens et des actions y comme il y a toujours quelque chose de vil dans et qui n'est inspiré que par Fappàt d*une volupté sensuelle et préswte. L'innocence re^ hausse ce qu*elle décore ; elle a sa fierté , la plus légitime de toutes ; car elle conserve intact le dépôt confié à la liberté de l'homme ; la pudeur est une sorte de respect pour soi-même , qui coHuaïande celui d^ autres.

Il y a une dignité naturelle dans ce qui «st vrai. De là découle ce qu'il y a d'honorable dans la sincérité et la franchise. La dissimulation y le mensonge y peuvent étpe profitables ; ils peuvent être combinés avec habileté; ils ont toujours quelque chose de bas. Ce n'est pas seulement parce que tout artifice est un signe de faiblesse , connue on a coutume de le dire ; c'est aussi parce que l'artifice abdique l'un des titres qui constituent Fexcel^ lence de notre nature. De plus, on ne ment guère que par un calcul d'égoïsme.

Il y a une dignité naturelle dans tout ce qui exprime l'accomplissement d'un devoir. Celle qui entoure la ma-

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